{"id":29606,"date":"2021-02-03T12:52:08","date_gmt":"2021-02-03T12:52:08","guid":{"rendered":"https:\/\/new.igihe.com\/french\/La-jeune-Kurawige-publie-une-autobiographie-sur-le-genocide-des-Tutsi-From-the-29606\/"},"modified":"2021-05-07T16:57:06","modified_gmt":"2021-05-07T16:57:06","slug":"La-jeune-Kurawige-publie-une-autobiographie-sur-le-genocide-des-Tutsi-From-the","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.igihe.com\/french\/La-jeune-Kurawige-publie-une-autobiographie-sur-le-genocide-des-Tutsi-From-the\/","title":{"rendered":"G\u00e9nocide contre les Tutsi; Servitude et Renaissance: une autobiographie de la jeune Kurawige dans   From Bondage to Freedom"},"content":{"rendered":"<figure class=\"spip-document spip-document-27125 aligncenter\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/fr.igihe.com\/IMG\/jpg\/33-36.jpg\" alt=\"Aline Kurawige, auteure de     From Bondage to freedom\" \/><\/figure>\n<p>Depuis son tr\u00e8s jeune \u00e2ge, elle est hant\u00e9e par les images de son p\u00e8re lynch\u00e9 par ses beaux fr\u00e8res, Un p\u00e8re qui, en cette sauvage p\u00e9riode du g\u00e9nocide, est taillad\u00e9 puis d\u00e9coup\u00e9 en morceaux. Elle, Aline, rescap\u00e9e,  s&#8217;est lanc\u00e9e constamment dans une recherche permanente de son but, fuyant heureusement la famille de sa m\u00e8re mais n&#8217;\u00e9tant pas en s\u00e9curit\u00e9 parce qu&#8217;elle \u00e9tait confront\u00e9e \u00e0 des \u00e9v\u00e9nements traumatisants dont les abus sexuels qu&#8217;elle subissait ou dont elle a \u00e9t\u00e9 t\u00e9moin.<\/p>\n<p>Sa rage de raconter son histoire la conduit \u00e0 \u00e9crire et publier { {{From Bondage to Freedom} }} (De la Servitude \u00e0 la Libert\u00e9) o\u00f9 il nous d\u00e9crit le lourd et difficile chemin de croix qu&#8217;est le g\u00e9nocide. C&#8217;est le moment de dire que ce projet d&#8217;\u00e9criture qu&#8217;elle  fait l&#8217;accompagne dans sa qu\u00eate de la gu\u00e9rison de ces traumatismes caus\u00e9s par le v\u00e9cu du g\u00e9nocide des Tutsi du Rwanda de 1994 qui ne la quittent pas.<\/p>\n<p>Dans un entretien avec IGIHE, Aline a d\u00e9clar\u00e9 que son livre a \u00e9t\u00e9 \u00e9crit pour t\u00e9moigner des \u00e9v\u00e9nements du g\u00e9nocide contre les Tutsis lorsque son p\u00e8re avait \u00e9t\u00e9 tu\u00e9 par les Interahamwe.<\/p>\n<p>\u00ab C\u2019est un livre que j&#8217;ai \u00e9crit pour que ceux qui nient le g\u00e9nocide contre les Tutsi&#8221;, a-t-elle confi\u00e9. Son pr\u00e9sent et poignant t\u00e9moignage encourage davantage d&#8217;autres survivants \u00e0 raconter par \u00e9crit les macabres \u00e9v\u00e9nements qu&#8217;ils ont v\u00e9cus. <\/p>\n<figure class=\"spip-document spip-document-27126 aligncenter\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/fr.igihe.com\/IMG\/jpg\/44_.jpg\" alt=\"\" \/><\/figure>\n<p>&#8221; Apr\u00e8s avoir assist\u00e9 au film &#8220;La Travers\u00e9e du G\u00e9nocide\u00bb, j&#8217;ai eu l&#8217;impression de retourner \u00e0 mon lieu de calvaire pour offrir mon pardon et y faire un documentaire&#8221;, a-t-elle dit entendant par l\u00e0 que son projet d&#8217;\u00e9criture donnera lieu \u00e0 la conception d&#8217;un film y relatif. En effet, elle confie qu&#8217;elle est en train de signer un accord dans ce sens avec une soci\u00e9t\u00e9 de production cin\u00e9matographique aux \u00c9tats-Unis d&#8217;Am\u00e9rique.