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Le ministre Nduhungirehe fait le point sur la Francophonie, la sécurité régionale et Cabo Delgado
Cette position a été exposée ce vendredi par le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Amb. Olivier Nduhungirehe, lors d’une rencontre avec les diplomates accrédités au Rwanda.
Les discussions ont notamment porté sur la sécurité dans la région des Grands Lacs, les prochaines élections à la tête de la Francophonie, la coopération sécuritaire entre le Rwanda et le Mozambique ainsi que les mesures de prévention contre l’épidémie d’Ebola qui touche actuellement la République démocratique du Congo et l’Ouganda.
À cette occasion, les autorités rwandaises ont présenté les dispositifs mis en place aux frontières afin de prévenir l’introduction du virus Ebola sur le territoire national, notamment le contrôle renforcé des voyageurs et d’autres mesures de surveillance sanitaire.
Louise Mushikiwabo candidate à un troisième mandat
L’élection du prochain secrétaire général de l’OIF se tiendra en novembre prochain au Cambodge. Le Rwanda a officiellement présenté la candidature de Louise Mushikiwabo pour un nouveau mandat à la tête de l’organisation.
Lors de la Conférence ministérielle de la Francophonie tenue à Kigali en novembre 2025, plusieurs États membres avaient en outre exprimé leur souhait de voir Louise Mushikiwabo présenter sa candidature pour un nouveau mandat à la tête de l’organisation.
En janvier 2026, Kigali a officiellement déposé sa candidature. Élue une première fois en 2018, Louise Mushikiwabo avait été reconduite pour un second mandat en novembre 2022.
Selon le ministre Nduhungirehe, son bilan a largement contribué à renforcer le rôle et l’influence de la Francophonie sur la scène internationale.
« Mme Louise Mushikiwabo a porté la Francophonie à un niveau supérieur. Sous sa direction, l’organisation a su s’imposer à sa juste place dans les instances de décision sur des questions liées à l’emploi des jeunes, à la gouvernance démocratique, à l’économie, à la culture, à l’égalité des genres ainsi qu’à la promotion de la langue française », a-t-il déclaré.
La période de dépôt des candidatures au poste de secrétaire général de l’OIF a pris fin le 15 mai. Une réunion ministérielle extraordinaire est prévue en juin afin de permettre aux candidats de présenter leurs programmes.
Les ministres examineront ensuite les principales propositions avant de les transmettre aux chefs d’État et de gouvernement qui participeront au sommet de décembre, au cours duquel se déroulera l’élection.
Parmi les candidats figurent également Juliana Amato Lumumba, fille de Patrice Lumumba et candidate de la République démocratique du Congo, ainsi que Dacian Cioloș, ancien Premier ministre de la Roumanie, et Coumba Ba.
Selon plusieurs observateurs, la candidature de Juliana Amato Lumumba serait principalement motivée par la volonté de rivaliser avec Louise Mushikiwabo dans un contexte marqué par des tensions persistantes entre Kigali et Kinshasa.
Kigali plaide pour une approche équilibrée dans la crise avec la RDC
Abordant la situation sécuritaire dans la région des Grands Lacs, le ministre Nduhungirehe a réaffirmé la volonté du Rwanda de voir les différends avec la RDC résolus par des mécanismes impartiaux et orientés vers des résultats concrets afin de favoriser une paix durable.
Il a appelé la communauté internationale et les partenaires de la RDC à adopter une approche constructive visant à encourager le gouvernement congolais à respecter les engagements pris dans le cadre des différents processus de paix.
« Le Rwanda appelle la communauté internationale et tous les partenaires à engager la RDC de manière constructive afin d’obtenir des résultats concrets dans la mise en œuvre de ses engagements », a-t-il déclaré.
Le chef de la diplomatie rwandaise a estimé qu’en l’absence d’une pression impartiale et d’un suivi rigoureux des engagements convenus, la communauté internationale risquerait de cautionner l’option militaire privilégiée, selon lui, par Kinshasa.
« Ne pas agir reviendrait à soutenir l’approche militaire sans fin de la RDC. Sans une pression équilibrée et un suivi rigoureux de toutes les parties, il sera impossible de créer les conditions et les incitations nécessaires à l’instauration d’une paix durable dans la région des Grands Lacs », a-t-il ajouté.
Ces déclarations interviennent alors que, malgré la signature d’accords de paix, le gouvernement congolais poursuit ses offensives contre le mouvement M23, alors qu’un cessez-le-feu et la poursuite des négociations avaient été prévus.
Le Rwanda maintient sa coopération sécuritaire avec le Mozambique
Le ministre Nduhungirehe a également évoqué la coopération sécuritaire entre le Rwanda et le Mozambique, notamment à travers le déploiement des forces rwandaises dans la province de Cabo Delgado.
Il a indiqué que Kigali avait décidé cette année de poursuivre cette mission exclusivement dans le cadre d’une coopération bilatérale avec le gouvernement mozambicain, lequel continuera à assurer le soutien nécessaire aux contingents rwandais présents sur le terrain.
Cette décision intervient après le blocage d’une aide de 20 millions d’euros destinée aux opérations de lutte contre le terrorisme, une mesure attribuée à l’opposition de deux États membres de l’Union européenne, à savoir l’Allemagne et la Belgique.
« Cette année, le Rwanda a décidé de travailler exclusivement avec le gouvernement du Mozambique, lequel a obtenu et continuera d’obtenir les financements nécessaires au déploiement des Forces de sécurité rwandaises dans la province de Cabo Delgado.
La coopération entre les deux gouvernements a été fructueuse jusqu’à présent et continuera de l’être à l’avenir », a déclaré le ministre.
Le Rwanda a déployé des militaires et des policiers au Mozambique à la demande des autorités de ce pays depuis le début du mois de juillet 2021. Cette mission vise à soutenir les efforts de lutte contre les groupes terroristes et les mouvements insurgés opérant dans la province de Cabo Delgado.
Après cinq années de présence sur le terrain, les autorités rwandaises estiment que cette intervention a permis d’obtenir des résultats importants, notamment en affaiblissant considérablement les groupes armés qui contrôlaient auparavant certaines zones de la province et en favorisant le retour progressif des populations déplacées dans leurs localités d’origine.

