{"id":37084,"date":"2025-03-11T12:34:21","date_gmt":"2025-03-11T12:34:21","guid":{"rendered":"https:\/\/new.igihe.com\/french\/Les-proches-de-Kabila-dans-la-tourmente-37084\/"},"modified":"2025-03-11T12:30:03","modified_gmt":"2025-03-11T12:30:03","slug":"Les-proches-de-Kabila-dans-la-tourmente","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.igihe.com\/french\/Les-proches-de-Kabila-dans-la-tourmente\/","title":{"rendered":"Les proches de Kabila dans la tourmente"},"content":{"rendered":"<p>Ainsi, en ce mois de mars tourment\u00e9, trois figures de proue du Parti du peuple pour la reconstruction et le d\u00e9veloppement (PPRD) se retrouvent convoqu\u00e9es devant l\u2019auditorat militaire de Kinshasa. Aubin Minaku, vice-pr\u00e9sident du parti, Ramazani Shadary, son secr\u00e9taire permanent, et Ferdinand Kambere, son adjoint, sont somm\u00e9 de se pr\u00e9senter devant la justice, en des termes d\u2019une inqui\u00e9tante opacit\u00e9 : ils sont appel\u00e9s \u00e0 &#8220;\u00e9clairer&#8221;. Mais que doivent-ils \u00e9clairer sinon les ombres m\u00eames que projette le pouvoir sur leurs silhouettes ?<\/p>\n<p>Leur crime n\u2019est pas dit, il est insinu\u00e9, tiss\u00e9 dans les silences lourds d\u2019accusation. Un communiqu\u00e9 du minist\u00e8re de la Justice laisse filtrer le venin de la suspicion : ces opposants seraient en connivence avec les forces du mal, accus\u00e9s d\u2019une complicit\u00e9 diffuse avec le mouvement terroriste AFC\/M23 qui fait trembler le pouvoir de Tshisekedi. L\u2019arme de l\u2019infamie, sombre et v\u00e9n\u00e9neuse, s\u2019\u00e9l\u00e8ve contre eux telle une hydre aux mille serres, fr\u00e9missante d\u2019une haine s\u00e9culaire. <\/p>\n<p>Brandie avec l\u2019\u00e2pret\u00e9 du bourreau et la ferveur du fanatique, elle d\u00e9chire l\u2019air de sa lame ac\u00e9r\u00e9e, tra\u00e7ant dans l\u2019\u00e9ther le funeste pr\u00e9sage de leur damnation. \u00c9tendard fun\u00e8bre de la pers\u00e9cution, elle claque sous les vents impitoyables de l\u2019oppression, exhalant l\u2019\u00e2cre parfum de la calomnie et du m\u00e9pris. Nul ne saurait d\u00e9tourner le regard de cet embl\u00e8me de malheur, car il porte en lui l\u2019empreinte ind\u00e9l\u00e9bile des \u00e2mes traqu\u00e9es, vou\u00e9es \u00e0 l\u2019exil ou \u00e0 l\u2019oubli, broy\u00e9es sous l\u2019inflexible joug des juges sans cl\u00e9mence.<\/p>\n<p>Mais au-del\u00e0 de l\u2019acte judiciaire, c\u2019est une mise en sc\u00e8ne politique qui se d\u00e9ploie, une dramaturgie du pouvoir vacillant, qui cherche \u00e0 conjurer sa propre peur en d\u00e9signant des boucs \u00e9missaires. <\/p>\n<p>Car nul \u00e9moi ne trouble d\u00e9sormais le regard de ceux qui contemplent l\u2019odieuse mascarade, fig\u00e9s dans une stupeur lasse, non d\u2019effroi mais d\u2019accoutumance. Ce qui jadis e\u00fbt soulev\u00e9 des clameurs d\u2019indignation, ce qui aurait, en d\u2019autres temps, paru une monstruosit\u00e9 sans nom, s\u2019insinue \u00e0 pr\u00e9sent dans l\u2019ordre du monde avec l\u2019insidieuse constance d\u2019une mar\u00e9e montante. <\/p>\n<p>L\u2019absurde se pare des atours du quotidien, l\u2019inacceptable se drape d\u2019une l\u00e9gitimit\u00e9 fallacieuse, et l\u2019infamie, patiemment, tisse son linceul sur l\u2019\u00e2me engourdie des t\u00e9moins muets. Ainsi s\u2019efface l\u2019ultime sursaut, ainsi s\u2019\u00e9teint la flamme du refus, et le vertige de la d\u00e9raison devient la pierre angulaire d\u2019un \u00e9difice o\u00f9 ne r\u00e8gnent plus que l\u2019indiff\u00e9rence et l\u2019abandon.<\/p>\n<p>L\u2019anomalie s\u2019institutionnalise : des civils sont tra\u00een\u00e9s devant des tribunaux militaires, leur simple existence en dehors de la ligne officielle devient un acte de r\u00e9bellion. Ici, la loi ne p\u00e8se plus de son impartialit\u00e9, elle s\u2019incline sous la f\u00e9rule du pouvoir en place, se tord pour rev\u00eatir le masque de la r\u00e9pression. Car plus qu\u2019une justice, c\u2019est une vindicte qui s\u2019exerce. La politique devient tribunal, le d\u00e9bat c\u00e8de le pas \u00e0 l\u2019intimidation.<\/p>\n<p>Ainsi se d\u00e9voile la v\u00e9rit\u00e9 crue : l\u2019autorit\u00e9 vacille, gangren\u00e9e par une parano\u00efa galopante. F\u00e9lix Tshisekedi, dans son d\u00e9sir d\u2019asseoir son r\u00e8gne, voit dans l\u2019ombre de Kabila un spectre mena\u00e7ant, un rival dont la seule m\u00e9moire hante encore les c\u0153urs. Alors, pour conjurer ce fant\u00f4me, il faut frapper, bannir, interdire, contraindre au silence ceux qui portent encore en eux le sceau de l\u2019ancien r\u00e9gime.