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Le Rwanda procède au test d’un injectable contre le paludisme
Baptisé MMV371, le médicament est développé par ‘Medicines for Malaria Venture’ (MMV) en collaboration avec l’organisation rwandaise de recherche en santé ‘Rinda Ubuzima’. Les deux partenaires ont annoncé le lancement de l’essai le 2 novembre 2026.
Il s’agit du premier essai de phase 1b mené en Afrique sur un médicament injectable destiné à assurer une protection prolongée contre le paludisme. Il fait suite à des recherches conduites au Royaume-Uni, dont les résultats ont permis de poursuivre son développement.
À ce stade, l’objectif principal est d’évaluer la sécurité du médicament, ses éventuels effets indésirables et la manière dont il reste dans l’organisme. La protection pendant trois mois constitue un objectif que les chercheurs doivent encore confirmer. Il n’est donc pas encore établi que le médicament protégera effectivement contre le paludisme pendant toute cette période.
L’essai prévoit la participation d’environ 80 personnes âgées de 12 à 50 ans, qui seront suivies par Rinda Ubuzima à Kigali. Les participants devront donner leur consentement après avoir été informés des conditions de l’étude. Pour les mineurs, l’autorisation des parents ou des tuteurs sera également requise. Les femmes enceintes ou allaitantes ne pourront pas participer.
Trois participants sur quatre recevront le MMV371, tandis que les autres recevront un placebo. Ni les participants ni les chercheurs chargés de leur suivi ne sauront quelle injection a été administrée avant la fin de l’étude.
Les participants seront suivis pendant 24 semaines, avec deux nuits prévues sur le site de recherche et 15 visites de suivi. Les chercheurs surveilleront leur état de santé, la concentration du médicament dans le sang ainsi que l’apparition éventuelle de cas de paludisme.
Le MMV371 est conçu pour libérer progressivement son principe actif. Une fois injecté, il se transforme en atovaquone, une substance déjà utilisée dans le médicament oral Malarone pour la prévention du paludisme. L’objectif est de maintenir le médicament dans l’organisme suffisamment longtemps afin de réduire la fréquence des prises nécessaires pour prévenir la maladie.
L’essai intervient alors que le paludisme reste un problème de santé publique au Rwanda. En 2025/2026, son incidence était de 72 cas pour 1 000 habitants, contre 76 pour 1 000 l’année précédente. Elle demeure toutefois supérieure aux 45 cas pour 1 000 habitants enregistrés en 2023/2024.
Pour Marie Michele Umulisa, directrice générale de Rinda Ubuzima, cet essai illustre l’importance des partenariats permettant aux chercheurs africains de participer au développement de solutions destinées aux problèmes de santé qui touchent leurs populations.
Le Dr Joyce Eugénie, médecin au Centre de santé de Gatenga, estime pour sa part que les personnes vivant loin des services de santé pourraient particulièrement bénéficier d’une méthode de prévention à longue durée d’action, si celle-ci est finalement approuvée et rendue accessible.
Elle cite notamment le cas d’un garçon de 14 ans atteint d’une forme grave de paludisme, dont la famille avait d’abord eu recours à la médecine traditionnelle avant de consulter. L’enfant avait ensuite développé de graves complications, selon elle, illustrant l’importance de la prévention et d’une prise en charge précoce.
La question de l’accessibilité financière reste également ouverte. Dr Cristina Donini, responsable de la recherche et du développement des médicaments à MMV, a indiqué au Telegraph que le prix du MMV371 n’était pas encore connu. Elle a toutefois précisé que la capacité des personnes qui en auront besoin à accéder au médicament fait partie des éléments pris en compte dans son développement.
