{"id":25623,"date":"2018-05-02T08:57:20","date_gmt":"2018-05-02T08:57:20","guid":{"rendered":"https:\/\/new.igihe.com\/french\/le-rwanda-un-pays-qui-etonne-et-fascine-25623\/"},"modified":"2018-05-02T08:57:07","modified_gmt":"2018-05-02T08:57:07","slug":"le-rwanda-un-pays-qui-etonne-et-fascine","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.igihe.com\/french\/le-rwanda-un-pays-qui-etonne-et-fascine\/","title":{"rendered":"Le Rwanda, un pays qui \u00e9tonne et fascine"},"content":{"rendered":"<p>Je reviens du Rwanda. Je m&#8217;y \u00e9tais rendu du 6 au 10 avril, pour prendre part aux c\u00e9r\u00e9monies marquant les comm\u00e9morations du g\u00e9nocide perp\u00e9tr\u00e9 contre les Tutsis en 1994. J&#8217;y \u00e9tais sur invitation de ma coll\u00e8gue charg\u00e9e de la Culture et des Sports. <\/p>\n<p>Quand on visite ce pays, vingt-quatre (24) ans apr\u00e8s le g\u00e9nocide, on en revient gonfl\u00e9 de fiert\u00e9 et de confiance. Sans exag\u00e9ration aucune, un voyage dans ce pays produit, en vous, les m\u00eames sensations qui vous habitent, quand vous sortez d&#8217;une salle de cin\u00e9ma, apr\u00e8s une s\u00e9ance de projection du film black Panther. <\/p>\n<p>Cette fiction qui caracole dans les box-offices r\u00e9concilie le peuple noir avec lui-m\u00eame, en le d\u00e9crivant comme le moteur de sa propre histoire, en l&#8217;imaginant comme un b\u00e2tisseur et un acteur principal dans l&#8217;\u0153uvre de construction d&#8217;une civilisation universelle.<\/p>\n<p>A l&#8217;image des personnages de cette fiction qui subliment le noir, le Rwanda, en refusant de s&#8217;enfermer dans un pass\u00e9 tragique et d\u00e9sesp\u00e9rant pour en rester un prisonnier, a d\u00e9cid\u00e9 de construire habilement et avec d\u00e9termination son avenir de fa\u00e7on stup\u00e9fiante. Il est peut-\u00eatre quelque part l&#8217;inspirateur des producteurs de ce film. Ce pays fait la preuve que nulle fatalit\u00e9, tenant on ne sait \u00e0 quoi, en tous les cas, pas \u00e0 l&#8217;emplacement g\u00e9ographique et encore moins \u00e0 la race, ne saurait \u00e0 jamais clore le destin d&#8217;une nation.<\/p>\n<p>A mon retour de Kigali, j&#8217;ai eu envie de porter haut la voix pour laisser entendre : un souffle de dignit\u00e9, d&#8217;estime de soi, une volont\u00e9 de participer \u00e0 la construction d&#8217;un pays, d&#8217;une nation forte, solidaire et unie, animent, depuis la sortie du g\u00e9nocide de 1994, les hommes et les femmes du Rwanda. Ils se soucient tous de promouvoir leur pays, de pr\u00e9senter \u00e0 la face du monde une vision nouvelle de leur soci\u00e9t\u00e9, reconstruite sur la base de l&#8217;unit\u00e9 et de la concorde. C&#8217;est le sens de ce reportage me permettant ainsi un court instant de renouer avec mon m\u00e9tier d&#8217;antan. Je remercie la r\u00e9daction du quotidien \u00ab Le Soleil \u00bb qui accepte d&#8217;en assurer la publication, dans cette formule de correspondance particuli\u00e8re.<\/p>\n<p>Vendredi 6 avril 2018. Un regard vite jet\u00e9 sur le cadran de ma montre bracelet renseigne : 20h 15 minutes en Temps universel. Il faut ajuster les aiguilles pour \u00eatre \u00e0 l&#8217;heure locale : 22h 15 minutes. Le commandant de bord vient de poser, avec d\u00e9licatesse, la masse de son Boeing 737\/800 sur le tarmac du Kigali International Airport. Nous \u00e9tions partis de Dakar, 12 heures auparavant, pour un voyage jalonn\u00e9 d&#8217;escales \u00e9reintantes : Abidjan, Cotonou, Libreville, et enfin, Kigali.<\/p>\n<p>Le commandant de bord a fini d&#8217;extirper son a\u00e9ronef de cette masse compacte de nuages qui surplombe la ville. On peut maintenant porter le regard sur le site qui se d\u00e9nude sous nos yeux, au moment o\u00f9 l&#8217;h\u00f4tesse de service annonce notre descente. Le spectacle de lumi\u00e8re qui se montre est surprenant, mais surtout \u00e9poustouflant dans cet environnement physique qui lui donne un relief saisissant. Depuis les cieux, on distingue clairement cette belle cha\u00eene de collines aux flancs desquelles se plaquent, comme des sangsues, des b\u00e2timents faiblement \u00e9clair\u00e9s. En bas, une orgie de lumi\u00e8re illuminant aux pieds des collines une sorte de vall\u00e9e au fond de laquelle est blottie la ville de Kigali.