{"id":39507,"date":"2025-10-05T09:37:54","date_gmt":"2025-10-05T09:37:54","guid":{"rendered":"https:\/\/new.igihe.com\/french\/Les-Burundais-a-bout-de-souffle-39507\/"},"modified":"2025-10-05T09:36:01","modified_gmt":"2025-10-05T09:36:01","slug":"Les-Burundais-a-bout-de-souffle","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.igihe.com\/french\/Les-Burundais-a-bout-de-souffle\/","title":{"rendered":"Les Burundais \u00e0 bout de souffle"},"content":{"rendered":"<p>Dans un pays d\u00e9j\u00e0 class\u00e9 parmi les plus pauvres du monde, la population vit au rythme des privations, tandis que le pouvoir en place, domin\u00e9 par le CNDD-FDD, peine \u00e0 apporter des solutions concr\u00e8tes.<\/p>\n<p>{{Carburant introuvable, pays paralys\u00e9}}<\/p>\n<p>Dans tout le pays, les files interminables devant les stations-service sont devenues le symbole d\u2019une \u00e9conomie \u00e0 bout de souffle. \u00c0 Makamba, Kayogoro ou Bujumbura, les v\u00e9hicules restent immobilis\u00e9s faute de carburant.<\/p>\n<p>Selon plusieurs observateurs, cette situation d\u00e9coule du manque de devises \u00e9trang\u00e8res, qui emp\u00eache l\u2019importation suffisante d\u2019hydrocarbures. Les autorit\u00e9s, elles, parlent de \u201cdifficult\u00e9s passag\u00e8res\u201d.<\/p>\n<p>Mais pour la population, la r\u00e9alit\u00e9 est tout autre : transports \u00e0 l\u2019arr\u00eat, hausse vertigineuse des prix des denr\u00e9es et paralysie de nombreux services.<\/p>\n<p>\u00ab Nous recevons parfois du carburant seulement une fois toutes les deux semaines \u00bb, confie un chauffeur de bus de la capitale.<\/p>\n<figure class=\"spip-document spip-document-66877 aligncenter\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/fr.igihe.com\/IMG\/jpg\/bdi-8.jpg\" alt=\"Dans tout le pays, les files interminables devant les stations-service sont devenues le symbole d\u2019une \u00e9conomie \u00e0 bout de souffle\" \/><\/figure>\n<p>{{L\u2019eau et l\u2019\u00e9lectricit\u00e9, des biens rares}}<\/p>\n<p>Les d\u00e9lestages \u00e9lectriques touchent d\u00e9sormais la quasi-totalit\u00e9 du pays. Dans plusieurs quartiers, le courant n\u2019est disponible que quelques heures par jour.<\/p>\n<p>Les \u00e9tudiants et \u00e9l\u00e8ves en subissent directement les cons\u00e9quences : \u00ab Je r\u00e9vise mes cours avant la tomb\u00e9e de la nuit, car nous n\u2019avons presque jamais d\u2019\u00e9lectricit\u00e9 le soir \u00bb, t\u00e9moigne une \u00e9l\u00e8ve \u00e0 Bujumbura.<\/p>\n<p>L\u2019acc\u00e8s \u00e0 l\u2019eau potable est tout aussi pr\u00e9occupant, en milieu rural, plus d\u2019un tiers de la population n\u2019ayant pas acc\u00e8s \u00e0 une source s\u00fbre. Dans certaines provinces, comme Kirundo, ce taux chute \u00e0 26 %, seules 16 % des familles disposant d\u2019un service d\u2019assainissement ad\u00e9quat. Dans de nombreuses \u00e9coles, les robinets restent \u00e0 sec plusieurs mois de l\u2019ann\u00e9e, exposant les enfants aux maladies hydriques.<\/p>\n<p>{{Une pauvret\u00e9 \u00e9touffante et un discours d\u00e9connect\u00e9}}<\/p>\n<p>Sur le plan \u00e9conomique, le Burundi demeure parmi les pays les plus pauvres du globe. Pr\u00e8s de 40 % des Burundais vivent dans l\u2019extr\u00eame pauvret\u00e9, et plus de la moiti\u00e9 de la population active est en sous-emploi. Les jeunes, souvent dipl\u00f4m\u00e9s mais sans perspective, repr\u00e9sentent la majorit\u00e9 des ch\u00f4meurs.<\/p>\n<p>En effet, le Burundi se classe parmi les \u00e9conomies les plus faibles du monde. Son PIB \u00e9tait d&#8217;environ 2,16 milliards de dollars US en 2024, ce qui le positionne aux alentours de la 188e place des \u00e9conomies mondiales.<\/p>\n<p>Face \u00e0 cette r\u00e9alit\u00e9, le pr\u00e9sident \u00c9variste Ndayishimiye affiche un optimisme aussi d\u00e9concertant qu\u2019insensible \u00e0 la gravit\u00e9 de la situation. Il ne cesse de vanter les \u201ctonnes de denr\u00e9es alimentaires\u201d qu\u2019il dit r\u00e9colter lui-m\u00eame, allant jusqu\u2019\u00e0 affirmer que \u201ctant que sa famille a de quoi se nourrir, le pays va bien.