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Le Rwanda et Israël signent deux accords de coopération dans l’éducation et le développement
Les accords ont été conclus ce lundi à Jérusalem, à l’occasion d’une rencontre entre le ministre rwandais des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, l’ambassadeur Olivier Nduhungirehe, et son homologue israélien, Gideon Sa’ar.
Le premier accord instaure un cadre de coopération entre les gouvernements du Rwanda et d’Israël dans plusieurs domaines stratégiques, notamment l’enseignement de base, les technologies de l’information et de la communication (TIC), l’enseignement et la formation techniques et professionnels (EFTP), l’enseignement supérieur ainsi que la recherche scientifique.
Le second prend la forme d’un protocole d’accord entre MASHAV, l’Agence israélienne de coopération internationale pour le développement, et la Rwanda Cooperation Initiative, une structure relevant du ministère rwandais des Affaires étrangères et de la Coopération internationale. Cet accord vise à renforcer la coopération en matière de développement, à favoriser le partage d’expertise et à promouvoir l’échange de solutions locales innovantes.
À l’issue de la cérémonie de signature, le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Sa’ar, a souligné le fait que le Rwanda et Israël partagent une histoire marquée par des tragédies, mais également par une remarquable capacité à se reconstruire.
« Israël et le Rwanda sont deux petites nations au passé difficile, mais qui croient profondément en l’avenir. Le peuple juif a subi l’Holocauste et le Rwanda a enduré le génocide contre les Tutsi. Malgré ces tragédies, nos peuples ont choisi de reconstruire leur avenir plutôt que de se laisser définir par leur passé », a-t-il déclaré.
Selon lui, cette expérience commune a créé un « lien moral et naturel unique » entre les deux pays, appelé à se renforcer davantage à travers la coopération dans les domaines de la mémoire, de l’éducation, de l’innovation, de l’agriculture et du développement du leadership.
Le chef de la diplomatie israélienne a également salué les performances économiques du Rwanda, qu’il a qualifié de l’une des économies les plus dynamiques du continent africain, portée par une vision ambitieuse en matière d’innovation et de développement.
Par ailleurs, Gideon Sa’ar a exprimé le soutien d’Israël à la mise en œuvre intégrale de l’accord de paix conclu entre le Rwanda et la République démocratique du Congo dans le cadre des Accords de Washington, réaffirmant l’engagement de son pays en faveur de la paix et de la sécurité dans la région des Grands Lacs.
De son côté, l’ambassadeur Olivier Nduhungirehe a qualifié ses échanges avec son homologue israélien de « constructifs et tournés vers l’avenir », estimant qu’ils ont permis de consolider les bases des relations bilatérales et d’identifier de nouvelles perspectives de coopération.
Avant les entretiens officiels, le ministre rwandais s’est rendu dans la vieille ville de Jérusalem, où il a visité le Mur des Lamentations ainsi que le mémorial de l’Holocauste de Yad Vashem. À cette occasion, il a rencontré le président de cette institution, Dani Dayan, qui s’était rendu à Kigali lors du Kwibuka 32, la commémoration annuelle du génocide perpétré contre les Tutsi en 1994.
M. Nduhungirehe a expliqué que cette visite lui avait permis de réfléchir aux tragédies qui ont marqué les histoires du Rwanda et d’Israël, ainsi qu’à l’importance de préserver la mémoire et de promouvoir la paix.
« Lorsque j’étais enfant, j’ai découvert l’Holocauste à travers des films. Je pensais qu’il s’agissait d’une fiction jusqu’au jour où j’ai compris que c’était une réalité historique. Puis, une tragédie similaire a frappé mon propre pays », a-t-il déclaré, estimant que ces expériences rappellent jusqu’où peut aller la cruauté humaine.
Le chef de la diplomatie rwandaise a en outre assuré que les liens entre le Rwanda et Israël vont bien au-delà des relations diplomatiques.
« Nos deux pays sont marqués par des histoires difficiles et des tragédies profondes. Mais ce qui nous définit avant tout, c’est la résilience de nos peuples et notre détermination à transformer l’adversité en progrès. »
Le ministre Nduhungirehe a par ailleurs insisté sur le fait que les deux accords signés à Jérusalem témoignent d’une volonté commune de renforcer les échanges académiques, les programmes de formation, le développement des compétences et les partenariats institutionnels.
« L’accord entre MASHAV et la Rwanda Cooperation Initiative reflète notre engagement commun à partager nos expériences en matière de développement et nos solutions innovantes.
Quant à l’accord sur l’éducation, il renforcera la coopération entre les établissements des deux pays, favorisera les échanges universitaires, les programmes de formation et le renforcement des capacités », a-t-il indiqué.
Les deux délégations ont également échangé sur les défis sécuritaires auxquels leurs régions respectives sont confrontées et ont réaffirmé l’importance du dialogue, de la diplomatie et de la coopération internationale pour promouvoir la stabilité et le développement.
Pour Olivier Nduhungirehe, les accords conclus à Jérusalem marquent une nouvelle étape dans le partenariat entre Kigali et Tel-Aviv et devraient insuffler une nouvelle dynamique aux relations entre les deux pays, au bénéfice de leurs populations respectives.



