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Sénégal : démission du président de l’Assemblée nationale
Dans un message publié sur les réseaux sociaux, Malick Ndiaye a affirmé avoir pris cette décision « après une profonde réflexion », évoquant un « choix personnel » guidé par « l’intérêt supérieur de la Nation » et sa « conception des institutions ».
Cette démission est interprétée à Dakar comme un nouvel épisode du bras de fer opposant désormais les deux figures majeures du parti Pastef, arrivées au pouvoir en 2024 sur fond de promesses de rupture, de réformes institutionnelles et de lutte contre la corruption.
Une rupture politique spectaculaire
Ousmane Sonko a été évincé par Bassirou Diomaye Faye, une décision annoncée vendredi soir à la télévision nationale et qui marque l’aboutissement de plusieurs mois de tensions au sommet de l’État sénégalais, le chef de l’État ayant également dissous l’ensemble du gouvernement.
Longtemps considérés comme inséparables, Faye et Sonko avaient construit ensemble l’ascension du Pastef. Empêché de se présenter à l’élection présidentielle de 2024 à la suite d’une condamnation judiciaire, Sonko avait soutenu la candidature de Diomaye Faye, alors détenu en prison. Quelques jours après leur libération, Faye remportait l’élection présidentielle avec 54 % des suffrages.
Mais, au fil des mois, des divergences profondes sont apparues entre les deux hommes, notamment sur les questions économiques, les relations avec le Fonds monétaire international (FMI) et la gestion de la dette publique sénégalaise.
La démission de Malick Ndiaye pourrait désormais ouvrir la voie à un retour d’Ousmane Sonko au Parlement. Le Pastef dispose d’une large majorité à l’Assemblée nationale avec 130 sièges sur 165, ce qui pourrait permettre à l’ancien Premier ministre de briguer le perchoir dès les prochains jours.
Les députés doivent se réunir mardi afin d’examiner la réintégration parlementaire de Sonko et désigner un nouveau président de l’Assemblée nationale. S’il obtenait ce poste, Sonko deviendrait le deuxième personnage de l’État, renforçant considérablement son poids politique face au président Diomaye Faye.
Cette crise intervient dans un contexte économique particulièrement sensible pour le Sénégal. Le pays tente actuellement de relancer ses discussions avec le FMI après la suspension d’un programme d’aide de 1,8 milliard de dollars, liée à la découverte d’une dette cachée héritée de l’administration précédente.
Avant le départ de Sonko, le ministre des Finances, Cheikh Diba, avait indiqué que Dakar espérait reprendre les négociations avec l’institution financière internationale dès le mois de juin.
Pendant ce temps, Ousmane Sonko reste silencieux publiquement depuis son limogeage. Selon plusieurs médias sénégalais, il devrait toutefois prendre la parole lors du congrès national du Pastef prévu le 6 juin prochain, un rendez-vous très attendu qui pourrait clarifier l’avenir politique du pays.
