{"id":534,"date":"2011-09-10T15:43:45","date_gmt":"2011-09-10T15:43:45","guid":{"rendered":"https:\/\/new.igihe.com\/french\/l-adoption-de-nouvelles-technologies-a-grande-534\/"},"modified":"2011-09-10T15:43:19","modified_gmt":"2011-09-10T15:43:19","slug":"l-adoption-de-nouvelles-technologies-a-grande","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.igihe.com\/french\/l-adoption-de-nouvelles-technologies-a-grande\/","title":{"rendered":"L\u2019adoption de nouvelles technologies \u00e0 grande \u00e9chelle exige un manuel didactique traduit"},"content":{"rendered":"<p>Le large bande (broadband), la connectivit\u00e9, les logiciels et leurs applications, etc. Les conf\u00e9renciers se relayaient \u00e0 tour de r\u00f4le, ce jeudi, sur les nouvelles technologies de l\u2019information et de la communication (NTIC).<br \/>Kigali a accueilli le Forum des Jeunes et la commission Broadband. Cet \u00e9v\u00e9nement a permis \u00e0 cette commission, cr\u00e9\u00e9e en 2010, de promouvoir l\u2019utilisation de NTIC surtout dans les pays en d\u00e9veloppement.<\/p>\n<p>Qu\u2019on le veuille ou non, l\u2019avenir du monde moderne passe par l\u2019adoption des NTIC (attention mis sur internet). Mais les technologies ne se font pas accepter tout naturellement.&nbsp;<\/p>\n<p>Pr\u00e9sentement, dans les milieux urbains, les gens vivent ais\u00e9ment avec&nbsp;internet. Les cybers caf\u00e9s sont des endroits fr\u00e9quent\u00e9s. L\u00e0-bas, jeunes comme vieux consultent les emails, s\u2019informent, postent, \u00e9coutent, regardent, t\u00e9l\u00e9chargent d\u00e9pendamment de la vitesse de la connexion. <br \/>Certains exercices sont devenus plus rapides. Les services publics tels que l\u2019enregistrement, les services de l\u2019immigration et \u00e9migration sont excessivement rapides actuellement, les transactions bancaires, etc.<\/p>\n<p>C\u2019est une r\u00e9volution. Malgr\u00e9 cela, ceux qui y participent, (ceux qui maitrisent au moins une ou plusieurs langues internationales avec les moyens financiers d\u2019acc\u00e9der \u00e0 cette technologie) sont encore moins nombreux. Ils sont en nombre insuffisant pour que cette technologie ait son impact escompt\u00e9 notamment \u00ab&nbsp;la r\u00e9alisation des objectifs du mill\u00e9naire pour le d\u00e9veloppement (OMD)&nbsp;\u00bb, selon le rapport 2010 de la commission Broadband.<\/p>\n<p><strong>Le transfert des technologies face \u00e0 une barri\u00e8re linguistique consid\u00e9rable<\/strong><\/p>\n<p>Le forum Broadband de Kigali pr\u00eache plus d\u2019acc\u00e8s \u00e0 la technologie pour toutes les couches de la soci\u00e9t\u00e9. Selon le concept de la commission Broadband, la soci\u00e9t\u00e9 moderne doit passer par la connectivit\u00e9 afin de r\u00e9duire la faim, la pauvret\u00e9, assurer l\u2019\u00e9ducation des enfants entre autres objectifs du mill\u00e9naire pour le d\u00e9veloppement. Un chemin qui passe par le partage des contenus informatifs et \u00e9ducatifs circulant sur le web.<\/p>\n<p>Toutefois, ce concept se heurte \u00e0 un s\u00e9rieux probl\u00e8me de langue dans le cas du Rwanda. Hormis le manque d\u2019infrastructures suffisantes, la forte concentration des langues \u00e9trang\u00e8res dans les contenus du web \u00e9carte le simple citoyen rwandais du sens de cette technologie. Dans un pays o\u00f9 80&nbsp;% de la population s\u2019occupe de l\u2019agriculture, toutes les techniques champ\u00eatres sont publi\u00e9es en anglais ou en fran\u00e7ais sur le web. Les divers minist\u00e8res ont ouvert des portails sur la toile. La non connaissance de l\u2019anglais d\u00e9courage le visiteur. Ce dernier h\u00e9site de continuer \u00e0 surfer de peur d\u2019endommager les \u00ab&nbsp;ibyuma by\u2019abazungu&nbsp;\u00bb (que l\u2019on pourrait traduire par les outils des \u00e9trangers).