<\/p>\n<p>A notre descente d&#8217;avion, un l\u00e9ger vent assez frisquet balaie les endroits. Au-dessus de nos t\u00eates, un carrousel de nuages, restes d&#8217;une pluie qui refuse de s&#8217;arr\u00eater \u00e0 cette p\u00e9riode de l&#8217;ann\u00e9e, parcourt le ciel. Cette ville renvoie quelque chose de magique. Un paysage magnifique, vert en permanence ! Une morphologie du relief et un environnement pittoresque qui en font un lieu quasi-unique.<\/p>\n<p>Le Rwanda, nous en avons beaucoup entendu parler. Encore plus depuis 1994, point de d\u00e9part d&#8217;une autre vie. Un marqueur sanglant d&#8217;une trag\u00e9die nationale sans nom. Cette date est peut-\u00eatre pour ce pays, \u00abl&#8217;heure rouge, l&#8217;heure d\u00e9nonc\u00e9e \u00bb pour parler comme Aim\u00e9 C\u00e9saire et reprendre le th\u00e8me de la Biennale de l&#8217;Art contemporain africain, DAK&#8217;ART 2018, dont il est, avec la Tunisie, les deux pays invit\u00e9s d&#8217;honneur. En tous les cas, quelque chose de substantiel et de profond s&#8217;y passe. Pendant quatre jours, nous avons visit\u00e9 le Rwanda : Kigali, Huye et Butar\u00e9.<\/p>\n<p>Nous \u00e9tions, je rappelle, au pays des mille collines sur invitation de notre coll\u00e8gue, Madame le ministre de la Culture et des Sports. En m&#8217;interrogeant sur les motivations d&#8217;une telle marque de consid\u00e9ration pour notre pays, j&#8217;ai compris que l&#8217;invitation officielle faite au S\u00e9n\u00e9gal, en ma personne, \u00e9tait loin d&#8217;\u00eatre fortuite, car il y a une part bien s\u00e9n\u00e9galaise dans cette histoire \u00e0 travers le capitaine Mbaye DIAGNE, ce digne fils du S\u00e9n\u00e9gal, observateur militaire de la mission des Nations unies pour l&#8217;assistance au Rwanda, consid\u00e9r\u00e9 comme \u00ab l&#8217;homme le plus courageux ayant servi l&#8217;organisation des Nations unies \u00bb, comme un des plus grands h\u00e9ros du XX\u00e8me si\u00e8cle.<\/p>\n<p>Ce h\u00e9ros a \u00e9t\u00e9 distingu\u00e9 post-mortem pour avoir sauv\u00e9 \u00e0 lui seul, au p\u00e9ril de sa vie, plusieurs centaines de personnes, au total quatre cent (des hommes, des femmes et des enfants), explique le conservateur du Mus\u00e9e du g\u00e9nocide ouvert dans les locaux du parlement en 2017.<\/p>\n<p>L&#8217;humanisme, son sens du devoir et son courage hors du commun, l&#8217;aideront. Il eut ce comportement h\u00e9ro\u00efque, pour rester fid\u00e8le et faire honneur \u00e0 une c\u00e9l\u00e8bre devise d&#8217;une des unit\u00e9s de nos Forces arm\u00e9e : \u00abQuand sonne l&#8217;heure de mourir, tous ceux qui survivent portent l&#8217;opprobre du d\u00e9shonneur\u00bb. Ma pr\u00e9sence, au nom de la R\u00e9publique du S\u00e9n\u00e9gal, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 des autorit\u00e9s et du peuple rwandais, en ce jour solennel, n&#8217;\u00e9tait-elle pas une marque de reconnaissance au pays d&#8217;origine d&#8217;un homme qui a pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 la mort au d\u00e9shonneur ?<\/p>\n<p>Ma coll\u00e8gue en charge de la Culture a eu donc l&#8217;amabilit\u00e9 de nous convier pour prendre part aux c\u00e9r\u00e9monies comm\u00e9moratives du g\u00e9nocide perp\u00e9tr\u00e9 en 1994. G\u00e9nocide dirig\u00e9 principalement contre les Tutsis. Peut-on aujourd&#8217;hui croire que cette date, pour dramatique qu&#8217;elle f\u00fbt pour le peuple rwandais, aura finalement \u00e9t\u00e9 le point de d\u00e9part irr\u00e9versible d&#8217;un avenir meilleur ?