{"id":36993,"date":"2025-03-01T14:59:04","date_gmt":"2025-03-01T14:59:04","guid":{"rendered":"https:\/\/new.igihe.com\/french\/Les-larmes-de-crocodile-de-Judith-Suminwa-36993\/"},"modified":"2025-03-01T14:57:17","modified_gmt":"2025-03-01T14:57:17","slug":"Les-larmes-de-crocodile-de-Judith-Suminwa","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.igihe.com\/french\/Les-larmes-de-crocodile-de-Judith-Suminwa\/","title":{"rendered":"Les larmes de crocodile de Judith Suminwa"},"content":{"rendered":"<p>Le pouvoir en place en R\u00e9publique d\u00e9mocratique du Congo semble une fois de plus jouer une partition bien rod\u00e9e : celle du pyromane-pompier, attisant les flammes du chaos pour ensuite venir, le visage grave, feindre de les \u00e9teindre \u00e0 coups de discours larmoyants. Le Sud-Kivu, Katana, Mudaka, Miti, Kabare, meurtri par les exactions de soldats cens\u00e9s prot\u00e9ger les civils, en est le dernier th\u00e9\u00e2tre.<\/p>\n<p>Lorsque les projectiles des Forces Arm\u00e9es de la R\u00e9publique D\u00e9mocratique du Congo, appuy\u00e9es par les suppl\u00e9tifs Wazalendo et les combattants FDLR, lac\u00e8rent l\u2019air de leur sifflement mortif\u00e8re, les villages, livr\u00e9s aux affres du chaos, s\u2019embrasent sous la fureur aveugle des conflits. <\/p>\n<p>Les habitations, jadis havres de paix, ne sont plus que cendres et d\u00e9solation, tandis que les populations errantes, endeuill\u00e9es et d\u00e9munies, pleurent leurs morts dans un silence plus d\u00e9chirant encore que les clameurs du carnage. Et pourtant, face \u00e0 cette trag\u00e9die o\u00f9 l\u2019horreur le dispute \u00e0 l\u2019indiff\u00e9rence, les autorit\u00e9s, retranch\u00e9es derri\u00e8re un mutisme gla\u00e7ant, opposent au fracas des armes un silence coupable, aussi pesant que l\u2019ombre de l\u2019abandon qui s\u2019abat sur les terres meurtries.<\/p>\n<p>Des communiqu\u00e9s truff\u00e9s de formules creuses, des promesses d\u2019enqu\u00eates qui ne d\u00e9boucheront sur rien de concret\u2026 Voil\u00e0 le modus operandi du pouvoir de Tshisekedi qui se nourrit du chaos autant qu\u2019il pr\u00e9tend le combattre.<\/p>\n<p>Les larmes de crocodile coulent alors sur les joues de ceux qui, hier encore, fermaient les yeux sur l\u2019embrasement du Kivu. Les discours de compassion r\u00e9sonnent dans le vide d\u2019une action inefficace, voire complice. <\/p>\n<p>Comment accorder le moindre cr\u00e9dit \u00e0 la probit\u00e9 d\u2019un gouvernement qui, par son inaction complice ou son aveuglement coupable, permet \u00e0 ses propres forces de se muer en instruments d\u2019oppression et de terreur ? Lorsqu\u2019au lieu d\u2019incarner la sauvegarde de la nation, elles deviennent les bras arm\u00e9s de la d\u00e9solation, foulant aux pieds les principes m\u00eames qu\u2019elles \u00e9taient cens\u00e9es d\u00e9fendre. <\/p>\n<p>Comment ne pas voir dans ce silence officiel l\u2019aveu d\u2019une d\u00e9mission morale ? La souverainet\u00e9 d\u2019un \u00c9tat ne se mesure pas seulement \u00e0 la force de ses armes, mais \u00e0 la justice qu\u2019il dispense et \u00e0 la protection qu\u2019il assure \u00e0 son peuple. Or, lorsque ce dernier n\u2019est plus qu\u2019un tribut offert \u00e0 l\u2019app\u00e9tit vorace de la violence, que reste-t-il d\u2019un pouvoir sinon l\u2019ombre d\u2019une autorit\u00e9 d\u00e9voy\u00e9e, incapable de conjurer sa propre d\u00e9rive ? <\/p>\n<p>Comment concevoir que la trag\u00e9die congolaise s\u2019inscrive dans une \u00e9ternelle r\u00e9p\u00e9tition, tel un cycle funeste o\u00f9 chaque lueur d\u2019espoir se voit in\u00e9luctablement ensevelie sous les cendres du chaos ? Nourrie par l\u2019impunit\u00e9 \u00e9rig\u00e9e en r\u00e8gle et par la duplicit\u00e9 d\u2019\u00e9lites davantage soucieuses de pr\u00e9server leurs privil\u00e8ges que d\u2019arracher la nation \u00e0 l\u2019ab\u00eeme, cette fatalit\u00e9 semble se perp\u00e9tuer avec une implacable constance. <\/p>\n<p>La m\u00e9moire des massacres s\u2019efface sous le poids de l\u2019oubli int\u00e9ress\u00e9, les bourreaux se recyclent en ma\u00eetres du pr\u00e9sent, et la souffrance du peuple, rel\u00e9gu\u00e9e \u00e0 une trag\u00e9die sans t\u00e9moin, devient l\u2019\u00e9ternel tribut d\u2019un pays que l\u2019histoire condamne \u00e0 rena\u00eetre sans jamais se relever. D\u00e8s lors, comment ne pas s\u2019indigner face \u00e0 cette r\u00e9p\u00e9tition du mal, o\u00f9 chaque indignation, vite \u00e9touff\u00e9e, ne fait qu\u2019annoncer la prochaine h\u00e9catombe ?