<\/p>\n<p>Parmi les adeptes citadins des NTIC, la maitrise d\u2019une langue internationale est une condition sine qua none pour adopter la technologie.<br \/>\u00ab&nbsp;Mon cher, tu va visiter Google en kinyarwanda&nbsp;?&nbsp;\u00bb demande un de mes coll\u00e8gues abasourdi par la question de savoir s\u2019il est suffisant de surfer en connaissant uniquement la langue du pays des milles collines.<\/p>\n<p><figure class=\"spip-document spip-document-201 aligncenter\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/fr.igihe.com\/IMG\/jpg\/L_homme_le_plus_riche.jpg\" alt=\"Carlos Slim Hel\u00fa,  l\u2019homme le plus riche du monde cette ann\u00e9e selon le magazine Forbes co-dirige avec le pr\u00e9sident  Kagame la commission Broadband\" \/><\/figure>\n<\/p>\n<p><strong>Les NTIC en Kinyarwanda, c\u2019est possible<\/strong><\/p>\n<p>C\u2019est pourtant possible. La nouvelle tendance prouve que des sites (\u00e0 majorit\u00e9 des sites d\u2019informations) ayant des contenus en kinyarwanda re\u00e7oivent par jour plus de visites des gens qui \u00e0 peine savent lire. La technologie devient tellement pratique et moins complexe du jour au lendemain. Cette exp\u00e9rience montre que le contenu local est plus attirant pour la simple raison qu\u2019il est compris. Mais cela ne suffit pas.<\/p>\n<p>Faut-il encore qu\u2019il soit riche, sp\u00e9cifique, recherch\u00e9e et praticable au Rwanda. Eduqu\u00e9s ou non, \u00e0 quelques exceptions pr\u00e8s, les gens n\u2019aiment pas d\u00e9penser pour \u00ab&nbsp;une perte de temps&nbsp;\u00bb. Ils ont faim des contenus riches susceptibles de faire avancer leur vie, leur fa\u00e7on de vivre\u2026 de travailler. C\u2019est une faim qui se lit sur les visages et qu\u2019on peut d\u00e9celer lors de nombreux interactions t\u00e9l\u00e9phoniques sur les radios populaires. Avec la vision 2020, l\u2019envie d\u2019\u00eatre riche hante la majorit\u00e9 des Rwandais. Ils ignorent comment s\u2019enrichir. Ils veulent savoir quoi faire.<\/p>\n<p>Pourtant \u00e0 chaque fois que l\u2019occasion se pr\u00e9sente de commenter, les plus \u00e9volu\u00e9s critiquent le manque de go\u00fbt pour la lecture chez les Rwandais. Mais parfois j\u2019ai l\u2019impression que le jugement est trop radical. Y-a- t il assez int\u00e9ressant \u00e0 lire en Kinyarwanda qui cadre avec le 21\u00e8me&nbsp;si\u00e8cle&nbsp;?<\/p>\n<p>Certes, la cr\u00e9ation d\u2019un contenu riche est ch\u00e8re. Voire tr\u00e8s ch\u00e8re. Raison pour laquelle, il faudrait que les acteurs&nbsp;politico-\u00e9conomique acceptent d\u2019investir dans la qualit\u00e9 des contenus sans consid\u00e9rer le retour automatique sur les investissements. <br \/>Il faut \u00e9galement un plan strat\u00e9gique pratique et r\u00e9alisable de cr\u00e9ation de contenu riche et local tenant compte des priorit\u00e9s par rapport \u00e0 la r\u00e9alisation des objectifs du mill\u00e9naire pour le d\u00e9veloppement.<\/p>\n<p><strong>Les cr\u00e9ateurs de contenus riches peu motiv\u00e9s<\/strong><\/p>\n<p>Pour la plupart de d\u00e9cideurs politiques, le Rwanda accuserait un manque de professionnels locaux dans l\u2019industrie cr\u00e9ative. Une accusation qu\u2019il faut relativiser. La cr\u00e9ation d\u2019un contenu en Kinyarwanda, bien qu\u2019elle serve \u00e0 un plus grand nombre de Rwandais, elle a tendance \u00e0 \u00eatre rel\u00e9gu\u00e9e au second plan au point de vue consid\u00e9ration et r\u00e9mun\u00e9ration. Les auteurs talentueux -phagocyt\u00e9es par les r\u00e9alit\u00e9s \u00e9conomiques- pr\u00e9f\u00e8rent le rentable \u00e0 l\u2019utile. \u00ab&nbsp;Si on est capable de produire dans une autre langue internationale, \u00e7a ne sert \u00e0 rien de se casser la t\u00eate pour le Kinyarwanda&nbsp;\u00bb&nbsp;dixit Professor Nigga, artiste et enseignant \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 Nationale du Rwanda.