Post
Le Rwanda et la Tanzanie signent un accord de coopération énergétique bilatérale
L’accord a été signé ce mardi 19 mai 2026 par le ministre rwandais des Infrastructures, le Dr Jimmy Gasore, et le ministre tanzanien de l’Énergie, Deogratius John Ndejembi, en présence du Président de la République, Paul Kagame et de la Présidente de la Tanzanie Samia Suluhu Hassan.
Ce mémorandum porte sur l’expansion de la coopération entre les deux pays dans plusieurs domaines stratégiques, notamment le développement des infrastructures électriques, les énergies renouvelables, le renforcement des capacités institutionnelles et la coopération énergétique transfrontalière.
Le Dr Jimmy Gasore a salué la relation de longue date entre Kigali et Dodoma, affirmant que cet accord reflète la volonté commune de renforcer les liens existants et de promouvoir la coopération régionale, en particulier dans le secteur de l’énergie. Il a ajouté que ce partenariat permettra de développer des initiatives mutuellement bénéfiques, notamment le commerce de l’énergie, les infrastructures, la coopération technique et d’autres projets visant à accélérer l’intégration régionale au sein de la Communauté d’Afrique de l’Est.
La signature de cet accord s’est déroulée en marge de rencontres de haut niveau organisées à Kigali, où le Rwanda accueille la deuxième édition du Sommet sur l’innovation en énergie nucléaire en Afrique (NEISA 2026).
Ce sommet réunit des dirigeants de haut niveau, dont le Président Paul Kagame et des chefs d’État invités de la Tanzanie et du Togo, ainsi que des représentants d’organisations internationales, d’investisseurs et d’experts techniques, afin de réfléchir aux moyens de développer des systèmes énergétiques fiables et capables de soutenir la transformation économique à long terme du continent africain.
Dans ce contexte, le mémorandum intervient alors que le Rwanda poursuit sa stratégie de diversification énergétique, incluant l’introduction de l’énergie nucléaire, le pays visant notamment une capacité de production allant jusqu’à 1,5 gigawatt d’électricité d’origine nucléaire d’ici 2050, dans le cadre d’une réponse à une demande nationale croissante, qui devrait dépasser 5 000 mégawatts dans les décennies à venir.
S’exprimant lors du sommet, le Président Paul Kagame a rappelé que le Rwanda a achevé avec succès la Phase I de l’Examen intégré de l’infrastructure nucléaire (Integrated Nuclear Infrastructure Review) de l’Agence internationale de l’énergie atomique, une étape qu’il a qualifiée de déterminante dans la feuille de route nucléaire du pays.
« Nous avons l’intention de rendre l’énergie nucléaire opérationnelle au début des années 2030. Cette évaluation confirme que nous sommes sur la bonne voie », a déclaré le chef de l’État.
Il a également souligné que les perspectives de développement du continent africain dépendent largement de la résolution des déficits énergétiques persistants, rappelant que les secteurs tels que la fabrication moderne, la transformation minière, les infrastructures numériques, l’intelligence artificielle et les soins de santé avancés nécessitent une fourniture stable et fiable d’électricité.
Parmi les options envisagées figure la technologie des petits réacteurs modulaires (Small Modular Reactors – SMR), jugée plus adaptée par le Rwanda que les centrales nucléaires traditionnelles de grande taille.
Selon le Directeur général du “Rwanda Atomic Energy Board”, le Dr Fidele Ndahayo, la construction de la première centrale nucléaire du pays pourrait débuter dans les deux prochaines années, tandis que les travaux préparatoires sont déjà en cours. Il a indiqué, lors d’une récente réunion de consultation des parties prenantes, que plusieurs sites potentiels ont été identifiés et que des études techniques et environnementales sont en cours.
Sur le plan énergétique régional, la Tanzanie produit environ 4 500 mégawatts d’électricité, mais prévoit une hausse de la demande à près de 8 000 mégawatts d’ici 2030 et jusqu’à 70 000 mégawatts d’ici 2050.
Le Rwanda, de son côté, dispose actuellement d’une capacité de production électrique d’environ 406 mégawatts, ce qui illustre un déficit important que les autorités entendent combler grâce à des solutions énergétiques à grande échelle et durables.
Les deux pays collaborent déjà dans le secteur énergétique à travers plusieurs projets, notamment le projet hydroélectrique de Rusumo, d’une capacité de 80 mégawatts.
Développé conjointement par le Rwanda, la Tanzanie et le Burundi, ce projet doit permettre à chaque pays de recevoir environ 26,6 mégawatts d’électricité. L’énergie produite devrait bénéficier à environ 1,146 million de personnes, dont environ 520 000 Burundais, 467 000 Rwandais et 159 000 Tanzaniens.