<\/p>\n<p>{{Le film de l&#8217;horreur}}<br \/>\nUmutoni raconte qu&#8217;\u00e0 l&#8217;\u00e2ge de cinq ans, lorsque les Interahamwe ont tu\u00e9 son p\u00e8re, le Dr Kurawige Jean Baptiste, il l&#8217;avait d&#8217;abord cach\u00e9e sous un lit.<br \/>\nLa fille, qui \u00e9tait encore une enfant, a regard\u00e9 autour d&#8217;elle et a vu comment son p\u00e8re \u00e9tait d\u00e9coup\u00e9 en morceaux. Elle a vu son sang couler. Mais dans son esprit, \u00e0 son \u00e2ge, elle croyait que son p\u00e8re reviendrait et la tirerait de l&#8217;endroit o\u00f9 elle se cachait. Mais cela ne s&#8217;est pas produit.<\/p>\n<p>Umutoni dit qu&#8217;elle a plus tard retrouv\u00e9 sa grand-m\u00e8re maternelle qui a pu fuir en Ouganda dans un camp de r\u00e9fugi\u00e9s et partir pour le Burkina Faso le 3 novembre 1994.<\/p>\n<figure class=\"spip-document spip-document-27127 aligncenter\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/fr.igihe.com\/IMG\/jpg\/55-19.jpg\" alt=\"Les ann\u00e9es insouciantes du nourrisson  Aline dans les bras de son p\u00e8re Dr Jean Baptiste Kurawige en 1988\" \/><\/figure>\n<p>Elle a ensuite d\u00e9m\u00e9nag\u00e9 en Afrique du Sud en 2011. De l\u00e0, elle est retourn\u00e9e au Rwanda pour la premi\u00e8re fois en 2012. Ce long itin\u00e9raire ne lui a pas \u00e9t\u00e9 facile. Elle raconte des milliers de probl\u00e8mes qu&#8217;elle a connus apr\u00e8s le massacre de son p\u00e8re par les Interahamwe en 1994 jusqu&#8217;en l&#8217;an 2011.<\/p>\n<p>Umutoni dit qu\u2019elle a perdu connaissance quand elle a appris que les personnes qui ont massacr\u00e9 son p\u00e8re \u00e9taient membres de la famille de sa m\u00e8re. Elle a \u00e9t\u00e9 \u00e9lev\u00e9e par sa grand-m\u00e8re maternelle qui est d\u00e9c\u00e9d\u00e9e plus tard en 1999. Apr\u00e8s son d\u00e9c\u00e8s, elle a d\u00fb apprendre \u00e0 vivre dans un environnement qui n&#8217;\u00e9tait pas accueillant et \u00e9tait entour\u00e9e de gens qui lui avaient menti et ne lui avaient jamais parl\u00e9 de son p\u00e8re. \u00c0 l&#8217;\u00e2ge de 16 ans, Umutoni a \u00e9t\u00e9 abus\u00e9e sexuellement par son oncle pendant trois ans.<\/p>\n<p>\u00abMa tante et son mari avaient perdu un enfant en 2004, alors ma tante voulait que j&#8217;aie un b\u00e9b\u00e9 avec son mari. Son mari me maltraitait sexuellement au moins cinq fois par semaine. L&#8217;homme \u00e9tait tr\u00e8s influent dans le pays et connaissait de nombreuses personnes puissantes dont le pr\u00e9sident du Burkina \u00e0 l&#8217;\u00e9poque. Il me rappelait toujours que personne ne croirait mon histoire \u00e0 cause de son influence.<\/p>\n<p>Umutoni confie qu&#8217;\u00e0 son arriv\u00e9e au Burkina Faso en 1994, elle a v\u00e9cu pendant trois ans avec un homme nomm\u00e9 Athanase qu&#8217;elle aimait et qu&#8217;elle consid\u00e9rait comme une figure paternelle. Cependant, elle a \u00e9t\u00e9 constern\u00e9e d&#8217;apprendre qu&#8217;Athanase \u00e9tait l&#8217;un des trois hommes qui ont assassin\u00e9 son p\u00e8re pendant le g\u00e9nocide des Tutsi en 1994.