&nbsp;<\/p>\n<p>De m\u00eame, s\u2019il ya une carence de professionnels, est-ce que les plus adapt\u00e9es \u00e0 la situation seraient les gens qui se qualifient dans des langues \u00e9trang\u00e8res (lors de leur formation) avec des th\u00e9ories \u00e9trang\u00e8res&nbsp;?<br \/>A mon avis, ce n\u2019est pas la main d\u2019\u0153uvre qui manque, mais plut\u00f4t une certaine planification claire sur la mani\u00e8re d\u2019int\u00e9grer les TIC au village.&nbsp;<br \/>D\u00e9sormais, outil de communication incontournable, le large bande (broadband) doit quand m\u00eame passer par une fusion avec d\u2019autres formes de communications traditionnelles.&nbsp;A priori, il faut l\u2019existence planifi\u00e9e d\u2019un mariage NTIC &#8211; radio dans les villages.<\/p>\n<p>Par exemple, pour des contenus jug\u00e9s importants, il faut pr\u00e9voir lors de l\u2019\u00e9laboration des plans de communication une qualit\u00e9 sup\u00e9rieure de conception, de production et de diffusion traduite par des r\u00e9mun\u00e9rations sup\u00e9rieures et des exigences professionnelles. Si les personnes qui comprennent augmentent, plus l\u2019impact sera grand. Sinon, les OMDs ne peuvent pas \u00eatre r\u00e9alis\u00e9s uniquement par les gens qui actuellement sont capables de lire ou parler fran\u00e7ais ou anglais au Rwanda. D\u2019abord, ils sont tr\u00e8s peu nombreux. Ensuite, ils ne sont pas dans la cat\u00e9gorie qui souffre le plus de la faim, la pauvret\u00e9, l\u2019ignorance, l\u2019injustice, etc.<\/p>\n<p><strong>Investir principalement en Kinyarwanda<\/strong><\/p>\n<p>A l\u2019heure qu\u2019il est, il me semble que nous sommes enthousiastes par rapport \u00e0 l\u2019introduction des technologies. Ce qui est tout \u00e0 fait correct. Mais apr\u00e8s les c\u00e9r\u00e9monies, les choses s\u00e9rieuses doivent commencer. Comment profiter de chaque technologie qui nous tombe dessus.&nbsp;Pour rappel, nous ne sommes pas capables de courir derri\u00e8re toutes les derni\u00e8res technologies. D\u2019autres pays d\u00e9velopp\u00e9s sont encore plus en avance et ils n\u2019ont pas fini d\u2019innover. Ils ont leur rythme, mais nous aussi pouvons exploiter ce que je consid\u00e8re comme d\u00e9j\u00e0 assez de technologie pour en extraire une qualit\u00e9 typiquement rwandaise.<\/p>\n<p>Certainement qu\u2019il faut encourager les jeunes g\u00e9n\u00e9rations \u00e0 apprendre d\u2019autres langues \u2013mondialisation oblige. Cependant, les acteurs politico-\u00e9conomiques doivent promouvoir les applications technologiques en Kinyarwanda.<\/p>\n<p>M\u00eame si j\u2019ai toujours&nbsp;entendu chez mes amis informaticiens que \u00ab&nbsp;le Kinyarwanda n\u2019est pas compatible au langage de la technologie&nbsp;\u00bb je pense que c\u2019est faux. Si l\u2019ordinateur a eu son \u00e9quivalent en Kinyarwanda, m\u00eame les autres applications peuvent trouver des noms. La nomenclature enrichit la langue, mais c\u2019est un service consommateur du temps, d\u2019\u00e9nergie et de l\u2019argent. L\u2019homme d\u2019affaire priv\u00e9 ne voit pas n\u00e9cessairement l\u2019avantage d\u2019investir dans un produit qui ne lui rapportera pas le mois suivant. Mais qu\u2019en est-il de l\u2019Etat&nbsp;? Si l\u2019affaire est soigneusement \u00e9tudi\u00e9e et ex\u00e9cut\u00e9e, les NTIC seront la vie de tous les Rwandais. Sinon, le forum Broadband serait un autre sommet \u00e0 Kigali, tr\u00e8s fatigu\u00e9 pour monter sur le reste des mille collines.<\/p>\n<p>A mon avis, les NTIC ne sont qu\u2019un outil, il faut donner le manuel d\u2019utilisation au rwandais. S\u2019il vous plait, messieurs dames il nous faut un manuel traduit.