{"id":37344,"date":"2025-04-08T17:55:18","date_gmt":"2025-04-08T17:55:18","guid":{"rendered":"https:\/\/new.igihe.com\/french\/Le-jour-ou-le-Gen-Maj-Kagame-interpella-le-monde-sur-un-genocide-en-cours-a-37344\/"},"modified":"2025-04-10T10:39:51","modified_gmt":"2025-04-10T10:39:51","slug":"Le-jour-ou-le-Gen-Maj-Kagame-interpella-le-monde-sur-un-genocide-en-cours-a","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.igihe.com\/french\/Le-jour-ou-le-Gen-Maj-Kagame-interpella-le-monde-sur-un-genocide-en-cours-a\/","title":{"rendered":"Le jour o\u00f9 le Gen.Maj Kagame interpella le monde sur un g\u00e9nocide en cours \u00e0 Kigali"},"content":{"rendered":"<p>Le g\u00e9nocide contre les Tutsi d\u00e9buta officiellement le 7 avril 1994, au lendemain de l\u2019attentat contre l\u2019avion du pr\u00e9sident Juv\u00e9nal Habyarimana. D\u00e8s les premi\u00e8res heures, des massacres syst\u00e9matiques \u00e9clat\u00e8rent \u00e0 travers le pays, en particulier dans la capitale, Kigali.<\/p>\n<p>Le 8 avril 1994, le g\u00e9n\u00e9ral-major Paul Kagame, alors commandant de l\u2019ex-Arm\u00e9e patriotique rwandaise (APR), donna des instructions claires \u00e0 ses commandants : lancer une offensive pour mettre un terme aux tueries. La d\u00e9cision est prise depuis le quartier g\u00e9n\u00e9ral de l\u2019APR, situ\u00e9 \u00e0 Mulindi, dans la r\u00e9gion de Byumba, puis imm\u00e9diatement port\u00e9e \u00e0 la connaissance des diplomates \u00e9trangers et des organisations internationales.<\/p>\n<p>Les premiers \u00e0 recevoir l\u2019ordre d\u2019intervenir furent les soldats de l\u2019APR positionn\u00e9s au Parlement (CND), au c\u0153ur de Kigali.<\/p>\n<p>Le 28 d\u00e9cembre 1993, un contingent de 600 soldats de l\u2019Arm\u00e9e patriotique rwandaise (APR), dirig\u00e9 par Charles Kayonga, quitta le quartier g\u00e9n\u00e9ral de Mulindi pour rejoindre Kigali. Ce bataillon comptait parmi ses membres plusieurs officiers de haut rang, dont le g\u00e9n\u00e9ral-major \u00e0 la retraite Charles Karamba, alors capitaine, ainsi que Jacob Tumwine, Emmanuel Rugazora et Kwikiriza.<\/p>\n<p>La mission initiale de cette unit\u00e9 \u00e9tait d\u2019assurer la s\u00e9curit\u00e9 des politiciens du FPR-Inkotanyi qui devaient, conform\u00e9ment aux Accords d\u2019Arusha, int\u00e9grer le gouvernement de transition. <\/p>\n<p>Cependant, le 6 avril 1994, l\u2019attentat contre l\u2019avion du pr\u00e9sident Juv\u00e9nal Habyarimana bouleversa profond\u00e9ment la donne. Alors qu\u2019ils attendaient la mise en place du gouvernement de transition, les 600 soldats de l\u2019APR stationn\u00e9s \u00e0 Kigali devinrent la cible d\u2019attaques d\u00e9lib\u00e9r\u00e9es men\u00e9es par l\u2019arm\u00e9e gouvernementale, notamment depuis les camps militaires de Kanombe et de Kacyiru.<\/p>\n<p>Lorsque le g\u00e9nocide contre les Tutsi \u00e9clata en avril 1994, les 600 soldats de l\u2019APR d\u00e9ploy\u00e9s \u00e0 Kigali re\u00e7urent une nouvelle mission de la part du g\u00e9n\u00e9ral-major Paul Kagame : mettre un terme aux massacres.<\/p>\n<p>Le b\u00e2timent o\u00f9 ils \u00e9taient cantonn\u00e9s \u2014 aujourd\u2019hui si\u00e8ge du Parlement rwandais \u2014 devint rapidement un lieu de refuge pour les civils fuyant les tueries. Une partie des locaux fut r\u00e9organis\u00e9e en centre m\u00e9dical improvis\u00e9 afin de soigner les bless\u00e9s, dans des conditions extr\u00eamement pr\u00e9caires.<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 leur isolement et les attaques r\u00e9p\u00e9t\u00e9es, ces soldats tinrent leurs positions avec courage jusqu\u2019au 11 avril 1994. Ce jour-l\u00e0, le bataillon Alpha, bas\u00e9 dans le district de Gicumbi, arriva en renfort sous le commandement de Sam Kaka. Gr\u00e2ce \u00e0 ce soutien, ils parvinrent \u00e0 reprendre le contr\u00f4le de plusieurs zones de la capitale, sauvant ainsi de nombreuses vies.<\/p>\n<p>L\u2019objectif \u00e9tait clair : acc\u00e9l\u00e9rer la progression militaire, vaincre les forces ennemies et repousser les milices Interahamwe qui massacraient les Tutsi \u00e0 travers le pays.<\/p>\n<p>Dans chaque zone lib\u00e9r\u00e9e par l\u2019APR, les soldats s\u2019employaient \u00e0 r\u00e9tablir l\u2019ordre et instaurer des espaces s\u00e9curis\u00e9s pour accueillir les rescap\u00e9s. Ils leur apportaient une aide imm\u00e9diate : soins m\u00e9dicaux, nourriture, couvertures, ustensiles de base et v\u00eatements.