<\/p>\n<p>Mais n\u2019est-ce pas l\u00e0 le signe le plus criant d\u2019un pouvoir en d\u00e9sarroi ? Un pouvoir s\u00fbr de lui n\u2019a pas besoin d\u2019\u00e9liminer ses adversaires dans l\u2019obscurit\u00e9 des salles d\u2019audience militaires. Il affronte la contradiction dans l\u2019ar\u00e8ne politique, non dans les sous-sols d\u2019une justice instrumentalis\u00e9e. En criminalisant l\u2019opposition, le r\u00e9gime de Tshisekedi ne fait que signer l\u2019aveu de sa propre fragilit\u00e9, se d\u00e9battant dans les filets d\u2019une angoisse qu\u2019il ne peut contenir.<\/p>\n<p>Ainsi le cycle de l\u2019histoire poursuit sa marche inexorable. L\u2019oppresseur d\u2019hier devient l\u2019opprim\u00e9 d\u2019aujourd\u2019hui, et les ge\u00f4liers d\u2019aujourd\u2019hui seront peut-\u00eatre les captifs de demain. Mais dans cette lutte sans fin, il est un perdant certain : le peuple, condamn\u00e9 \u00e0 assister \u00e0 ces jeux de pouvoir qui se rejouent sans cesse, loin de ses v\u00e9ritables aspirations. Pendant que la justice sert d\u2019arme aux puissants, les v\u00e9ritables maux du pays demeurent sans rem\u00e8de, et la RDC, lasse et meurtrie, continue de porter le fardeau de ses illusions perdues.<\/p>\n<figure class=\"spip-document spip-document-58980 aligncenter\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/fr.igihe.com\/IMG\/jpg\/jk-4.jpg\" alt=\"Les proches de Kabila sont dans la tourmente judiciaire en RDC\" \/><\/figure>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L\u2019ombre de La Fontaine plane sur ce drame politique congolais, et l\u2019\u00e9cho de ses vers r\u00e9sonne dans les couloirs du pouvoir : &#8220;Si ce n\u2019est pas toi, c\u2019est quelqu\u2019un des tiens&#8221;. Telle est la sentence qui p\u00e8se d\u00e9sormais sur ceux dont le seul tort est d\u2019avoir jadis partag\u00e9 le banquet de Joseph Kabila. Une ombre, un nom, un lien suffisent pour \u00eatre pr\u00e9cipit\u00e9 dans l\u2019\u0153il du cyclone judiciaire.<\/p>\n","protected":false},"author":488,"featured_media":4000058979,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[7544],"tags":[7605],"byline":[9102],"hashtag":[],"class_list":["post-37084","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-politique","tag-homenews","byline-tite-gatabazi"],"bylines":[{"id":9102,"name":"Tite Gatabazi","slug":"tite-gatabazi","description":"","image":{"id":0,"url":"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/?s=96&d=mm&f=y&r=g","alt":"Default avatar","title":"Default avatar","caption":"","mime_type":"image\/jpeg","sizes":[]},"user_id":472}],"contributors":[{"id":9102,"name":"Tite Gatabazi","slug":"tite-gatabazi","description":"","image":{"id":0,"url":"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/?s=96&d=mm&f=y&r=g","alt":"Default avatar","title":"Default avatar","caption":"","mime_type":"image\/jpeg","sizes":[]},"user_id":472}],"featured_image":{"id":4000058979,"url":"https:\/\/fr-images.igihe.com\/IMG\/logo\/jk_c.jpg","alt":"","caption":"","mime_type":"image\/jpeg","width":0,"height":0,"sizes":{"thumbnail":{"url":"https:\/\/fr-images.igihe.com\/IMG\/logo\/jk_c.jpg","width":1,"height":1},"medium":{"url":"https:\/\/fr-images.igihe.com\/IMG\/logo\/jk_c.jpg","width":1,"height":1},"medium_large":{"url":"https:\/\/fr-images.igihe.com\/IMG\/logo\/jk_c.jpg","width":1,"height":1},"large":{"url":"https:\/\/fr-images.igihe.com\/IMG\/logo\/jk_c.jpg","width":1,"height":1},"full":{"url":"https:\/\/fr-images.igihe.com\/IMG\/logo\/jk_c.jpg","width":0,"height":0}}},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.igihe.com\/french\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/37084","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.igihe.com\/french\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.igihe.com\/french\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.igihe.com\/french\/wp-json\/wp\/v2\/users\/488"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.igihe.com\/french\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=37084"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.igihe.com\/french\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/37084\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.igihe.com\/french\/wp-json\/wp\/v2\/media\/4000058979"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.igihe.com\/french\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=37084"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.igihe.com\/french\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=37084"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.igihe.com\/french\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=37084"},{"taxonomy":"byline","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.igihe.com\/french\/wp-json\/wp\/v2\/byline?post=37084"},{"taxonomy":"hashtag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.igihe.com\/french\/wp-json\/wp\/v2\/hashtag?post=37084"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}