<\/p>\n<p>Cette perspective est, pourrait-on dire, en train de devenir la r\u00e9alit\u00e9 d&#8217;un quotidien v\u00e9cu. Nul ne doute, cependant, que le chemin \u00e0 parcourir est encore long et parsem\u00e9 d&#8217;emb\u00fbches. Les premiers r\u00e9sultats d&#8217;une r\u00e9volution tranquille marquante sont l\u00e0, visibles. L&#8217;organisation de la soci\u00e9t\u00e9 rwandaise actuelle, la marche imprim\u00e9e aux affaires publiques, et enfin, le comportement des citoyens, sont autant de signes pour convaincre le visiteur.<\/p>\n<p>D\u00e9termination d&#8217;un peuple et foi en ses capacit\u00e9s de r\u00e9ussite<\/p>\n<p>D\u00e8s le premier contact avec Kigali, on note la d\u00e9termination d&#8217;un peuple et sa foi en ses capacit\u00e9s de r\u00e9ussite. Cet \u00e9tat d&#8217;esprit est partout. Dans la circulation en ville, j&#8217;ai not\u00e9, avec admiration, une discipline port\u00e9e en bandouli\u00e8re par tous les conducteurs. Le S\u00e9n\u00e9galais foulant le sol de Kigali est bluff\u00e9 par les conducteurs des engins \u00e0 deux roues. Ils ont tous des casques de protection viss\u00e9s sur la t\u00eate et un autre en r\u00e9serve accroch\u00e9 au guidon.<\/p>\n<p>A Kigali, on retrouve nulle part d&#8217;\u00e9tals sauvages, ni de vente \u00e0 la sauvette. Point de marchands ambulants donc, ni de mendiants, encore moins d&#8217;animaux divagants \u00e0 l&#8217;air libre. Chaque citoyen nettoie et balaie. En quittant Kigali et en circulant vers Butar\u00e9, on croit \u00e0 peine au spectacle observ\u00e9 sur le parcours, partout, devant les maisons align\u00e9es en bord de route, on nettoie et bichonne les fleurs dans des jardins impeccablement dessin\u00e9s et taill\u00e9s \u00e0 l&#8217;anglaise.<\/p>\n<p>Toute cette organisation, m&#8217;a-t-on expliqu\u00e9, est b\u00e2tie autour des chefs de quartier qui jouent un r\u00f4le essentiel dans l&#8217;administration des cit\u00e9s. Il semble que c&#8217;est ainsi partout dans le pays. On a pu \u00e9galement le constater \u00e0 Huye et \u00e0 Butar\u00e9, deux villes de l&#8217;int\u00e9rieur. A Kigali, j&#8217;ai fait le pari de trouver, dans la circulation, des feux de circulation (feux rouges comme on dit chez nous) d\u00e9fectueux. Pari perdu, apr\u00e8s 40 minutes de parcours soutenu et non interrompu en voiture dans les rues et avenues de la ville. Nous avions d\u00e9j\u00e0 une id\u00e9e de cette discipline assum\u00e9e avec fiert\u00e9, en voyageant avec Rwandair.<\/p>\n<p>Cette compagnie a\u00e9rienne est l&#8217;une des plus jeunes par l&#8217;\u00e2ge sur le continent, mais l&#8217;une des mieux organis\u00e9es et des plus \u00e9quip\u00e9es. La discipline de l&#8217;\u00e9quipage, le personnel naviguant en cabine en particulier est remarquable. Une \u00e9quipe professionnelle et disciplin\u00e9e qu&#8217;on retrouve difficilement sur des lignes concurrentes africaines.<\/p>\n<p>A peine assis, une attention particuli\u00e8re m&#8217;est accord\u00e9e. Plus que je n&#8217;ai eu l&#8217;habitude d&#8217;en vivre sur n&#8217;importe quelle ligne a\u00e9rienne africaine. Aucun doute, ma pr\u00e9sence \u00e0 bord a \u00e9t\u00e9 signal\u00e9e. Le si\u00e8ge que j&#8217;occupe en \u00ab classe business \u00bb n&#8217;explique pas tout. Ma qualit\u00e9 de ministre invit\u00e9 par le gouvernement de ce personnel navigant a ajout\u00e9 \u00e0 cette attention. Celle-ci se manifeste \u00e0 moi de plusieurs mani\u00e8res \u00e0 bord de ce vol. A moins d&#8217;une quarantaine de minutes de notre atterrissage pour escale \u00e0 Cotonou, le co-pilote quitte sa cabine pour se pr\u00e9senter \u00e0 moi. Il vient s&#8217;enqu\u00e9rir de mes sentiments sur le vol. \u00ab Ma satisfaction est totale \u00bb, ai-je r\u00e9pondu.