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Le Rwanda intensifie ses partenariats internationaux pour faire avancer son programme nucléaire
Selon la porte-parole du gouvernement, Yolande Makolo, Kigali travaille avec plusieurs partenaires internationaux afin de renforcer ses capacités dans le domaine nucléaire civil. Cette coopération intervient alors que le pays poursuit les études de faisabilité relatives à la construction d’une installation utilisant la technologie des petits réacteurs modulaires (SMR) ainsi qu’à la création d’un Centre des sciences et technologies nucléaires.
« Le Rwanda travaille avec une diversité de partenaires mondiaux pour développer ses capacités nucléaires civiles », a déclaré Yolande Makolo dans un message publié sur le réseau social X.
Parmi ces partenaires figure la Russie, à travers sa société nationale de l’énergie nucléaire Rosatom. Toutefois, Kigali élargit progressivement son réseau de coopération. Lors du ‘Nuclear Energy Innovation Summit for Africa’ (NEISA), organisé à Kigali en mai dernier, le Rwanda a signé un protocole d’accord avec le gouvernement des États-Unis.
Le sommet a également permis la conclusion de plusieurs accords entre le ‘Rwanda Atomic Energy Board’ (RAEB) et des entreprises originaires des États-Unis, d’Afrique du Sud et d’Autriche, illustrant la volonté du pays de bâtir une coopération internationale diversifiée dans le secteur nucléaire.
Les relations entre le Rwanda et la Russie dans le domaine nucléaire remontent à plusieurs années. En décembre 2018, les deux pays avaient signé à Moscou un accord-cadre intergouvernemental portant sur l’utilisation pacifique de l’énergie nucléaire.
Cette coopération s’est renforcée en octobre 2019 avec la signature d’une feuille de route entre le Rwanda et Rosatom lors du Sommet Russie-Afrique organisé à Sotchi.
Plus récemment, le 19 mai 2026, Kigali et Moscou ont signé un nouveau protocole d’accord en marge du sommet NEISA. Ce document prévoit une coopération dans les domaines de la médecine nucléaire, de la santé ainsi que de la formation en sciences nucléaires.
Un partenariat stratégique avec les États-Unis
Le même sommet a également été marqué par la signature d’un protocole d’accord stratégique sur la coopération nucléaire civile entre le Rwanda et les États-Unis.
L’accord établit un cadre de collaboration couvrant notamment le renforcement des capacités réglementaires, la formation des ressources humaines, la recherche scientifique et le futur déploiement de technologies nucléaires avancées, dont les petits réacteurs modulaires (SMR).
S’exprimant lors de la cérémonie de signature, la ministre d’État chargée des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Dr Usta Kayitesi, a qualifié cet accord d’étape importante dans les efforts du Rwanda visant à diversifier ses sources d’énergie conformément aux objectifs de la Vision 2050.
« L’énergie nucléaire constitue un élément clé de la stratégie énergétique à long terme du Rwanda ainsi que de ses ambitions plus larges en matière de développement national », a-t-elle déclaré.
L’accord a également été salué par Renee Sonderman, Secrétaire adjoint principal par intérim au Bureau du contrôle des armements et de la non-prolifération du Département d’État américain qui a félicité le Rwanda pour son approche structurée du développement nucléaire et pour ses projets de déploiement de la technologie SMR.
Par ailleurs, le sommet a donné lieu à la signature d’un accord global de développement entre le ‘Rwanda Atomic Energy Board’ et l’entreprise américaine ‘Holtec International’ en vue de soutenir le déploiement potentiel de réacteurs SMR-300 au Rwanda.
Dans le cadre de cet accord, les deux parties mèneront plusieurs activités de coopération technique, notamment des évaluations de sites, des études de faisabilité et la collecte de données nécessaires à l’implantation future de réacteurs nucléaires.
Selon les responsables du projet, cette initiative pourrait permettre à terme le développement d’une capacité de production nucléaire atteignant jusqu’à cinq gigawatts. Une telle capacité renforcerait considérablement la sécurité énergétique du Rwanda tout en fournissant une électricité de base décarbonée.
Objectif : une mise en service au début des années 2030
Le Président Paul Kagame a réaffirmé à plusieurs reprises l’engagement du Rwanda à intégrer l’énergie nucléaire dans sa stratégie de développement à long terme.
À l’occasion du sommet NEISA, il a affirmé que le pays poursuivait ses efforts conformément au calendrier établi en vue de l’entrée en service de ses infrastructures nucléaires au début des années 2030.
« Nous avons l’intention de disposer d’une énergie nucléaire opérationnelle au début des années 2030. Cette évaluation confirme que nous sommes sur la bonne voie », a affirmé le chef de l’État après avoir reçu le rapport de la phase I de l’Examen intégré des infrastructures nucléaires réalisé par l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).
Selon Yolande Makolo, la question du financement évolue également à l’échelle mondiale. Alors que les projets nucléaires étaient traditionnellement financés par les États, plusieurs banques multilatérales de développement explorent désormais de nouveaux mécanismes de financement destinés à faciliter l’accès des économies émergentes aux projets nucléaires.
À mesure que le Rwanda avance dans son ambitieux programme énergétique, les autorités estiment que la coopération internationale, les partenariats technologiques et les mécanismes de financement innovants seront déterminants pour permettre au pays de concrétiser son premier projet de production d’énergie nucléaire.