\u201d<\/p>\n<p>Des propos qui ont suscit\u00e9 l\u2019incompr\u00e9hension et l\u2019indignation d\u2019une partie de la population, d\u00e9j\u00e0 exasp\u00e9r\u00e9e par la chert\u00e9 de la vie et l\u2019inaction du gouvernement.<\/p>\n<figure class=\"spip-document spip-document-66876 aligncenter\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/fr.igihe.com\/IMG\/jpg\/nev-6.jpg\" alt=\"Pour le pr\u00e9sident Ndayishimiye \u00ab tant que sa famille a de quoi se nourrir, le Burundi va bien \u00bb\" \/><\/figure>\n<p>{{Un pouvoir min\u00e9 par l\u2019ethnicisme et le favoritisme}}<\/p>\n<p>Vingt ans apr\u00e8s son arriv\u00e9e au pouvoir, le CNDD-FDD reste accus\u00e9 d\u2019entretenir un syst\u00e8me d\u2019exclusion politique et ethnique.<\/p>\n<p>Les postes de responsabilit\u00e9 et les emplois sont, dans la plupart des cas, confi\u00e9s \u00e0 des personnes issues de l\u2019ethnie dominante au sein du parti ou \u00e0 des individus ayant fait all\u00e9geance au r\u00e9gime. La minorit\u00e9 active qui a accept\u00e9 de se rallier au CNDD-FDD est souvent utilis\u00e9e pour donner l\u2019image d\u2019un \u00e9quilibre ethnique factice dans la vie nationale.<\/p>\n<p>Cette strat\u00e9gie entretient un climat de m\u00e9fiance et de frustration sociale, renfor\u00e7ant les divisions que le pays n\u2019a jamais totalement surmont\u00e9es depuis la guerre civile.<\/p>\n<p>{{Un climat de peur et de r\u00e9signation}}<\/p>\n<p>Les rapports d\u2019ONG et de m\u00e9dias ind\u00e9pendants \u00e9voquent un pays verrouill\u00e9 par le parti au pouvoir. Les arrestations arbitraires, la surveillance politique et l\u2019intimidation des opposants sont devenues monnaie courante.<\/p>\n<p>Beaucoup parlent d\u2019un \u00c9tat sous tutelle du CNDD-FDD, o\u00f9 la peur et la m\u00e9contentement dominent la vie publique.<\/p>\n<p>Pendant ce temps, la population s\u2019enfonce dans une mis\u00e8re silencieuse : les salaires stagnent, les prix explosent, et l\u2019acc\u00e8s aux services essentiels devient un combat quotidien.<\/p>\n<figure class=\"spip-document spip-document-66878 aligncenter\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/fr.igihe.com\/IMG\/png\/screenshot_368_.png\" alt=\"Plusieurs experts parlent d\u2019un \u00c9tat sous tutelle du CNDD-FDD, o\u00f9 la peur et la m\u00e9contentement dominent la vie publique\" \/><\/figure>\n<p>{{Une jeunesse \u00e9puis\u00e9e mais lucide}}<\/p>\n<p>Pourtant, au milieu de cette morosit\u00e9, une jeunesse \u00e9puis\u00e9e mais lucide commence \u00e0 s\u2019exprimer, notamment sur les r\u00e9seaux sociaux, contre la corruption et l\u2019injustice.<\/p>\n<p>Certains jeunes affirment vouloir \u201creprendre leur destin en main.\u201d \u00ab On ne peut pas continuer \u00e0 vivre sans eau, sans lumi\u00e8re et sans espoir \u00bb, \u00e9crit un \u00e9tudiant de Gitega sur X (ancien Twitter).<\/p>\n<p>{{Un pays au bord de l\u2019asphyxie}}<\/p>\n<p>Le Burundi vit aujourd\u2019hui une \u2018crise humanitaire silencieuse mais d\u00e9vastatrice\u2019, bien pire que celle qu\u2019il a connue dans les ann\u00e9es 90, lorsque le pays \u00e9tait sous embargo, pour plusieurs experts. P\u00e9nuries, pauvret\u00e9, r\u00e9pression, favoritisme : autant de plaies ouvertes que le r\u00e9gime refuse de reconna\u00eetre.<\/p>\n<p>Mais une chose semble certaine : la jeunesse burundaise, de plus en plus instruite et consciente, ne veut plus se contenter de survivre. Elle veut vivre, apprendre et esp\u00e9rer \u2014 des droits \u00e9l\u00e9mentaires que tout gouvernement digne de ce nom devrait\u00a0garantir.