<\/p>\n<p>Le sourire affich\u00e9 par le jeune pilote, la trentaine s\u00fbrement, est symbolique du s\u00e9rieux qu&#8217;il met dans sa t\u00e2che et du souci qui est le sien pour s&#8217;assurer que l&#8217;ensemble de l&#8217;\u00e9quipage est \u00e0 la hauteur de la mission. J&#8217;ai en fait compris que son geste, comme ceux de tous ceux qui se sont enquis de mon \u00e9tat, traduisent d&#8217;abord la qualit\u00e9 du rapport qu&#8217;ils ont avec leur pays, avec leurs institutions, avant de s&#8217;adresser \u00e0 moi.<\/p>\n<p>Pour eux, je suis \u00e0 bord de ce vol, le prolongement de l&#8217;autorit\u00e9 rwandaise qui m&#8217;a invit\u00e9. En me bichonnant comme ils l&#8217;ont fait, tout au long des 12 heures de voyage, ils s&#8217;occupaient \u00e0 soigner l&#8217;image de leur pays. C&#8217;est cette belle et optimiste image qu&#8217;ils ont tous envie de projeter, face au regard dubitatif d&#8217;un monde stup\u00e9fait par le g\u00e9nocide de 1994. Sur Rwandair, on touche du doigt l&#8217;expression d&#8217;une conduite citoyenne assum\u00e9e, traduisant le type de rapport d\u00e9sormais \u00e9tabli entre l&#8217;\u00c9tat, ses institutions sublim\u00e9es, \u00e9lev\u00e9es au rang de culte.<\/p>\n<p>M\u00c9MORIAL DU G\u00c9NOCIDE : LIEU DE SOUVENIRS D&#8217;UNE NATION RESSUSCIT\u00c9E !<\/p>\n<p>7 avril 1994, d\u00e9but des massacres \u00e0 Kigali par le bombardement nourri engag\u00e9 depuis l&#8217;aube sur le parlement. C&#8217;est ici que se sont retranch\u00e9s les politiques du Front patriotique rwandais. Ceux-l\u00e0 venus du champ de bataille \u00e0 la fronti\u00e8re de l&#8217;Ouganda (nord du pays), y sont log\u00e9s depuis le d\u00e9but des n\u00e9gociations d&#8217;Arusha, sous la protection de six cent soldats rebelles venus les accompagner. L&#8217;avion transportant le pr\u00e9sident rwandais, Juv\u00e9nal Habyarimana, revenant d&#8217;Arusha, a \u00e9t\u00e9 abattu quelques heures auparavant.<\/p>\n<p>7 avril 2018. La nation temporairement d\u00e9truite par le g\u00e9nocide se reconstruit et se souvient. Nous sommes dans un lieu symbolique, le M\u00e9morial du g\u00e9nocide. Ils sont fiers au Rwanda de s&#8217;exprimer d&#8217;abord dans la langue nationale : le kenyarwanda. En ce jour de comm\u00e9moration, ils se sentent tous fiers de r\u00e9p\u00e9ter \u00e0 l&#8217;envie le m\u00eame refrain qui sonne comme une ritournelle : kwibuka 24, twiyubaka, twibuke. Ces trois mots occupent les discours officiels et meublent toutes les discussions des citoyens. L&#8217;id\u00e9e de base postul\u00e9e est significative d&#8217;un certain \u00e9tat d&#8217;esprit : souvenons-nous de ce qui s&#8217;est d\u00e9j\u00e0 pass\u00e9, ici, il y a vingt-quatre ans, mais refusons, cependant, d&#8217;en \u00eatre prisonnier \u00e0 jamais, afin que nous puissions nous projeter dans l&#8217;avenir. Ce cri de ralliement \u00e0 une cause nationale, a impuls\u00e9 une inestimable dynamique de progr\u00e8s, \u00e0 tous les niveaux de la soci\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p>Samedi 7 avril. Tout se passe sur le haut lieu m\u00e9morial abritant 200 mille restes de corps. Des restes retrouv\u00e9s, cr\u00e2nes et ossements, du million d&#8217;\u00eatres humains massacr\u00e9s en trois mois par cette furie meurtri\u00e8re de milices g\u00e9nocidaires et de leurs mentors, des militaires en d\u00e9bandade, derniers symboles d&#8217;un r\u00e9gime agonisant. Quand vous entrez dans le M\u00e9morial, vous \u00eates d\u00e9vast\u00e9s par l&#8217;\u00e9motion en prenant contact avec la r\u00e9alit\u00e9 qu&#8217;il abrite. Cette belle nature et sa verdure tonifiante qui caract\u00e9risent l&#8217;endroit, capable, par la seule magie de son \u00e9cologie, de revigorer et d&#8217;\u00e9gayer des \u00e2mes, souvent m\u00e9lancoliques ou tristes, att\u00e9nuent \u00e0 peine l&#8217;intensit\u00e9 du chagrin \u00e9treignant chaque visiteur.