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Transport aérien : la flambée des prix mondiaux pèse sur les agences de voyage au Rwanda
Elles frappent également de plein fouet le secteur aérien mondial, avec une envolée du prix des billets, des annulations de vols en cascade et des répercussions directes sur les voyageurs rwandais comme sur les opérateurs économiques.
Au cœur de cette crise se trouve le « Jet A1 », le carburant utilisé par les avions, qui représente entre 20 % et 25 % des coûts d’exploitation d’une compagnie aérienne, et souvent davantage sur les vols internationaux de longue distance.
Une flambée spectaculaire du carburant aérien
Avant le déclenchement de la guerre entre les États-Unis et l’Iran, le carburant aérien aux États-Unis se négociait autour de 2,50 dollars le gallon. Quelques jours après les premières frappes, il dépassait 4,56 dollars le gallon, soit une hausse estimée à 82 %, passant de 0,66 dollar le litre à près de 1,27 dollar.
Rapporté au gallon, le prix est passé d’environ 85 à 90 dollars avant la guerre à entre 150 et 200 dollars en quelques semaines.
Cette hausse a eu un impact immédiat sur les compagnies aériennes. Pour illustrer cela, remplir le réservoir d’un Boeing 737-800 dans les grands aéroports américains coûtait environ 17.000 dollars le 27 février 2026, soit la veille du début du conflit. Moins d’une semaine plus tard, ce coût dépassait déjà les 27.000 dollars.
Pour un secteur qui fonctionne traditionnellement avec des marges bénéficiaires réduites, cette explosion des coûts représente une véritable crise.
L’impact sur les passagers ne s’est pas fait attendre. À titre d’exemple, sur la très fréquentée liaison New York – Los Angeles, un billet qui coûtait 167 dollars fin février 2026 est passé à 414 dollars en mars, soit plus du double.
Même tendance sur les vols internationaux. Un billet New York – Londres, proposé à 285 dollars à la fin février, atteignait déjà 553 dollars à la mi-mars.
Des conséquences jusqu’au Rwanda
Au Rwanda, les agences de voyage constatent elles aussi les effets de cette flambée.
Plusieurs professionnels du secteur s’étant entretenus avec IGIHE indiquent que la hausse du prix du carburant a directement affecté leur activité, en particulier sur les destinations commerciales les plus fréquentées comme la Chine.
Keza Teta, agente de voyage, explique qu’un billet pour la Chine, qui coûtait auparavant autour de 500 dollars, peut désormais atteindre 800, 1.000 voire 2.000 dollars selon les options choisies.
Elle cite également la Tanzanie, où un billet aller-retour autrefois vendu à 300 dollars atteint désormais 500 dollars.
La directrice de « Learn Horizon Travel », Mukamisha Sirikare Paula, affirme, elle, que cette situation a entraîné une chute drastique du nombre de clients.
« En une semaine, nous pouvions avoir jusqu’à huit clients. Aujourd’hui, nous pouvons passer deux semaines sans voir plus d’une seule personne voyager vers la Chine », a-t-elle indiqué.
Même constat chez « Delight Travel », où Patrick Nshuti souligne qu’une forte baisse de clientèle a suivi l’augmentation des tarifs.
En outre, la hausse du prix des billets d’avion affecte aussi les commerçants rwandais qui se déplacent à l’étranger pour acheter des marchandises.
Manishimwe Jean De Dieu, propriétaire de « Yoos Group Ltd », spécialisée dans l’importation de vélos électriques depuis la Chine, explique qu’un billet qui coûtait 650 dollars avant la guerre peut aujourd’hui atteindre les 1.200 dollars, rapprochant la situation de celle observée durant la pandémie de Covid-19.
« La dernière fois que les billets avaient connu une telle hausse remonte à la période de la pandémie de Covid-19. À cette époque, les prix avaient atteint jusqu’à 2.000 dollars », a-t-il rappelé.
Selon plusieurs importateurs, cette flambée des coûts a poussé certains à suspendre leurs activités et d’autres à réduire considérablement le volume de leurs importations.
Face à la hausse des coûts, les compagnies aériennes ne se sont pas contentées d’augmenter les billets.
Certaines ont également relevé les frais de bagages, tandis que d’autres ont instauré des surtaxes carburant spécifiques sur les vols internationaux, désormais clairement visibles sur les billets.
Des liaisons ont aussi été suspendues pour réduire la consommation de carburant.
À l’échelle mondiale, la crise a fortement perturbé le trafic aérien. Plus de 20.000 vols ont été annulés dès les premiers jours du conflit, puis plus de 23.000 au 5 et 6 mars 2026. Sur les 51.600 vols prévus à destination ou en provenance du Moyen-Orient depuis le 28 février, plus de la moitié ont été supprimés. Enfin, près de 7 % des vols mondiaux ont été annulés en une seule journée, soit 7.049 vols sur 104.618.
Ces annulations ont affecté plus d’un million de passagers à travers le monde.
