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Procès Rwamucyo : l’accusé reconnaît son inscription dans l’agenda de Nyiramasuhuko
Le Collectif des Parties Civiles pour le Rwanda (CPCR) soutient, pour sa part, qu’il entretenait une relation ancienne et étroite avec l’ancienne ministre de la Famille et de la Promotion féminine du gouvernement intérimaire mis en place pendant le génocide des Tutsi au Rwanda en 1994.
L’organisation affirme aussi que le nom du médecin apparaît à plusieurs reprises dans l’agenda personnel de Nyiramasuhuko, où sont également mentionnées des réunions auxquelles ils auraient participé ensemble dans le cadre de l’organisation de massacres visant les Tutsi pendant le génocide.
Le CPCR indique que ces éléments ont été examinés dans le cadre du procès en appel du Dr Rwamucyo, ouvert le 9 juin 2026 devant la Cour d’assises de Paris.
Pauline Nyiramasuhuko est une ancienne femme politique rwandaise, ministre de la Famille et de la Promotion féminine au sein du gouvernement intérimaire mis en place pendant le génocide perpétré contre les Tutsi en 1994.
Originaire de Butare, elle a été reconnue coupable d’avoir planifié et ordonné des massacres de Tutsi, ainsi que d’avoir incité à des viols et à d’autres crimes visant les femmes tutsies.
Par ailleurs, un témoin affirmant connaître le Dr Rwamucyo depuis 1993 a déclaré, le 3 juillet, lors d’une audition dans le cadre du procès en appel de l’accusé, l’avoir vu à une barrière à Butare aux côtés de plusieurs membres de la famille de Maurice Ntahobali, notamment Pauline Nyiramasuhuko, son fils Arsène-Shalom Ntahobali et Chrysostome Nkezabahizi, alors directeur de l’ONAPO.
Notant que les individus cités portaient des uniformes militaires et étaient armés, le témoin a ajouté que ce sont eux qui semblaient donner des ordres aux Interahamwe responsables des massacres de Tutsi.
Le 7 juillet, interrogé sur ces accusations, le Dr Rwamucyo a rejeté tout lien avec Pauline Nyiramasuhuko, déclarant « ne pas la connaître, n’avoir jamais échangé avec elle ni participé à une quelconque réunion en sa compagnie », précisant seulement « qu’ils s’étaient croisés une fois dans les locaux de l’ONAPO à Butare ».
Invité à s’expliquer sur la présence de son nom dans l’agenda de l’ancienne ministre, il a d’abord affirmé qu’il s’agissait d’un autre « Eugène Rwamucyo » vivant à Butare.
Le 9 juillet, le ministère public a toutefois relevé que son numéro de téléphone figurait également dans cet agenda. Le Dr Rwamucyo a maintenu, dans un premier temps, qu’il appartenait à cet autre « Eugène Rwamucyo de Butare ».
Alors que les questions sur sa relation avec Pauline Nyiramasuhuko se poursuivaient, il a finalement modifié sa version. Il a déclaré « qu’il s’interrogeait sur les raisons pour lesquelles son nom figurait en dernière position dans la liste des contacts et que l’écriture différait du reste du document ».
Au terme de cet échange, le Dr Rwamucyo a finalement reconnu que le « Eugène Rwamucyo » mentionné dans l’agenda de Pauline Nyiramasuhuko était bien lui, tout en soutenant que « son nom y avait été inscrit sans qu’il en ait été informé », des explications qui ont davantage renforcé les suspicions sur les relations entretenues par Rwamucyo et Nyiramasuhuko.