<\/p>\n<p>Si marquant soit le symbolisme s&#8217;attachant au lieu, et si poignant appara\u00eet le rangement impeccable de milliers et de milliers de tombes abritant les s\u00e9pultures d&#8217;adultes et de si jeunes enfants, on mesure \u00e0 peine, ici, l&#8217;ampleur des tueries de 1994. Dire que 800 mille autres victimes sont ailleurs dans le pays. On imagine, cependant, ce qu&#8217;a pu \u00eatre la souffrance et le martyr v\u00e9cus par ce peuple. Cent jours d&#8217;atrocit\u00e9s, de barbarie qui ont plong\u00e9 un pays dans un chaos total. C&#8217;est dans cette ambiance de mort que nous attendons l&#8217;arriv\u00e9e du pr\u00e9sident de la R\u00e9publique et son \u00e9pouse qui viendront pr\u00e9sider le premier acte d&#8217;un c\u00e9r\u00e9monial, se d\u00e9roulant dans sa phase intense sur une semaine. Les comm\u00e9morations sont pr\u00e9vues, cependant, pour une dur\u00e9e totale de cent jours.<\/p>\n<p>La pluie tombe sans interruption depuis la veille des c\u00e9r\u00e9monies comm\u00e9moratives. Encore et toujours, cette fine pluie sur la ville. Elle est revenue depuis la sortie des aurores. Et voil\u00e0 qu&#8217;elle s&#8217;arr\u00eate subitement, comme pour laisser toute la place au couple pr\u00e9sidentiel qui vient d&#8217;arriver pour pr\u00e9sider le c\u00e9r\u00e9monial pr\u00e9vu. On aper\u00e7oit de loin, \u00e0 partir de la tribune, le couple qui d\u00e9vale la pente fermant sur son c\u00f4t\u00e9 gauche le chapiteau dress\u00e9 \u00e0 l&#8217;entr\u00e9e du site m\u00e9moriel.<\/p>\n<p>Avec de nombreux officiels, le pr\u00e9sident et son \u00e9pouse se dirigent vers l&#8217;endroit o\u00f9 est pr\u00e9vu le d\u00e9p\u00f4t de gerbes de fleurs. Tout est retransmis sur \u00e9cran g\u00e9ant. Le couple s&#8217;immobilise devant l&#8217;espace am\u00e9nag\u00e9.<\/p>\n<p>La sonnerie aux morts retentit, sous la baguette du Chef d&#8217;orchestre qui dirige la musique principale de la Police rwandaise. Un l\u00e9ger d\u00e9tachement militaire rend les honneurs. Les pas saccad\u00e9s et d\u00e9cid\u00e9s des soldats ont rompu avec l&#8217;esprit et la pratique latine en la mati\u00e8re, pour \u00e9pouser les traditions anglo-saxonnes. C&#8217;est aussi cela ce nouveau Rwanda qui \u00e9tonne et fascine. L&#8217;allure du pr\u00e9sident, s&#8217;avan\u00e7ant vers le soldat qui lui tend la gerbe de fleurs est majestueuse et solennelle. Son \u00e9pouse suit derri\u00e8re avec une \u00e9l\u00e9gance tout aussi raffin\u00e9e que celle de son \u00e9poux. Tout le d\u00e9but du c\u00e9r\u00e9monial se d\u00e9roule \u00e0 l&#8217;ext\u00e9rieur, retransmis en direct sur les \u00e9crans g\u00e9ants dans l&#8217;enceinte du chapiteau sous lequel est dress\u00e9e la tribune.<\/p>\n<p>Ne pas rester prisonnier du pass\u00e9<\/p>\n<p>Nous suivons en savourant les notes d&#8217;un ch\u0153ur \u00e9lev\u00e9 par l&#8217;\u00c9cole nationale de musique. Celle-ci nous gratifie d&#8217;une symphonie avec une rythmique \u00e0 vous couper le souffle. Souffle presque haletant au rythme de ce ch\u0153ur jou\u00e9 sur un air mortuaire tr\u00e8s prononc\u00e9 emplissant l&#8217;immense salle accueillant la c\u00e9r\u00e9monie. Un air et une rythmique laissant en chacun de nous un vif sentiment de tristesse, de chaos et de n\u00e9ant. Paradoxalement, dans cette atmosph\u00e8re, c&#8217;est comme si la mort \u00e9tait \u00e0 la fois cach\u00e9e, mais si visible et palpable, partout.<\/p>\n<p>La m\u00e9lodie couvrant les paroles des artistes rend encore davantage pesante une ambiance d\u00e9j\u00e0 tr\u00e8s forte en \u00e9motion. C&#8217;est dans ce cadre lourd et recueilli que le Chef de l&#8217;\u00c9tat, Son Excellence Paul Kagam\u00e9, et son \u00e9pouse entrent sous le chapiteau. Assis juste \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de Madame le ministre de la Culture et des Sports, \u00e0 quelques centim\u00e8tres du Chef de l&#8217;\u00c9tat, j&#8217;eus le temps d&#8217;observer et de noter. Je remarque surtout toute la gravit\u00e9 qui se lit sur les visages et en particulier sur celui charismatique du Chef de l&#8217;\u00c9tat, s&#8217;appr\u00eatant \u00e0 transmettre un message d&#8217;espoir et d&#8217;esp\u00e9rance \u00e0 son peuple. Une adresse qui sera une source d&#8217;inspiration pour les cents jours (7 avril 2018 \/ 4 juillet 2018) de comm\u00e9moration du g\u00e9nocide.