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À l’IAFS 2026, le Rwanda renforce son ambition de devenir un hub africain des sciences forensiques
Cette coopération a été obtenue lors de la conférence internationale « International Association of Forensic Sciences (IAFS 2026) », consacrée au développement des preuves scientifiques et technologiques utilisées dans le système judiciaire, organisée dans la ville de Sofia, en Bulgarie.
Cette conférence internationale réunit des chercheurs, des scientifiques, des experts en technologies ainsi que d’autres professionnels afin d’échanger sur les solutions aux défis auxquels le secteur est confronté.
Le Rwanda y est représenté par le Rwanda Forensic Institute (RFI), en collaboration avec l’African Forensic Sciences Academy (AFSA), dont le siège est installé à Kigali depuis 2022.
Dans un entretien accordé à IGIHE, le Directeur général du RFI, Dr Charles Karangwa, a indiqué que cette conférence, ouverte le 25 mai 2026, a permis au Rwanda d’acquérir une riche expérience ainsi que de nouveaux partenaires.
Il a expliqué que le RFI poursuit son expansion dans le domaine des sciences forensiques appliquées à la justice, en offrant désormais ses services non seulement aux Rwandais, mais également à des ressortissants étrangers.
« À titre d’exemple, l’année dernière nous avons accueilli des visiteurs venant de 45 pays. Beaucoup viennent au Rwanda pour le tourisme, mais profitent également des services offerts par le RFI », a-t-il déclaré.
Le RFI se distingue par le fait qu’il regroupe plus de dix laboratoires au sein d’une même institution, contrairement à plusieurs pays où ces laboratoires sont répartis entre différentes structures, notamment militaires, souvent peu accessibles aux civils ou très coûteux.
Grâce aux nombreuses conférences organisées au Rwanda ainsi qu’à sa participation aux rencontres internationales, le RFI gagne progressivement en notoriété. Cela permet à plusieurs visiteurs de découvrir les lacunes existant dans leurs propres pays et de se tourner vers le Rwanda pour bénéficier de ces services.
Selon Dr Karangwa, de nombreux visiteurs considèrent que dans leurs pays, ces services relèvent souvent des structures sécuritaires ou restent financièrement inaccessibles.
« Certains disent : “Ces services sont rattachés aux institutions de sécurité chez nous et coûtent très cher. Je préfère profiter de mes vacances au Rwanda, découvrir le pays et en même temps faire analyser mes échantillons au RFI.” Grâce au soutien de l’État rwandais, les coûts restent abordables. Plus nous accueillerons de clients, plus les prix pourront également diminuer pour les Rwandais », a-t-il expliqué.
Pour Dr Karangwa, la participation à l’IAFS 2026 constitue une étape importante dans l’ouverture internationale du RFI, plusieurs participants ayant déjà manifesté leur intérêt pour une collaboration avec le Rwanda.
Le RFI mène actuellement plusieurs projets inscrits dans le cadre du programme quinquennal de développement accéléré du Rwanda, notamment l’ouverture de branches dans toutes les provinces du pays ainsi que l’expansion de l’institution à l’échelle africaine.
Dr Karangwa a également souligné que cette conférence a permis au Rwanda de renforcer ses relations avec d’autres institutions cherchant elles aussi à étendre leurs activités et à partager leurs expériences.
« Aujourd’hui, nous avons organisé une réunion réunissant des représentants africains. C’était l’occasion de présenter nos capacités afin qu’ils apprennent à nous connaître et que nous puissions mieux collaborer. Être ici est extrêmement bénéfique, car beaucoup de participants venant de pays très développés avaient du mal à croire que le Rwanda dispose de laboratoires comparables à ceux des États-Unis ou de l’Europe. Ils nous posaient des questions sur nos équipements technologiques, et nous leur expliquions en détail nos capacités », a-t-il déclaré.
Concernant l’organisation centralisée des services forensiques au Rwanda, contrairement à plusieurs pays où ces services dépendent de différentes institutions, le RFI explique que cette approche répond à la volonté du Rwanda de garantir une justice fiable et moderne.
« En tant que pays profondément marqué par le génocide perpétré contre les Tutsi, il était nécessaire de s’appuyer sur des preuves scientifiques afin de garantir une justice incontestable. Chaque Rwandais doit pouvoir avoir confiance dans une justice fondée sur la science et difficilement contestable », a affirmé Dr Karangwa.
La promotion des activités du RFI ainsi que les démarches visant à étendre ses services en Afrique figurent parmi les avancées réalisées lors de cette conférence organisée en Bulgarie.
Le Rwanda prévoit également la création d’une école africaine de référence destinée à former les professionnels des sciences forensiques. Selon Dr Karangwa, cette conférence a permis de mieux faire connaître ce projet et d’en assurer le plaidoyer.
L’IAFS a été fondée en 1957 et est aujourd’hui considérée comme la principale plateforme mondiale dédiée aux sciences forensiques appliquées à la justice.
Les précédentes éditions de la conférence IAFS ont eu lieu en Europe, en Amérique du Nord, en Asie et en Océanie. Ni l’Afrique ni l’Amérique du Sud n’ont encore accueilli cet événement.
Le Rwanda avait soumis sa candidature pour accueillir l’édition 2029, en concurrence avec le Royaume-Uni, le Brésil, le Mexique et l’Arabie saoudite. C’est finalement le Brésil qui a été retenu.
Dr Karangwa a expliqué :
« Le Brésil a été choisi parce qu’il s’agissait de sa troisième candidature. Le comité a également tenu compte du fait que l’Amérique du Sud et l’Afrique sont les seuls continents n’ayant jamais accueilli cette conférence. Les membres du jury nous ont encouragés à nous représenter dans trois ans, estimant qu’après l’Amérique du Sud, ce sera probablement le tour de l’Afrique. »
Au-delà de la visibilité internationale obtenue, le Rwanda a également conclu des partenariats avec une institution relevant du ministère de la Justice de Turquie ainsi qu’avec une institution française.
Dr Karangwa a enfin indiqué :
« Nous préparons également la conférence de l’AFSA prévue en 2027. Cette rencontre nous a permis d’en faire la promotion et d’inviter plusieurs participants, dont beaucoup ont déjà confirmé leur intérêt à y prendre part. »
karirima@igihe.com





















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