<\/p>\n<p>Pendant que la premi\u00e8re ministre affiche une \u00e9motion de fa\u00e7ade, les Congolais, eux, voient clair dans ce jeu macabre. L\u2019indignation feinte ne trompe plus personne. Les victimes m\u00e9ritent justice, non des larmes opportunistes vers\u00e9es devant les cam\u00e9ras. Le peuple congolais, de plus en plus \u00e9veill\u00e9, sait d\u00e9sormais que ceux qui pr\u00e9tendent panser les plaies sont souvent ceux qui, dans l\u2019ombre, tiennent le tison ardent.<\/p>\n<p>Et si le pouvoir vacille, ce n\u2019est pas parce que le vent tourne, mais parce que le feu qu\u2019il croyait ma\u00eetriser menace d\u00e9sormais de le consumer.<\/p>\n<figure class=\"spip-document spip-document-58674 aligncenter\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/fr.igihe.com\/IMG\/jpg\/js.jpg\" alt=\"Judith Suminwa, premi\u00e8re ministre de la RDC\" \/><\/figure>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La Premi\u00e8re ministre de la RDC, Madame Judith Suminwa qui, d\u2019ordinaire, s\u2019abstient de toute condamnation des atrocit\u00e9s innommables commises par la CODECO et l\u2019ADF en Ituri, qui observe dans un mutisme coupable la pers\u00e9cution incessante des tutsi congolais par les FDLR et les Wazalendo au Nord-Kivu, et qui, par son indiff\u00e9rence, cautionne l\u2019\u00e9puration ethnique dont sont victimes les Banyamulenge au Sud-Kivu, peut-elle, avec une soudaine ferveur, se draper de compassion feinte et r\u00e9pandre des larmes de crocodile \u00e0 l\u2019occasion d\u2019un attentat survenu lors d\u2019un rassemblement de l\u2019AFC\/M23 \u00e0 Bukavu ?<\/p>\n","protected":false},"author":488,"featured_media":4000058673,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[7544],"tags":[7605],"byline":[9102],"hashtag":[],"class_list":["post-36993","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-politique","tag-homenews","byline-tite-gatabazi"],"bylines":[{"id":9102,"name":"Tite Gatabazi","slug":"tite-gatabazi","description":"","image":{"id":0,"url":"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/?s=96&d=mm&f=y&r=g","alt":"Default avatar","title":"Default avatar","caption":"","mime_type":"image\/jpeg","sizes":[]},"user_id":472}],"contributors":[{"id":9102,"name":"Tite Gatabazi","slug":"tite-gatabazi","description":"","image":{"id":0,"url":"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/?s=96&d=mm&f=y&r=g","alt":"Default avatar","title":"Default avatar","caption":"","mime_type":"image\/jpeg","sizes":[]},"user_id":472}],"featured_image":{"id":4000058673,"url":"https:\/\/fr-images.igihe.com\/IMG\/logo\/js_cp.jpg","alt":"","caption":"","mime_type":"image\/jpeg","width":0,"height":0,"sizes":{"thumbnail":{"url":"https:\/\/fr-images.igihe.com\/IMG\/logo\/js_cp.jpg","width":1,"height":1},"medium":{"url":"https:\/\/fr-images.igihe.com\/IMG\/logo\/js_cp.jpg","width":1,"height":1},"medium_large":{"url":"https:\/\/fr-images.igihe.com\/IMG\/logo\/js_cp.jpg","width":1,"height":1},"large":{"url":"https:\/\/fr-images.igihe.com\/IMG\/logo\/js_cp.jpg","width":1,"height":1},"full":{"url":"https:\/\/fr-images.igihe.com\/IMG\/logo\/js_cp.jpg","width":0,"height":0}}},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.igihe.com\/french\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/36993","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.igihe.com\/french\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.igihe.com\/french\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.igihe.com\/french\/wp-json\/wp\/v2\/users\/488"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.igihe.com\/french\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=36993"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.igihe.com\/french\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/36993\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.igihe.com\/french\/wp-json\/wp\/v2\/media\/4000058673"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.igihe.com\/french\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=36993"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.igihe.com\/french\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=36993"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.igihe.com\/french\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=36993"},{"taxonomy":"byline","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.igihe.com\/french\/wp-json\/wp\/v2\/byline?post=36993"},{"taxonomy":"hashtag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.igihe.com\/french\/wp-json\/wp\/v2\/hashtag?post=36993"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}