<\/p>\n<p>Un fait assez frappant me laissa un sentiment d&#8217;\u00e9tonnement. C&#8217;est le mufti de Kigali qui a \u00e9t\u00e9 appel\u00e9 aux c\u00f4t\u00e9s du Chef de l&#8217;\u00c9tat pour dire une pri\u00e8re pour le repos de l&#8217;\u00e2me de chacune et de chacun du million de victimes. Tout le monde peut comprendre mon \u00e9tonnement, d\u00e8s que l&#8217;on souligne que le Rwanda est un pays chr\u00e9tien dans des proportions \u00e9crasantes. Cela est voulu. Une pri\u00e8re symbolique, m&#8217;a-t-on expliqu\u00e9, pour informer sur le r\u00f4le important jou\u00e9 par les musulmans et magnifier celui de leurs guides dans d&#8217;immenses efforts \u00e0 cette noble fin et les risques pris par eux, pour assurer une protection aux victimes poursuivies par des hordes de miliciens g\u00e9nocidaires encourag\u00e9s et prot\u00e9g\u00e9s par les soldats du r\u00e9gime.<\/p>\n<p>Le pr\u00e9sident de la R\u00e9publique peut maintenant s&#8217;adresser \u00e0 son peuple. Son pragmatisme l\u00e9gendaire et son souci de la pr\u00e9cision se lisent m\u00eame dans les pas qui le conduisent vers le pupitre, d&#8217;o\u00f9 il va s&#8217;exprimer. Un discours court, dense et vrai. Point besoin d&#8217;une dizaine de minutes pour frapper les esprits et atteindre le c\u0153ur d&#8217;un peuple attentif.<\/p>\n<p>Devant le pupitre, quelques bouts de papier sur lesquels sont couch\u00e9es des notes sommaires servent de rep\u00e8res. Cela lui suffit pourtant pour dire l&#8217;essentiel : \u00ab Nous sommes aujourd&#8217;hui r\u00e9unis pour nous souvenir un pass\u00e9 tragique et douloureux pour notre peuple. Un jour, toute la v\u00e9rit\u00e9 sera dite sur ce terrible g\u00e9nocide. Comme dit un proverbe rwandais, la v\u00e9rit\u00e9 traverse le feu mais ne br\u00fble jamais. Quand vous faites le mal chez vous, vous pouvez toujours avoir avec vous des \u00e9trangers pr\u00eats \u00e0 vous aider pour commettre ce mal. Cela a \u00e9t\u00e9 le cas chez nous en 1994 \u00bb.<\/p>\n<p>Le Chef de l&#8217;\u00c9tat poursuit : \u00ab Je vous invite, cependant, \u00e0 ne pas rester prisonniers de notre pass\u00e9. Regardons tout en face, assumons ensemble, pour nous donner les moyens de nous reconstruire, de reconstruire. Ayons confiance en nous. En 24 ans, nous avons redonn\u00e9 espoir au peuple qui a \u00e9t\u00e9 r\u00e9silient. Gardons tous espoir dans l&#8217;avenir \u00bb. Tout est dit dans ces mots simples et sobres. Pragmatique, flegmatique surtout, tant dans sa tenue que dans sa d\u00e9marche alti\u00e8re, Son Excellence, le pr\u00e9sident Paul Kagam\u00e9 prend cong\u00e9 avec son \u00e9pouse, de nous. Le pr\u00e9pos\u00e9 au micro central peut annoncer son d\u00e9part. Tout est fini pour ce matin. Rendez-vous est pris pour une marche silencieuse qui va cl\u00f4turer la premi\u00e8re journ\u00e9e de comm\u00e9moration pr\u00e9vue pour une dur\u00e9e de 100 jours symboliques.<\/p>\n<p>UNE MARCHE FUN\u00c8BRE VERS LE STADE NATIONAL<\/p>\n<p>Le bouquet final de la premi\u00e8re journ\u00e9e ! Deux heures se sont \u00e9coul\u00e9es entre le premier acte de la premi\u00e8re journ\u00e9e de comm\u00e9moration et le clou du c\u00e9r\u00e9monial qui eut lieu, ce samedi 07 avril 2018, au stade national de Kigali, lieu de ralliement des marcheurs. Il est 16 heures 30 minutes quand l&#8217;ambassadeur Abdou Wahab Haidara sonne dans ma chambre pour me rappeler l&#8217;heure de d\u00e9part de la marche, pr\u00e9vue \u00e0 dix-sept heures. Je le rejoins imm\u00e9diatement dans le hall de l&#8217;h\u00f4tel, en moins de cinq minutes, nous avons ralli\u00e9 les marcheurs, venus en tr\u00e8s grand nombre. On les trouve et attendant patiemment sur le parvis du parlement, l&#8217;arriv\u00e9e du Chef de l&#8217;\u00c9tat.