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Burundi : des réfugiés rapatriés dénoncent des intimidations dans la récupération de leurs biens
En effet, le retour dans leurs localités d’origine s’accompagne souvent d’un climat de peur et d’incertitude, certains affirmant être victimes d’intimidations lorsqu’ils revendiquent la restitution de leurs propriétés, tandis que d’autres disent craindre des représailles ou des accusations à caractère politique.
Selon plusieurs sources locales, les intimidations visant certains rapatriés seraient le fait de responsables administratifs locaux, de cadres influents du CNDD-FDD et d’agents du Service national de renseignement.
Face à ces difficultés, certains réfugiés choisissent de ne pas regagner immédiatement leurs collines d’origine, préférant s’installer temporairement dans d’autres régions du pays.
Cette situation intervient dans un contexte marqué par la fermeture récente du camp de réfugiés de Nduta, en Tanzanie, qui accueillait depuis plusieurs années des dizaines de milliers de Burundais ayant fui les violences et l’instabilité politique.
Les autorités tanzaniennes ont progressivement réorganisé l’accueil des réfugiés dans la région de Kigoma, centralisant désormais la majorité d’entre eux dans le camp de Nyarugusu. Ce dernier abrite plus de 100 000 réfugiés, principalement originaires de la République démocratique du Congo et du Burundi.
La fermeture de Nduta a entraîné le rapatriement de milliers de Burundais, accélérant ainsi un mouvement de retour qui soulève de nombreux défis liés à la réintégration sociale, économique et foncière des anciens exilés.
L’exode massif de ces Burundais trouve son origine dans la crise politique déclenchée en avril 2015 après l’annonce de la candidature du président Pierre Nkurunziza à un troisième mandat.
Cette décision avait provoqué une vive contestation au sein de l’opposition, de la société civile et d’une partie de la communauté internationale, qui estimaient qu’un troisième mandat contrevenait à la Constitution burundaise ainsi qu’aux Accords d’Arusha ayant mis fin à la guerre civile.
Les manifestations qui ont suivi ont été violemment réprimées. La période a également été marquée par une tentative de coup d’État, des assassinats ciblés, des arrestations arbitraires et de nombreuses accusations de violations des droits humains.
Selon les estimations des organisations internationales, près de 500 000 Burundais ont fui le pays entre 2015 et 2020, trouvant refuge principalement au Rwanda, en Tanzanie, en République démocratique du Congo et dans d’autres pays de la région.