<\/p>\n<figure class=\"spip-document spip-document-66879 aligncenter\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/fr.igihe.com\/IMG\/jpg\/cp-16.jpg\" alt=\"Le Burundi vit aujourd\u2019hui une \u00ab crise humanitaire silencieuse mais d\u00e9vastatrice \u00bb selon plusieurs observateurs\" \/><\/figure>\n<figure class=\"spip-document spip-document-66875 aligncenter\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/fr.igihe.com\/IMG\/jpg\/am-10.jpg\" alt=\"L\u2019acc\u00e8s \u00e0 l\u2019eau potable est tout aussi pr\u00e9occupant, en milieu rural, plus d\u2019un tiers de la population n\u2019ayant pas acc\u00e8s \u00e0 une source s\u00fbre\" \/><\/figure>\n<figure class=\"spip-document spip-document-66880 aligncenter\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/fr.igihe.com\/IMG\/jpg\/nev-7.jpg\" alt=\"Face \u00e0 cette r\u00e9alit\u00e9, le pr\u00e9sident \u00c9variste Ndayishimiye affiche un optimisme aussi d\u00e9concertant qu\u2019insensible \u00e0 la gravit\u00e9 de la situation\" \/><\/figure>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Depuis pr\u00e8s de cinq ans, le Burundi s\u2019enfonce dans une crise profonde marqu\u00e9e par une p\u00e9nurie chronique de carburant, des d\u00e9lestages \u00e9lectriques incessants et un acc\u00e8s \u00e0 l\u2019eau potable de plus en plus difficile. <\/p>\n","protected":false},"author":488,"featured_media":4000066874,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[7529],"tags":[7605],"byline":[9923],"hashtag":[],"class_list":["post-39507","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-actualite-3","tag-homenews","byline-brent"],"bylines":[{"id":9923,"name":"BrenT.","slug":"brent","description":"","image":{"id":0,"url":"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/?s=96&d=mm&f=y&r=g","alt":"Default avatar","title":"Default avatar","caption":"","mime_type":"image\/jpeg","sizes":[]},"user_id":null}],"contributors":[{"id":9923,"name":"BrenT.","slug":"brent","description":"","image":{"id":0,"url":"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/?s=96&d=mm&f=y&r=g","alt":"Default avatar","title":"Default avatar","caption":"","mime_type":"image\/jpeg","sizes":[]},"user_id":null}],"featured_image":{"id":4000066874,"url":"https:\/\/fr-images.igihe.com\/IMG\/logo\/cp_p-25.jpg","alt":"","caption":"","mime_type":"image\/jpeg","width":0,"height":0,"sizes":{"thumbnail":{"url":"https:\/\/fr-images.igihe.com\/IMG\/logo\/cp_p-25.jpg","width":1,"height":1},"medium":{"url":"https:\/\/fr-images.igihe.com\/IMG\/logo\/cp_p-25.jpg","width":1,"height":1},"medium_large":{"url":"https:\/\/fr-images.igihe.com\/IMG\/logo\/cp_p-25.jpg","width":1,"height":1},"large":{"url":"https:\/\/fr-images.igihe.com\/IMG\/logo\/cp_p-25.jpg","width":1,"height":1},"full":{"url":"https:\/\/fr-images.igihe.com\/IMG\/logo\/cp_p-25.jpg","width":0,"height":0}}},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.igihe.com\/french\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/39507","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.igihe.com\/french\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.igihe.com\/french\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.igihe.com\/french\/wp-json\/wp\/v2\/users\/488"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.igihe.com\/french\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=39507"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.igihe.com\/french\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/39507\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.igihe.com\/french\/wp-json\/wp\/v2\/media\/4000066874"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.igihe.com\/french\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=39507"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.igihe.com\/french\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=39507"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.igihe.com\/french\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=39507"},{"taxonomy":"byline","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.igihe.com\/french\/wp-json\/wp\/v2\/byline?post=39507"},{"taxonomy":"hashtag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.igihe.com\/french\/wp-json\/wp\/v2\/hashtag?post=39507"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}