<\/p>\n<p>Un cort\u00e8ge de taille plus que moyenne, toute sir\u00e8ne hurlante, s&#8217;immobilise devant le peloton se mettant en place. C&#8217;est la premi\u00e8re dame du pays qui s&#8217;extirpe de la rutilante voiture escort\u00e9e.<\/p>\n<p>Casquette solidement viss\u00e9e sur la t\u00eate, pantalon jean bleu, assorti avec des baskets de couleur bleu ciel, est plac\u00e9e en t\u00eate. Les marcheurs align\u00e9s en bloc de l&#8217;avant vers l&#8217;arri\u00e8re peuvent s&#8217;\u00e9branler. Une marche silencieuse et recueillie, \u00e0 l&#8217;allure fun\u00e8bre, comme si le deuil est \u00e0 l&#8217;instant dans nos rangs qui se dirigent vers le stade national. Je marche \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de notre ambassadeur et du jeune Secr\u00e9taire d&#8217;\u00c9tat aux affaires \u00e9trang\u00e8res. Je d\u00e9note dans cette assembl\u00e9e, avec ma tenue de ville et mes chaussures en cuir, que je suis venu sans la tenue appropri\u00e9e de marcheur.<\/p>\n<p>Si ce n&#8217;\u00e9tait que cela. J&#8217;avais compris, comme on me l&#8217;avait laiss\u00e9 entendre le matin, que la marche, symbolique, \u00e9tait pr\u00e9vue sur une distance de cinq cent m\u00e8tres. Une fausse information. Au finish, trois kilom\u00e8tres, sur une chauss\u00e9e par endroits un peu sur\u00e9lev\u00e9 sous nos pieds \u00e0 un rythme prononc\u00e9 ! La cause en valait bien la peine, mais ce fut \u00e9reintant \u00e0 l&#8217;arriv\u00e9e. Manifestement, la premi\u00e8re dame qui mena avec cadence le cort\u00e8ge a des heures de pratique sportive suivie, dans les pieds. Au bout d&#8217;une trentaine de minutes de trotte, le stade s&#8217;ouvre \u00e0 nous et offre son antre qui absorbe cette masse de marcheurs recueillis et silencieux.<\/p>\n<p>Reconstitution<\/p>\n<p>Le rectangle vert du terrain de foot est occup\u00e9 par de groupes de jeunes filles et gar\u00e7ons habill\u00e9s en tee-shirts bleu, gris et blanc. Ils sont dispos\u00e9s sur l&#8217;aire de jeu \u00e0 la faveur d&#8217;une sc\u00e9nographie bien travaill\u00e9e et laissant appara\u00eetre, par son dispositif, des figures particuli\u00e8res. Tous les jeunes sur le terrain tiennent des cierges allum\u00e9es offrant ainsi un spectacle lumineux sp\u00e9cial, d\u00e8s que l&#8217;intensit\u00e9 de la lumi\u00e8re provenant des puissants projecteurs, install\u00e9s dans les 4 coins du stade, baisse sous l&#8217;effet des man\u0153uvres effectu\u00e9es \u00e0 cette fin par des pr\u00e9pos\u00e9s commis \u00e0 la t\u00e2che.<\/p>\n<p>Dans les gradins du stade, \u00e0 la tribune couverte, les virages et les tribunes d\u00e9couvertes, les bougies illuminent le d\u00e9cor. L&#8217;id\u00e9e de deuil est partout symbolis\u00e9e et mise en \u00e9vidence par la sc\u00e9nographie d&#8217;ensemble. Cette id\u00e9e de deuil est dramatis\u00e9e par les effets auditifs provenant des enceintes dispos\u00e9s dans tout le stade et d\u00e9versant, de fa\u00e7on intermittente, des cris et des hurlements de victimes fuyant des hordes de g\u00e9nocidaires ou subissant leurs atrocit\u00e9s dans un abandon total. Des tirs de rafales reconstitu\u00e9s et des ch\u00e2timents simul\u00e9s fusent \u00e9galement des sources sonores. Des s\u00e9quences de dramatisation \u00e0 souhait du c\u00e9r\u00e9monial voulues et organis\u00e9es auxquelles viennent s&#8217;ajouter des t\u00e9moignages vivants d&#8217;une jeune \u00e9tudiante de l&#8217;\u00e9poque et d&#8217;un gardien d&#8217;\u00e9glise, tous deux rescap\u00e9s des massacres.