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Des autorités congolaises mises en cause devant la CPI pour des crimes présumés contre l’humanité
Remis vers la fin de la semaine dernière auprès de la CPI à La Haye, aux Pays-Bas, la plainte accuse des autorités congolaises et des individus liés au pouvoir en place d’être impliqués dans des actes qui pourraient constituer des crimes contre l’humanité dans plusieurs régions du pays.
Le bureau du procureur de la CPI devra désormais examiner les éléments transmis avant de décider d’éventuelles suites, notamment l’ouverture d’un examen préliminaire afin de déterminer si les critères d’intervention de la Cour sont réunis.
Les avocats évoquent 11 incidents précis, parmi lesquels les violences survenues à la prison centrale de Makala, à Kinshasa, lors d’une tentative d’évasion en 2024, ainsi que des pertes en vies humaines et des personnes ayant subi des violences à Lubumbashi, Kolwezi et dans d’autres localités de l’ex-province du Katanga.
Hervé Diakiese, membre de l’équipe juridique, a mis en cause le mouvement Force du Progrès, un groupe de jeunes associé à l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), le parti du président Félix Tshisekedi. Il l’accuse d’avoir été impliqué dans plusieurs des faits dénoncés.
Des accusations rejetées par l’UDPS, qui affirme que le parti n’est pas responsable des actes commis par des individus pouvant se réclamer du mouvement. De son côté, Human Rights Watch avait déjà fait état de préoccupations concernant des violences impliquant des membres de Force du Progrès lors de périodes de tensions politiques.
L’avocat a également dénoncé des discours qu’il considère comme une forme de rhétorique ethnique favorable à la communauté luba, dont est issu le président Félix Tshisekedi. Il affirme que certains responsables et proches du pouvoir auraient tenu des propos présentant cette communauté non seulement comme détentrice du pouvoir politique, mais comme étant « l’incarnation du pouvoir ».
Pour Bernard Maingain, un des avocats impliqués dans la procédure, le recours à la CPI s’explique par l’absence de réponse suffisante des institutions congolaises face aux abus dénoncés.
« L’article 15 du Statut de Rome a été respecté », a-t-il déclaré, rappelant que cette disposition autorise des individus ou des organisations à transmettre des informations au procureur de la CPI.
La plainte a également été déposée en Belgique, certains responsables cités dans le dossier étant présentés comme possédant la nationalité belge.
La CPI devra maintenant évaluer les allégations, vérifier si elles relèvent de sa compétence et déterminer si elles justifient l’ouverture d’une procédure officielle.

