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RDC : un hôpital traitant des malades d’Ebola de nouveau attaqué
L’incident intervient alors que la République démocratique du Congo fait face à une recrudescence des cas liés au virus Ebola de la souche Bundibugyo.
Selon plusieurs sources locales, les violences se sont produites dans un contexte de forte insécurité. Des affrontements opposaient, au même moment, les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) aux combattants du FPIC, également connu sous le nom de « Chini ya Kilima », dans les environs de Nyankunde et Marabo.
Ces combats auraient été déclenchés après la mort du chef du groupe armé, Herabo Tondabo, alias « Général Hérode », qui a succombé à ses blessures à l’hôpital de Nyankunde, à la suite d’une attaque menée par quatre hommes armés dans son bar. Accusant les FARDC d’être responsables de sa mort, ses combattants ont attaqué des positions de l’armée.
Toutefois, des acteurs locaux indiquent que l’attaque contre l’hôpital a été déclenchée par un autre événement : le décès d’une femme enceinte admise en urgence à la suite d’une importante hémorragie.
D’après des témoignages recueillis sur place, la patiente devait recevoir une transfusion sanguine, mais le sang compatible attendu depuis Bunia, située à une quarantaine de kilomètres, n’est pas arrivé à temps. Les proches de la victime affirment avoir proposé de donner leur propre sang, sans succès, avant que la femme ne succombe.
La situation s’est ensuite aggravée lorsque les responsables de l’établissement ont refusé de remettre immédiatement le corps à la famille, invoquant les protocoles sanitaires liés à la lutte contre Ebola. Des habitants ont alors vandalisé les installations du Centre de traitement d’Ebola (CTE), obligeant les médecins et les équipes humanitaires à se barricader avant d’être évacués.
Profitant de la confusion, quatre patients atteints d’Ebola se sont échappés de l’hôpital, alimentant les craintes d’une propagation accrue de la maladie. Seuls trois malades étaient encore hospitalisés après les incidents.
Les échanges de tirs entre les FARDC et les combattants du FPIC Chini ya Kilima se sont poursuivis jusque dans la matinée de ce 16 juillet, aggravant davantage la situation.
À la suite de ces incidents, des équipes de plusieurs organisations, dont l’Africa CDC et l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), ont quitté Nyankunde pour rejoindre Bunia, un départ qui risque de fragiliser davantage la réponse sanitaire dans une zone figurant parmi les principaux foyers de l’épidémie, alors que des centres de traitement y avaient été mis en place afin de renforcer les capacités de prise en charge au cœur de l’épicentre de l’épidémie.
Déclarée le 15 mai 2026, l’épidémie d’Ebola due au virus Bundibugyo continue de s’étendre dans l’est de la RDC. Selon les dernières données sanitaires, le pays recensait, au 16 juillet, 2 073 cas confirmés, 796 décès et 377 personnes guéries. La province de l’Ituri demeure l’épicentre de l’épidémie, avec Nyankunde, Bunia, Rwampara et Mongbwalu parmi les zones de santé les plus touchées.