<\/p>\n<p>Une autre s\u00e9quence tout aussi poignante que les pr\u00e9c\u00e9dentes annonce la fin du c\u00e9r\u00e9monial du jour qui a d\u00e9but\u00e9 depuis 9 heures du matin. Les montres affichent 18 heures 45 minutes. On en a choisi une centaine, parmi les jeunes pr\u00e9sents sur le terrain, \u00e9quitablement r\u00e9partis entre filles et gar\u00e7ons, pour venir d\u00e9cliner, devant la tribune, o\u00f9 est install\u00e9e la premi\u00e8re dame, le nom d&#8217;une centaine de victimes, ayant eu dans les massacres une histoire singuli\u00e8re, bri\u00e8vement racont\u00e9e dans le texte dit par les enfants. Chaque jeune conclut sa d\u00e9claration par les mots f\u00e9tiches du jour: \u00ab Kwibuka24, Twiyubuka \u00bb.<\/p>\n<p>Souvenirs p\u00e9nibles<\/p>\n<p>La c\u00e9r\u00e9monie s&#8217;ach\u00e8ve. Le soleil finit de contourner, dans sa marche vers l&#8217;horizon, les flancs des collines de Jali, Kigali, Kami et Rebora qui ceinturent la ville de Kigali. \u00c9pousant les bordures de l&#8217;horizon, l&#8217;astre solaire projette sur les cimes de ces collines un rouge arc-en-ciel. Celles-ci les refl\u00e8tent sur le stade national, comme pour venir subrepticement \u00e9gayer nos \u00e2mes plong\u00e9es, depuis plus d&#8217;une heure, dans une profonde tristesse par un c\u00e9r\u00e9monial de souvenirs p\u00e9nibles \u00e0 vivre. Cent jours de massacre ! Au sortir desquels un autre Rwanda. Et comme le dit le pr\u00e9sident Kagam\u00e9 : \u00ab le Rwanda sera, non seulement au rendez-vous des civilisations, mais aussi des sciences, des technologies et de toutes les cultures qui dominent le monde \u00bb. Optimiste et sur des pas victorieux du Rwanda marchant vers l&#8217;avenir, il ajoute : \u00ab Bien que nous sommes d\u00e9sormais loin de notre pass\u00e9, faisons bon usage du pr\u00e9sent pour faire mouche au futur. Certes le plus difficile n&#8217;est plus l\u00e0 d&#8217;o\u00f9 nous venons, mais plut\u00f4t l\u00e0 o\u00f9 nous d\u00e9sirons et r\u00eavons d&#8217;aller. Au Rwanda, nous d\u00e9sirons et r\u00eavons d&#8217;aller loin gr\u00e2ce \u00e0 ce peuple et \u00e0 cette jeunesse d\u00e9sormais consciente \u00bb.<\/p>\n<p>Quand on descend \u00e0 Kigali, on est fascin\u00e9 par la marche de ce pays, mais on est aussi frapp\u00e9 par toute la dynamique proc\u00e9dant du charisme d&#8217;un homme : Paul Kagam\u00e9 et surtout par le leadership transformationnel qu&#8217;il incarne dans la conduite du destin de son peuple. On lui emprunte de nouveau ses mots pour conclure ce reportage : \u00ab si notre pays est au rang premier en Afrique, et que le monde entier nous observe aujourd&#8217;hui, ce n&#8217;est pas parce que nous avons le Vatican, la Kabbaa, la Maison blanche, l&#8217;\u00c9lys\u00e9e ou le Taj Mahal ici chez nous (&#8230; ) non pas que vous avez Paul Kagam\u00e9 comme Chef d&#8217;\u00c9tat, mais parce que vous avez des fils et des filles du Rwanda (&#8230; ) qui se sont pardonn\u00e9s entre eux, et qui ont pris le destin de leur pays en mains par le sens du travail, des innovations et du patriotisme comme \u00e9tant la cl\u00e9 de leur progr\u00e8s et de leur d\u00e9veloppement \u00bb. Le g\u00e9nocide de 1994 renvoie, dans notre esprit et dans son impact ce que furent l&#8217;\u00e8re du Meiji (1868-1912) pour le Japon, la Grande R\u00e9volution culturelle prol\u00e9tarienne (1966-1976) pour la Chine. Le Meiji a construit le Japonais d&#8217;aujourd&#8217;hui, la R\u00e9volution culturelle le Chinois qui \u00e9tonne le monde actuel. Le g\u00e9nocide du Rwanda a permis de r\u00e9inventer le Rwandais.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le Journaliste s\u00e9n\u00e9galais Abdou Lactif Coulibaly vient de s\u00e9journer au Rwanda depuis ce d\u00e9but d&#8217;Avril o\u00f9 il a particip\u00e9 aux c\u00e9r\u00e9monies de la 24\u00e8 comm\u00e9moration de la m\u00e9moire des victimes du g\u00e9nocide perp\u00e9tr\u00e9 contre les Tutsi du Rwanda. Il et reparti avec des images et couleurs diverses du paysage actuel du pays autrefois, en 1994, mis \u00e0 plat en faillite totale par les hordes g\u00e9nocidaires. 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