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RDC : 24 patients atteints d’Ebola toujours en fuite
Le premier incident s’est produit le 21 mai à l’hôpital principal de Rwampara, lorsque des habitants ont tenté d’y récupérer de force le corps d’un proche, suspecté d’avoir été infecté par Ebola, afin de procéder à son enterrement.
Après le refus de l’établissement de remettre la dépouille, la situation a dégénéré en violences, les manifestants ayant incendié des tentes utilisées pour les soins, détruit des lits et endommagé plusieurs véhicules, dont des ambulances.
Ces troubles ont entraîné la fuite de six patients hospitalisés, dont trois cas confirmés d’Ebola. Si les autorités affirment qu’ils ont ensuite été ramenés dans la structure sanitaire, l’incident a mis en évidence la fragilité du dispositif de prise en charge dans un contexte de tension communautaire.
Pour rétablir l’ordre à Rwampara, des unités de police ont été déployées et ont procédé à des tirs de sommation. Les autorités provinciales ont depuis renforcé la sécurité et adopté des mesures restrictives, notamment l’interdiction des veillées funèbres et la suspension des activités sportives de masse comme le football.
Cependant, un second épisode survenu dans la nuit du 22 au 23 mai à Mongbwalu a aggravé la situation. Des individus non identifiés ont pris pour cible le principal centre hospitalier de la localité, incendiant une tente destinée à l’isolement des cas suspects d’Ebola. À la suite de cette attaque, 18 patients suspectés d’être infectés ont pris la fuite.
Mongbwalu est considéré comme l’épicentre de l’épidémie dans l’est de la RDC, avec 339 cas suspects recensés sur un total de 930 jusqu’au 24 mai. À Rwampara, 228 cas suspects ont été enregistrés, tandis que 69 décès y sont soupçonnés d’être liés à la maladie. Les cas confirmés dans cette zone s’élèvent à 32.
Au niveau national, le ministère de la Santé de la RDC indique qu’au 24 mai, 221 décès sont suspectés d’être liés à Ebola, tandis que 101 cas ont été officiellement confirmés.
Dans ce contexte déjà critique, les autorités sanitaires expriment une vive inquiétude face au sort des 24 patients toujours en fuite, dont certains pourraient être porteurs du virus, une situation qui fait peser un risque sérieux de nouvelles chaînes de contamination et complique davantage le contrôle de l’épidémie dans la région.