<\/p>\n<p><strong>Photo<\/strong>&nbsp;: Introduits vers les ann\u00e9es 2000, les cyber caf\u00e9s sont devenus comme de petits magasins <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le large bande (broadband), la connectivit\u00e9, les logiciels et leurs applications, etc. Les conf\u00e9renciers se relayaient \u00e0 tour de r\u00f4le, ce jeudi, sur les nouvelles technologies de l\u2019information et de la communication (NTIC).Kigali a accueilli le Forum des Jeunes et la commission Broadband. Cet \u00e9v\u00e9nement a permis \u00e0 cette commission, cr\u00e9\u00e9e en 2010, de promouvoir [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":456,"featured_media":4000000201,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[7534],"tags":[],"byline":[7666],"hashtag":[],"class_list":["post-534","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-sciences-technologies","byline-elvis-nibomari"],"bylines":[{"id":7666,"name":"Elvis Nibomari","slug":"elvis-nibomari","description":"","image":{"id":0,"url":"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/?s=96&d=mm&f=y&r=g","alt":"Default avatar","title":"Default avatar","caption":"","mime_type":"image\/jpeg","sizes":[]},"user_id":null}],"contributors":[{"id":7666,"name":"Elvis Nibomari","slug":"elvis-nibomari","description":"","image":{"id":0,"url":"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/?s=96&d=mm&f=y&r=g","alt":"Default avatar","title":"Default avatar","caption":"","mime_type":"image\/jpeg","sizes":[]},"user_id":null}],"featured_image":{"id":4000000201,"url":"https:\/\/fr-images.igihe.com\/IMG\/jpg\/L_homme_le_plus_riche.jpg","alt":"","caption":"","mime_type":"image\/jpeg","width":0,"height":0,"sizes":{"thumbnail":{"url":"https:\/\/fr-images.igihe.com\/IMG\/jpg\/L_homme_le_plus_riche.jpg","width":1,"height":1},"medium":{"url":"https:\/\/fr-images.igihe.com\/IMG\/jpg\/L_homme_le_plus_riche.jpg","width":1,"height":1},"medium_large":{"url":"https:\/\/fr-images.igihe.com\/IMG\/jpg\/L_homme_le_plus_riche.jpg","width":1,"height":1},"large":{"url":"https:\/\/fr-images.igihe.com\/IMG\/jpg\/L_homme_le_plus_riche.jpg","width":1,"height":1},"full":{"url":"https:\/\/fr-images.igihe.com\/IMG\/jpg\/L_homme_le_plus_riche.jpg","width":0,"height":0}}},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.igihe.com\/french\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/534","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.igihe.com\/french\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.igihe.com\/french\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.igihe.com\/french\/wp-json\/wp\/v2\/users\/456"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.igihe.com\/french\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=534"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.igihe.com\/french\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/534\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.igihe.com\/french\/wp-json\/wp\/v2\/media\/4000000201"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.igihe.com\/french\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=534"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.igihe.com\/french\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=534"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.igihe.com\/french\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=534"},{"taxonomy":"byline","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.igihe.com\/french\/wp-json\/wp\/v2\/byline?post=534"},{"taxonomy":"hashtag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.igihe.com\/french\/wp-json\/wp\/v2\/hashtag?post=534"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}