Post
Le Kenya confirme un huitième cas d’Ebola
Les autorités sanitaires ont renforcé le traçage des contacts et la surveillance aux frontières, tandis que la République démocratique du Congo (RDC), principal foyer de l’épidémie, fait face à une propagation du virus dans plusieurs provinces.
Le nouveau cas concerne un homme qui travaillait dans un hôpital où avait été pris en charge le premier patient atteint d’Ebola au Kenya. Ses tâches consistaient notamment à nettoyer les ustensiles et le linge utilisés dans l’établissement. Il ne faisait pas partie du personnel médical.
Selon le Dr Patrick Amoth, directeur général de la santé au ministère kényan de la Santé, une personne a été testée positive parmi les 38 personnes dépistées dimanche 18 octobre.
L’homme présentait notamment de la fièvre, des maux de tête et des douleurs musculaires. Il aurait été contaminé après avoir été en contact avec le premier patient confirmé dans le pays, un homme de 40 ans qui avait voyagé depuis la RDC, en passant par l’Ouganda, avant de décéder dans un hôpital de Nairobi le 5 octobre 2026.
128 personnes placées en quarantaine
Les autorités sanitaires poursuivent les investigations afin d’identifier les personnes susceptibles d’avoir été exposées au virus et de limiter de nouvelles contaminations.
Selon les informations communiquées par le ministère kényan de la Santé le 17 octobre, 128 des 130 personnes identifiées comme contacts avaient été retrouvées et placées en quarantaine. Le bilan est ensuite passé à huit cas confirmés avec la détection de cette nouvelle infection.
Le Kenya a également renforcé les contrôles sanitaires aux points d’entrée, notamment dans les aéroports et aux postes-frontières. Les autorités ont mis en place des mesures supplémentaires de surveillance, d’isolement des personnes suspectes et de prise en charge des patients confirmés.
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) accompagne le gouvernement kényan dans la coordination de la riposte, la surveillance épidémiologique et le suivi des contacts.
Dès le 6 octobre, l’organisation indiquait que le Kenya avait contrôlé plus de 652 000 voyageurs, testé 267 prélèvements provenant de cas suspects et formé environ 5 000 agents de santé à la prévention et à la prise en charge de la maladie. Elle avait également fourni des tests de dépistage et des équipements de protection aux zones considérées à haut risque.
La RDC enregistre plus de 9 000 cas
La situation reste particulièrement préoccupante en RDC, où l’épidémie, déclarée en mai 2026, s’est étendue à une huitième province, le Nord-Ubangi, située dans le nord du pays, à la frontière avec la République centrafricaine.
Selon les informations rapportées le 18 octobre, les autorités congolaises y ont recensé deux cas, dont un décès. Le bilan national dépassait alors 9 400 cas et 4 500 décès, faisant de cette épidémie la plus meurtrière jamais enregistrée en RDC.
La province de l’Ituri, dans l’est du pays, demeure l’épicentre de l’épidémie et concentre près des trois quarts des cas confirmés. La propagation est également favorisée par les déplacements de population, l’insécurité et les difficultés d’accès aux structures de santé.
Dans certaines zones, des habitants hésitent à se rendre dans les centres de soins par crainte de la maladie. Des équipes sanitaires ont donc recours à des visites à domicile pour identifier les personnes infectées et encourager les populations à solliciter une prise en charge médicale.
Face à cette évolution, les autorités de la province du Nord-Kivu ont annoncé des restrictions temporaires sur les déplacements en provenance de l’Ituri, ainsi que des limitations concernant le transport de passagers et les grands rassemblements, afin de freiner la transmission du virus.
Une souche sans vaccin homologué
L’épidémie actuelle est provoquée par le virus Bundibugyo, une espèce du genre Ebolavirus. Cette souche ne dispose actuellement d’aucun vaccin homologué ni de traitement spécifique approuvé, même si des candidats sont en cours d’évaluation. La prise en charge repose notamment sur les soins de soutien, la surveillance clinique et le traitement des complications.
La transmission se produit principalement par contact direct avec le sang ou les autres liquides biologiques d’une personne infectée, ou avec des objets et des surfaces contaminés. Les mesures de prévention comprennent l’isolement des malades, le port d’équipements de protection adaptés par les soignants, la désinfection et le suivi des personnes exposées.
L’Ouganda, également touché par cette épidémie en 2026, a déclaré la fin de son épisode épidémique le 27 août, après plusieurs semaines sans nouveaux cas. Le Kenya reste toutefois confronté à des contaminations liées au cas importé de RDC.
Les autorités sanitaires kényanes appellent ainsi les personnes ayant été en contact avec un malade ou présentant des symptômes compatibles avec Ebola à consulter rapidement les services de santé et à respecter les consignes officielles.
