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Washington juge « peu probable » un accord avec Cuba
S’exprimant ce jeudi avant son départ pour une réunion de l’OTAN en Suède, Marco Rubio a affirmé que l’administration du président Donald Trump privilégiait toujours une solution diplomatique et pacifique avec Cuba, tout en reconnaissant « un scepticisme face aux autorités cubaines actuelles ».
Ces déclarations interviennent alors que les relations entre les deux pays connaissent une nouvelle phase d’escalade diplomatique et politique.
En effet, Washington a multiplié ces derniers jours les sanctions contre des responsables cubains ainsi que contre le puissant conglomérat militaire cubain ‘GAESA’, accusé par les États-Unis de contrôler une grande partie de l’économie de l’île.
Parallèlement, l’administration Trump a récemment intensifié la pression sur le gouvernement du président cubain Miguel Díaz-Canel, notamment après l’annonce de poursuites judiciaires américaines visant l’ancien dirigeant cubain Raúl Castro pour son rôle présumé dans la destruction, en 1996, de deux avions civils appartenant au groupe anticastriste Brothers to the Rescue.
Les autorités cubaines ont vivement dénoncé ces accusations, qualifiant la politique américaine de « campagne d’agression » et rejetant les accusations de soutien au terrorisme formulées par Washington.
Une relation marquée par des décennies de tensions
Les relations entre les États-Unis et Cuba restent profondément marquées par l’héritage de la révolution cubaine de 1959 menée par Fidel Castro.
Après la chute du régime soutenu par Washington, Cuba s’est rapprochée de l’Union soviétique, provoquant une rupture diplomatique avec les États-Unis au début des années 1960.
Washington a ensuite imposé un embargo économique contre l’île, toujours en vigueur aujourd’hui malgré plusieurs assouplissements temporaires.
Les tensions ont atteint leur paroxysme lors de la Crise des missiles de Cuba, après que des avions espions américains U-2 ont photographié des rampes de lancement de missiles balistiques soviétiques en cours de construction à Cuba, à seulement 150 kilomètres des côtes de la Floride.
Pour l’URSS – dirigée alors par Nikita Khrouchtchev – installer ces missiles chez l’allié cubain de Fidel Castro permettait de rééquilibrer les forces, les États-Unis disposant déjà de missiles nucléaires pointés vers l’Union soviétique depuis la Turquie et l’Italie.
Cette période reste considérée comme l’un des moments les plus dangereux de la guerre froide, le monde ayant frôlé un affrontement nucléaire entre les deux superpuissances.
Au fil des décennies, les relations bilatérales ont alterné entre périodes de confrontation et tentatives de rapprochement. En 2014, le président américain Barack Obama et Raúl Castro avaient annoncé une normalisation historique des relations diplomatiques, conduisant à la réouverture des ambassades dans les deux pays.
Cependant, ce rapprochement a été largement remis en cause lors du premier mandat de Donald Trump, qui avait rétabli plusieurs sanctions économiques et renforcé les restrictions visant Cuba.
Depuis son retour à la Maison-Blanche, l’administration Trump adopte une ligne encore plus dure envers La Havane, accusée de coopérer avec des adversaires stratégiques des États-Unis comme la Russie, la Chine et l’Iran, le président américain ayant même évoqué l’éventualité d’une intervention militaire dans le pays.
