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Ebola : l’Africa CDC alerte sur un risque élevé de propagation en Afrique
L’organisation sanitaire continentale redoute une propagation régionale de la maladie dans un contexte marqué par l’insécurité, les déplacements massifs de populations et la faiblesse des infrastructures sanitaires.
Lors d’une conférence de presse tenue samedi soir, le directeur général de l’Africa CDC, Jean Kaseya, a indiqué qu’au moins 745 cas, comprenant des infections suspectées et confirmées, ainsi que 176 décès probables, avaient déjà été recensés depuis la déclaration officielle de la 17e flambée d’Ebola en RDC le 15 mai 2026.
Selon les autorités sanitaires, cette nouvelle épidémie est provoquée par la souche Bundibugyo du virus Ebola, une variante particulièrement préoccupante en raison de l’absence actuelle de vaccin homologué ou de traitement spécifique.
Une propagation régionale inquiétante
L’épidémie, initialement concentrée dans la province de l’Ituri, s’est progressivement étendue vers les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, tandis que plusieurs cas importés ont déjà été confirmés en Ouganda, notamment dans la capitale Kampala.
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a d’ailleurs classé cette flambée comme une « urgence de santé publique de portée internationale », soulignant les risques élevés de propagation transfrontalière dans la région des Grands Lacs.
Jean Kaseya a précisé que deux pays sont actuellement touchés, tandis que dix autres États africains sont considérés comme étant à haut risque en raison de leur proximité géographique et de l’intensité des échanges humains et commerciaux avec les zones affectées.
Les autorités sanitaires font face à plusieurs difficultés majeures qui compliquent les efforts de contrôle de l’épidémie. Parmi elles figurent un retard de près de quatre semaines dans la détection de la transmission du virus, l’insécurité persistante dans l’est de la RDC, les déplacements de populations liés aux conflits armés, ainsi que la désinformation et la méfiance de certaines communautés envers les équipes médicales.
Dans certaines localités, des centres de traitement auraient été attaqués par des groupes hostiles, tandis que plusieurs agents de santé figurent parmi les victimes de l’épidémie.
« Nous parlons d’une région caractérisée par une forte mobilité et une insécurité permanente. La combinaison de ces facteurs favorise aujourd’hui la propagation de cette épidémie au-delà de ce que nous anticipions », a averti Jean Kaseya, tout en indiquant que le continent africain a besoin d’environ 319 millions de dollars américains pour répondre efficacement à cette flambée épidémique.
Face à la gravité de la situation, plusieurs partenaires internationaux ont annoncé des mesures d’urgence. Les États-Unis, à travers les Centres américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC), ont renforcé leur soutien logistique et sanitaire aux autorités congolaises et ougandaises.
L’Inde a également envoyé une aide médicale d’urgence à l’Africa CDC et déconseillé les voyages non essentiels vers la RDC, l’Ouganda et le Soudan du Sud.
Les experts sanitaires estiment toutefois que les prochaines semaines seront décisives pour contenir l’épidémie et éviter une crise sanitaire de grande ampleur sur le continent africain.