<\/p>\n<figure class=\"spip-document spip-document-27128 aligncenter\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/fr.igihe.com\/IMG\/jpg\/66-16.jpg\" alt=\"Le regrett\u00e9 P\u00e8re Kurawige d\u00e9coup\u00e9 en petits morceaux sous les yeux de sa fillette Aline de 6 ans\" \/><\/figure>\n<p>\u00abJ&#8217;ai v\u00e9cu avec Athanase et je lui ai vou\u00e9 le respect d\u00fb \u00e0 un oncle et une figure paternelle. Il m&#8217;accompagnait moi et mes cousins \u200b\u200b\u00e0 l&#8217;\u00e9cole, nous corrigeait en cas de besoin. Pour moi, c&#8217;\u00e9tait le p\u00e8re dont j&#8217;avais besoin en cette saison. Cependant, apr\u00e8s trois ans de vie commune, un matin, il a annonc\u00e9 son prochain voyage en Afrique du Sud. Cela a \u00e9t\u00e9 d\u00e9vastateur pour moi car je me suis sentie abandonn\u00e9e parce que j&#8217;avais grandi pour le voir comme un mod\u00e8le d&#8217;autorit\u00e9 dans ma vie. Le lendemain de son d\u00e9part, Interpol (police internationale) est venu le chercher. Ils ont dit \u00e0 ma famille qu&#8217;Athanase \u00e9tait l&#8217;une des personnes qui avaient assassin\u00e9 mon p\u00e8re&#8221;, t\u00e9moigne Umutoni.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s le d\u00e9c\u00e8s de sa grand-m\u00e8re, Umutoni a commenc\u00e9 \u00e0 chercher un moyen de s&#8217;\u00e9chapper, mais c&#8217;\u00e9tait difficile pour elle car elle en avait \u00e9t\u00e9 emp\u00each\u00e9e.<br \/>\n\u00ab Lorsque ma grand-m\u00e8re est d\u00e9c\u00e9d\u00e9e, j&#8217;ai eu l&#8217;impression qu&#8217;une partie de moi \u00e9tait morte avec elle. J&#8217;ai commenc\u00e9 \u00e0 chercher un moyen de m&#8217;\u00e9vader parce que je ne faisais pas confiance \u00e0 ma famille et je me suis sentie trahie apr\u00e8s avoir d\u00e9couvert le vrai Athanase criminel et g\u00e9nocidaire. J&#8217;ai d\u00e9cid\u00e9 d&#8217;\u00e9tudier et d&#8217;\u00eatre la meilleure \u00e0 l&#8217;\u00e9cole pour pouvoir obtenir une bourse et quitter ce foyer de l&#8217;oppression. Apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 abus\u00e9e sexuellement pendant trois ans, j&#8217;ai essay\u00e9 de quitter la maison mais j&#8217;ai rencontr\u00e9 de nombreuses difficult\u00e9s. Cela ne m&#8217;a pas emp\u00each\u00e9 de croire qu&#8217;un jour je serais libre. Enfin, le jour est arriv\u00e9 o\u00f9, en 2011, j&#8217;ai finalement quitt\u00e9 le Burkina Faso pour me rendre en Afrique du Sud o\u00f9 j&#8217;ai commenc\u00e9 mon parcours de gu\u00e9rison&#8221;, raconte Umutoni dans son livre poignant.<\/p>\n<figure class=\"spip-document spip-document-27129 aligncenter\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/fr.igihe.com\/IMG\/jpg\/77-7.jpg\" alt=\"\" \/><\/figure>\n<p>La suite fut un passage de sa vie couronn\u00e9 de succ\u00e8s. Aline Umutoni Kurawige a \u00e9tudi\u00e9 la g\u00e9ologie \u00e0 l&#8217;Universit\u00e9 de Pretoria. En 2016, elle a effectu\u00e9 un stage au D\u00e9partement des mines g\u00e9ologiques du Rwanda (GMD) pendant 6 mois avant de d\u00e9m\u00e9nager aux \u00c9tats-Unis d&#8217;Am\u00e9rique plus tard dans l&#8217;ann\u00e9e. Ce n&#8217;\u00e9tait pas sa premi\u00e8re visite au Rwanda apr\u00e8s le g\u00e9nocide puisqu&#8217;elle y est retourn\u00e9e pour la premi\u00e8re fois en 2012. Lors de sa premi\u00e8re visite, elle est all\u00e9e en prison pour rendre visite \u00e0 l&#8217;homme qui a envoy\u00e9 les tueurs assassiner son p\u00e8re.<br \/>\nAline Umutoni vit actuellement \u00e0 Dallas au Texas. Elle est n\u00e9e \u00e0 Ngoma dans le district de Huye dans la province du Sud en 1988. Elle est l&#8217;une des directrices d&#8217;une importante soci\u00e9t\u00e9 am\u00e9ricaine.