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Antoine Mugesera lance un cri du coeur: un hymne aux rescapés du Génocide des Tutsi

Ce monde des rescapés est invisible à l’œil nu
mais pourtant réel
Il est intérieur et insondable…
L’univers dans lequel ils baignent et survivent, est insaisissable…
L’angoisse vit à côté de l’effroi,
la colère et la rage cohabitent avec le chagrin et la tristesse…
Tout rescapé a une mémoire éveillée.
Il s’égare trop facilement entre le monde des vivants et celui des morts…
Leur passé a sombré dans l’immense océan des blessures
qui ne refermeront plus jamais…
On est rescapé
et on ne peut être rien d’autre que “rescapé”…
Il faut donc vivre pour perpétuer et préserver la mémoire des disparus.
La mémoire des tiens.
Ils ne sortiront de la terre et de l’oubli que par ta mémoire et tes témoignages.
Ils ne vivront que grâce à toi…
Cette terre qui a bu jusqu’à s’enivrer du sang des tiens,
tu l’as, plus que quiconque, en partage.
Tu l’as en héritage.
Porte-la dans ton cœur.
Et contribue, autant que tu peux,
à ce qu’elle soit meilleure.
Ton apport sera précieux.
