Post
Hongrie : le Premier ministre Péter Magyar veut destituer le président Tamás Sulyok
Cette confrontation intervient quelques semaines après la victoire électorale écrasante du parti Tisza de Péter Magyar, qui a mis fin à seize années de pouvoir de l’ancien Premier ministre Viktor Orbán. Grâce à sa majorité des deux tiers au Parlement, le nouveau gouvernement dispose de la capacité de modifier la Loi fondamentale du pays.
Depuis son arrivée au pouvoir en mai, Péter Magyar réclame le départ de plusieurs hauts responsables nommés sous l’ère Orbán, dont le président Tamás Sulyok. Le chef du gouvernement accuse ces responsables d’incarner un système politique qu’il entend réformer en profondeur afin de restaurer les contre-pouvoirs démocratiques et l’État de droit.
Le président Sulyok, élu en 2024 avec le soutien du parti Fidesz de Viktor Orbán, a toutefois rejeté les appels à la démission. Dans une déclaration publiée dimanche, il a affirmé qu’il entendait poursuivre son mandat jusqu’à son terme, en 2029, et a sollicité l’avis de la Commission de Venise, organe consultatif du Conseil de l’Europe spécialisé dans les questions constitutionnelles.
Lors d’une conférence de presse organisée devant le palais présidentiel de Sándor, à Budapest, Péter Magyar a déclaré que son gouvernement engagerait des procédures législatives et juridiques pour obtenir le départ du chef de l’État si aucune solution volontaire n’était trouvée. Selon lui, la crédibilité de « la présidence hongroise doit être restaurée après des années d’alignement sur les intérêts du précédent pouvoir ».
Le parti Fidesz de Viktor Orbán a vivement dénoncé cette initiative, la qualifiant d’attaque contre les institutions constitutionnelles du pays. De son côté, Tamás Sulyok avertit qu’une destitution fondée sur une modification constitutionnelle pourrait provoquer une crise institutionnelle et porter atteinte à l’image démocratique de la Hongrie.
Bien que la fonction présidentielle en Hongrie soit essentiellement honorifique, le chef de l’État conserve plusieurs prérogatives importantes, notamment la promulgation des lois et la possibilité de saisir la Cour constitutionnelle pour un contrôle de constitutionnalité. Ces pouvoirs expliquent l’importance stratégique de ce bras de fer politique entre le gouvernement et la présidence.