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Kurawige Aline Umutoni, 32 ans, a v\u00e9cu une vie tumultueuse. En 1994, elle a six ans. Elle assiste impuissante au meurtre de son p\u00e8re par les Interahamwe de sa r\u00e9gion. Elle avait d\u00e9j\u00e0 perdu sa m\u00e8re alors qu&#8217;elle avait 13 mois. Elle vient de publier un livre-t\u00e9moignage saisissant {{ {From  Bondage to Freedom} }} qui la d\u00e9crit dans un \u00e9tat d\u00e9concertant tiraill\u00e9e entre la famille du p\u00e8re g\u00e9nocid\u00e9 et celle de sa m\u00e8re dont les parents proches ont \u00e9t\u00e9 les bourreaux impitoyables et sauvages de son p\u00e8re au cours de ce d\u00e9chirant g\u00e9nocide des Tutsi du Rwanda de 1994, \u00e0 Ngoma-Butare actuellement en province du Sud.<\/p>\n","protected":false},"author":453,"featured_media":4000027125,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[7582],"tags":[7605],"byline":[9572],"hashtag":[],"class_list":["post-29606","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-livres","tag-homenews","byline-karirima-aimable"],"bylines":[{"id":9572,"name":"Karirima Aimable","slug":"karirima-aimable","description":"","image":{"id":0,"url":"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/?s=96&d=mm&f=y&r=g","alt":"Default avatar","title":"Default avatar","caption":"","mime_type":"image\/jpeg","sizes":[]},"user_id":null}],"contributors":[{"id":9572,"name":"Karirima Aimable","slug":"karirima-aimable","description":"","image":{"id":0,"url":"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/?s=96&d=mm&f=y&r=g","alt":"Default avatar","title":"Default avatar","caption":"","mime_type":"image\/jpeg","sizes":[]},"user_id":null}],"featured_image":{"id":4000027125,"url":"https:\/\/fr-images.igihe.com\/IMG\/jpg\/33-36.jpg","alt":"","caption":"","mime_type":"image\/jpeg","width":0,"height":0,"sizes":{"thumbnail":{"url":"https:\/\/fr-images.igihe.com\/IMG\/jpg\/33-36.jpg","width":1,"height":1},"medium":{"url":"https:\/\/fr-images.igihe.com\/IMG\/jpg\/33-36.jpg","width":1,"height":1},"medium_large":{"url":"https:\/\/fr-images.igihe.com\/IMG\/jpg\/33-36.jpg","width":1,"height":1},"large":{"url":"https:\/\/fr-images.igihe.com\/IMG\/jpg\/33-36.jpg","width":1,"height":1},"full":{"url":"https:\/\/fr-images.igihe.com\/IMG\/jpg\/33-36.jpg","width":0,"height":0}}},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.igihe.com\/french\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/29606","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.igihe.com\/french\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.igihe.com\/french\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.igihe.com\/french\/wp-json\/wp\/v2\/users\/453"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.igihe.com\/french\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=29606"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.igihe.com\/french\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/29606\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.igihe.com\/french\/wp-json\/wp\/v2\/media\/4000027125"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.igihe.com\/french\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=29606"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.igihe.com\/french\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=29606"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.igihe.com\/french\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=29606"},{"taxonomy":"byline","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.igihe.com\/french\/wp-json\/wp\/v2\/byline?post=29606"},{"taxonomy":"hashtag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.igihe.com\/french\/wp-json\/wp\/v2\/hashtag?post=29606"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}