<\/p>\n<p>Une attention particuli\u00e8re \u00e9tait port\u00e9e aux enfants et aux bless\u00e9s graves, qui \u00e9taient identifi\u00e9s, isol\u00e9s et pris en charge avec le plus grand soin. Ces efforts humanitaires \u00e9taient assur\u00e9s par un petit groupe de soldats rest\u00e9s sur place pour garantir la s\u00e9curit\u00e9, assist\u00e9s par des cadres du FPR. Ces derniers administraient les premiers soins, cherchaient des m\u00e9dicaments, r\u00e9confortaient les survivants et leur apportaient un soutien psychologique. Ceux-ci s&#8217;attelaient \u00e9galement \u00e0 collecter des informations sur d&#8217;\u00e9ventuels rescap\u00e9s encore cach\u00e9s dans les environs.<\/p>\n<p>Les soldats de l\u2019Arm\u00e9e patriotique rwandaise (APR) menaient des op\u00e9rations sur plusieurs fronts : ils affrontaient les ex-Forces arm\u00e9es rwandaises (ex-FAR) et les miliciens Interahamwe, tout en s\u2019employant \u00e0 secourir les Tutsi traqu\u00e9s \u00e0 travers le pays, qu\u2019ils ramenaient vers des zones s\u00e9curis\u00e9es.<\/p>\n<p>Un groupe sp\u00e9cial de soldats \u00e9tait charg\u00e9 de mener les combats en premi\u00e8re ligne. En plus de leurs missions militaires, ces combattants fouillaient syst\u00e9matiquement les maisons, les buissons, et les rues \u00e0 la recherche de survivants \u2014 parfois terr\u00e9s, parfois errants, souvent \u00e9puis\u00e9s et traumatis\u00e9s.<\/p>\n<p>Les rescap\u00e9s \u00e9taient ensuite conduits vers des postes de commandement des bataillons, o\u00f9 ils recevaient une assistance imm\u00e9diate : nourriture, v\u00eatements (beaucoup avaient \u00e9t\u00e9 retrouv\u00e9s nus ou en lambeaux), soins m\u00e9dicaux. Si n\u00e9cessaire, ils \u00e9taient transf\u00e9r\u00e9s vers des zones plus s\u00fbres, identifi\u00e9es en amont par l\u2019APR.<\/p>\n<p>Ce groupe de soldats avait \u00e9galement pour mission d\u2019identifier les zones de rassemblement o\u00f9 les Tutsi \u00e9taient destin\u00e9s \u00e0 \u00eatre extermin\u00e9s. Ces informations cruciales \u00e9taient imm\u00e9diatement transmises au commandement du bataillon, afin qu\u2019une op\u00e9ration de sauvetage puisse \u00eatre planifi\u00e9e et lanc\u00e9e sans d\u00e9lai.<\/p>\n<p>Les officiers du commandement jouaient alors un double r\u00f4le : d\u2019une part, \u00e9valuer la faisabilit\u00e9 d\u2019une reprise imm\u00e9diate de la zone cibl\u00e9e ; d\u2019autre part, si les conditions le permettaient, donner l\u2019ordre de lancer un assaut qui permettrait de sauver des civils menac\u00e9s.<\/p>\n<p>Un exemple marquant est celui du stade Amahoro : apr\u00e8s avoir identifi\u00e9 le danger, les forces de l\u2019APR ont men\u00e9 une offensive dans le quartier de Remera, ont repris le contr\u00f4le de la zone, et sont parvenues \u00e0 s\u00e9curiser le stade, sauvant ainsi les nombreuses personnes qui y \u00e9taient r\u00e9fugi\u00e9es.<\/p>\n<p>Lorsque la reprise imm\u00e9diate d\u2019un lieu \u00e9tait jug\u00e9e trop risqu\u00e9e, des op\u00e9rations nocturnes \u00e9taient planifi\u00e9es. Ainsi, des interventions furent men\u00e9es notamment \u00e0 Saint-Paul, Saint-Andr\u00e9 et dans d\u2019autres endroits dans la capitale.<\/p>\n<p>Des \u00e9claireurs pr\u00e9c\u00e9daient les troupes pour collecter des renseignements militaires, rep\u00e9rer les positions des g\u00e9nocidaires et, lorsque les circonstances le permettaient, intervenir directement pour sauver des Tutsi en danger.<\/p>\n<p>\u00c0 Kigali, o\u00f9 les affrontements entre les forces de l\u2019APR et celles du r\u00e9gime Habyarimana \u00e9taient particuli\u00e8rement violents, les missions de recherche de survivants \u00e9taient essentiellement nocturnes. Le jour, les soldats se concentraient sur les combats ; d\u00e8s la tomb\u00e9e de la nuit, ils lan\u00e7aient des op\u00e9rations de sauvetage dans les quartiers encore sous contr\u00f4le de l\u2019ennemi, cherchant \u00e0 lib\u00e9rer les civils pi\u00e9g\u00e9s et \u00e0 les conduire vers des zones s\u00e9curis\u00e9es.<\/p>\n<p>Si ces interventions courageuses ont permis de sauver de nombreux survivants, l&#8217;avanc\u00e9e militaire de l&#8217;APR s&#8217;est av\u00e9r\u00e9e tout aussi d\u00e9cisive, lib\u00e9rant Kigali et d&#8217;autres r\u00e9gions, mettant ainsi un terme au g\u00e9nocide contre les Tutsi.<\/p>\n<figure class=\"spip-document spip-document-59884 aligncenter\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/fr.igihe.com\/IMG\/jpg\/pk-32.jpg\" alt=\"Le 8 avril 1994, alors que les massacres contre les Tutsi s&#039;intensifiaient, le G\u00e9n.Maj. 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