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Budget 2026/2027 : ce qui a changé pour votre portefeuille depuis le 1er juillet
Plusieurs mesures fiscales introduites dans ce cadre auront un impact direct sur les prix de certains biens et services consommés au quotidien.
Pour financer ses priorités, le gouvernement compte fortement sur les recettes intérieures. L’Autorité rwandaise des recettes (RRA) prévoit de collecter 4 600 milliards de francs rwandais en impôts nationaux, tandis que les taxes locales devraient rapporter 165,9 milliards de francs rwandais.
Parmi les principaux changements figurent la fin de plusieurs exonérations de TVA, l’élargissement de la fiscalité numérique et un renforcement du contrôle fiscal.
Le carburant, les téléphones et les équipements informatiques désormais soumis à la TVA
Après plus de 15 ans d’exonération, les produits pétroliers, les téléphones mobiles et certains équipements informatiques sont désormais soumis à la TVA de 18 %.
Cette décision, prise dans le cadre de la stratégie gouvernementale d’augmentation des recettes fiscales, devrait se répercuter sur les prix payés par les consommateurs.
Ainsi, un téléphone ou un ordinateur qui coûtait auparavant 250 000 francs rwandais pourrait désormais dépasser 300 000 francs rwandais après application de la TVA et prise en compte des coûts de distribution.
Pour limiter l’impact sur les prix du carburant, le gouvernement avait toutefois consacré 47,7 milliards de francs rwandais entre mars et juin 2026 à une subvention visant à stabiliser les prix à la pompe et éviter une forte hausse des coûts de transport.

Les services en ligne soumis à une TVA de 18 %
Les achats effectués sur internet et plusieurs services numériques sont également concernés par les nouvelles mesures fiscales.
Selon l’arrêté ministériel n°004/26/10/TC signé en avril 2026, les biens et services achetés en ligne sont désormais soumis à une TVA de 18 %, qu’ils soient proposés par des entreprises rwandaises ou étrangères.
Cette mesure concerne notamment les plateformes de streaming, les logiciels téléchargés, les applications mobiles, le stockage en ligne, certains achats sur des plateformes étrangères ainsi que les formations et conférences virtuelles.
Les entreprises numériques étrangères qui vendent leurs services aux Rwandais doivent désormais s’enregistrer auprès de l’administration fiscale ou désigner un représentant local. En cas de non-respect, les banques et autres institutions financières peuvent retenir directement la TVA lors des paiements.
Une taxe de 1,5 % pour les entreprises numériques étrangères
En plus de la TVA, les plateformes numériques étrangères opérant au Rwanda devront payer une taxe sur les services numériques de 1,5 % sur leurs revenus générés dans le pays.
Même si cette taxe vise directement les entreprises, certains observateurs estiment qu’elle pourrait être indirectement répercutée sur les utilisateurs à travers une hausse des tarifs des services numériques.

Les appels et forfaits internet continuent d’augmenter progressivement
La taxe d’accise sur les télécommunications poursuit également sa progression vers un taux de 15 % prévu en 2027.
Cette augmentation progressive concerne notamment les appels téléphoniques et les forfaits de données mobiles, dont le coût pourrait légèrement augmenter pour les utilisateurs.
Des conditions plus strictes pour les exonérations industrielles
Les entreprises industrielles ne bénéficieront plus automatiquement d’exonérations de TVA sur les machines et matières premières.
Désormais, les entreprises de fabrication, d’assemblage ou d’exploitation minière devront prouver leur éligibilité, notamment en démontrant que les produits concernés sont directement liés à leurs activités et qu’elles créent au moins 30 % de valeur ajoutée à partir des matières premières.
Cette réforme pourrait entraîner une hausse des coûts de production pour certaines entreprises locales.
Les automobilistes face à de nouvelles charges
Les propriétaires de véhicules devront continuer à supporter plusieurs taxes destinées à financer l’entretien des routes.
L’essence et le diesel sont soumis à une taxe routière de 15 % calculée sur la valeur CIF des importations, tandis que la taxe de stockage stratégique du carburant reste fixée à 50 francs rwandais par litre.
Les propriétaires de véhicules devront également s’acquitter d’une taxe annuelle d’utilisation des routes, dont le montant varie selon la catégorie du véhicule. Les voitures particulières et les jeeps seront soumises à une taxe de 50 000 francs rwandais par an, tandis que les pick-up, minibus et autobus devront payer 100 000 francs rwandais.
Pour les camions et petites remorques, la taxe est fixée à 120 000 francs rwandais, alors que les grandes remorques devront s’acquitter de 150 000 francs rwandais annuellement. Cette contribution vise à soutenir l’entretien et le développement du réseau routier national.
Certaines taxes restent inchangées
Les taxes introduites lors du précédent exercice fiscal restent en vigueur, notamment la taxe touristique de 3 % sur les hébergements et la taxe environnementale de 0,2 % sur les produits importés emballés dans du plastique.
Les véhicules hybrides importés continuent d’être taxés selon leur âge : 5 % pour ceux de moins de trois ans, 10 % pour ceux entre trois et huit ans et 15 % pour ceux de plus de huit ans.
En revanche, les véhicules entièrement électriques restent exonérés de TVA jusqu’au 30 juin 2028. La taxe de 15 % sur les frais de transactions bancaires et de mobile money, très attendue, a été reportée au 1er juillet 2027.

Le gouvernement renforce le contrôle fiscal
L’Autorité rwandaise des recettes mise également sur une meilleure collecte des impôts grâce au renforcement du système de facturation électronique (EBM).
À travers le programme Tengamara na TVA, les consommateurs qui demandent des reçus électroniques peuvent recevoir une récompense correspondant à 10 % de la TVA indiquée sur leurs factures. Le programme compte déjà plus d’un million de participants.
Le gouvernement prévoit par ailleurs de permettre aux clients de déclencher eux-mêmes la génération des factures électroniques, les commerçants n’ayant plus qu’à les valider.
Un budget largement consacré à la transformation économique
Sur les 7 800 milliards de francs rwandais du budget 2026/2027, 4 800 milliards sont destinés aux dépenses courantes, notamment les salaires et le fonctionnement des services publics. Les dépenses de développement représentent 3 000 milliards de francs rwandais.
Le pilier de la transformation économique reçoit la plus grande part avec 4 900 milliards de francs rwandais, soit 62,9 % du budget. Cette enveloppe finance notamment l’agriculture, l’énergie et de grands projets d’infrastructures, dont 474,2 milliards de francs rwandais pour le nouvel aéroport international de Kigali à Bugesera.
Le secteur social bénéficie de 1 800 milliards de francs rwandais, destinés notamment à la santé, à l’éducation et aux programmes de protection sociale. La gouvernance reçoit pour sa part 1 200 milliards de francs rwandais pour la sécurité, l’administration publique et la justice.
Avec ce nouveau budget, le gouvernement entend accroître les recettes nationales pour financer son développement, même si plusieurs mesures fiscales devraient entraîner une hausse du coût de certains produits et services pour les consommateurs.
