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Un ex-FDLR décrit un vaste réseau politico-militaire et des alliances régionales
Selon lui, les FDLR, soutenus par les autorités de Kinshasa et du Burundi, auraient un projet d’extermination des Tutsi depuis le Rwanda, avec une extension envisagée vers le Burundi, l’Ouganda et jusqu’à la Somalie. Il affirme également que ce mouvement ne peut être démantelé par les FARDC en raison d’une forte imbrication des structures.
Ses propos ont été tenus ce 27 juin 2026, lors d’un forum sur le génocide perpétré contre les Tutsi et la lutte pour y mettre fin, auquel participaient le Président Paul Kagame, la Première dame Jeannette Kagame et plusieurs responsables du Unity Club.
L’ex-combattant est revenu en détail sur son parcours au sein des FDLR et sur les stratégies de déstabilisation attribuées au groupe. Il affirme que des enfants nés ou enrôlés dans les zones forestières sont aujourd’hui formés militairement à Kananga, souvent sous identité congolaise.
« Ils vivent sous identité congolaise. Un certain Calendo Padiri est concerné ; son instructeur militaire était Rwarakabije, qui lui aurait fourni des hommes pour sa formation. Après ses études, il s’est rendu à Kinshasa, où il est aujourd’hui responsable des ex-combattants démobilisés en République démocratique du Congo », a-t-il déclaré.
Il soutient également la présence de cadres issus des FDLR ou des ex-FAR au sein des FARDC, citant le général de brigade Mugabo Hassan, qu’il décrit comme un ancien combattant formé dans les camps.
« Mugabo Hassan faisait partie des combattants. Dans les camps, les ex-FAR envoyaient des personnes pour former les combattants. Ses idées n’étaient pas différentes des nôtres. Aujourd’hui, il est à Kinshasa », a-t-il affirmé.
L’orateur évoque aussi Mwami Bigembe Turikunkiko, présenté comme un ancien chasseur devenu chef traditionnel et acteur politique après une formation reçue dans ces réseaux armés.
Sur le plan politique, il affirme que les FDLR auraient influencé des élections locales en installant des députés au niveau provincial et national : « Je voudrais évoquer un autre moyen par lequel les FDLR tirent sa force, au-delà du militaire : les députés. Ils provenaient des zones que nous contrôlions et avaient été installés sous notre autorité, le vote étant encadré et validé à l’avance. »
Concernant les alliances régionales, Bora affirme que la radio d’État des ex-FAR, déplacée de Kigali vers le Zaïre puis vers le Burundi, serait aujourd’hui connue sous le nom de Radio REMA. « Elle est détenue et exploitée par les CNDD-FDD », a-t-il fait savoir, estimant que ce parti partage une idéologie héritée des ex-FAR.
Sur le plan militaire en République démocratique du Congo, il décrit une coordination entre la MONUSCO (renseignement technique), les FDLR (renseignement au sol) et les FARDC (logistique) lors des combats à Goma contre l’AFC/M23. Il accuse également le gouvernement congolais d’avoir intégré les FDLR et les Wazalendo alors qu’ils étaient sous pression internationale, rendant selon lui les structures difficilement distinguables.
« Nous utilisions la population. Elle avait deux jours de travaux communautaires par semaine pour travailler pour nous, puis elle pouvait cultiver pour elle-même. Nous prenions 80 dollars par hectare, et à la récolte, elle nous donnait 40 kilos », a-t-il déclaré.
Il décrit enfin un système d’exploitation économique des populations locales, incluant des travaux agricoles forcés, la taxation des terres et la vente de parcelles dans certaines zones comme Nyakagina.
Selon lui, le démantèlement des FDLR nécessiterait des moyens supérieurs à ceux des FARDC, en raison de leur enracinement et de leurs alliances. Il conclut en affirmant que l’idéologie du groupe viserait toujours le contrôle de plusieurs pays de la région afin, selon ses propos, d’y éliminer les Tutsi.
