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Le Mozambique confirme le financement du maintien des troupes rwandaises à Cabo Delgado
Cette annonce constitue une confirmation officielle de Maputo, intervenant dans un contexte d’incertitudes sur la continuité du financement de la mission, après que l’Union européenne ait exprimé une réticence à poursuivre son soutien via la Facilité européenne pour la paix (EPF).
S’exprimant vendredi à Maputo devant la presse, le porte-parole du gouvernement et ministre de l’Administration d’État, Inocêncio Impissa, a indiqué que la présence des troupes rwandaises demeure essentielle, alors que le Mozambique poursuit le renforcement de ses capacités de défense.
« Je ne connais pas les coûts ni la durée de leur présence, mais les accords préciseront cette question dans un avenir proche. Toutefois, ce renfort nous permet de continuer à développer les capacités de notre pays », a-t-il déclaré, ajoutant que cette coopération permet au Mozambique de disposer du temps nécessaire pour réorganiser et moderniser ses forces armées.
« Cela nous donne le temps de poursuivre la réorganisation de nos forces en matière de capacités, d’équipements et de technologies, entre autres, tout en bénéficiant du soutien de forces amies qui sécurisent la région », a-t-il souligné.
Déployées en juillet 2021 à la demande du gouvernement mozambicain, les forces rwandaises interviennent dans la lutte contre une insurrection djihadiste active depuis 2017 dans la province de Cabo Delgado. Leur intervention est largement reconnue pour avoir permis la reconquête de plusieurs zones stratégiques, notamment Palma et Mocímboa da Praia, ainsi que le retour progressif de populations déplacées.
Cette confirmation intervient après des déclarations, en mars, du ministre rwandais des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Amb. Olivier Nduhungirehe, selon lesquelles le gouvernement mozambicain s’était engagé à financer directement la mission, dans un contexte de désengagement progressif de certains États membres de l’Union européenne.
Le ministre avait alors réaffirmé la solidité du partenariat entre Kigali et Maputo, soulignant les résultats obtenus par la mission, notamment l’amélioration de la sécurité, la réouverture d’écoles et d’entreprises, ainsi que le retour de nombreuses familles déplacées.
Il a également estimé que cette stabilisation avait permis de créer les conditions favorables à la reprise de grands investissements énergétiques internationaux, notamment des projets de gaz naturel liquéfié (GNL) évalués à environ 50 milliards de dollars, portés par des entreprises européennes et américaines.
L’Union européenne a, pour sa part, apporté environ 20 millions d’euros via l’EPF pour soutenir le déploiement des forces rwandaises. Kigali soutient toutefois que cette contribution ne couvre qu’une fraction des coûts réels de l’opération, affirmant avoir engagé des dépenses au moins dix fois supérieures.
La question du financement a pris une importance particulière après les avertissements des autorités rwandaises indiquant que le maintien du déploiement pourrait être réexaminé en l’absence d’un financement durable.
En août dernier, le Rwanda et le Mozambique ont renouvelé leur accord sur le statut des forces (SOFA) relatif à la lutte contre le terrorisme, lors d’une visite du président mozambicain Daniel Chapo à Kigali. Ce renouvellement a prolongé la présence des forces rwandaises à Cabo Delgado, le chef de l’État saluant une coopération ayant contribué au retour progressif de la stabilité.
Sur le plan économique, les progrès sécuritaires enregistrés par les forces mozambicaines et rwandaises ont également favorisé la relance des perspectives dans la région. L’insurrection avait contraint le groupe énergétique français ‘TotalEnergies’ à suspendre la construction de son projet de GNL et à déclarer un cas de force majeure en 2021.
À la suite de l’amélioration de la situation sécuritaire, l’entreprise a levé cette mesure et a conclu, en janvier dernier, un accord avec le gouvernement mozambicain pour la reprise des travaux.
Alors que le Mozambique poursuit ses efforts pour renforcer ses capacités nationales de défense et de sécurité, les autorités estiment que la présence des troupes rwandaises demeure un pilier essentiel pour maintenir la stabilité et prévenir toute résurgence de l’insurrection dans la région de Cabo Delgado.
