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Ouganda : Museveni suspend trois hauts responsables soupçonnés de corruption
La décision, prise le 23 mai et communiquée au ministre de la Sécurité intérieure, le général-major à la retraite Kahinda Otafiire, le 28 mai 2026, intervient dans un contexte de réformes des dispositifs de sécurité, notamment des caméras de vidéosurveillance CCTV utilisées pour le contrôle et la sécurisation des routes.
Le président Museveni avait ordonné la modernisation de ces équipements après une série d’assassinats ciblés survenus entre 2017 et 2019, dont ceux d’Andrew Felix Kaweesi, ancien vice-commandant de la Police ougandaise, et du député Ibrahim Abiriga. Les images de vidéosurveillance n’avaient alors pas permis d’identifier clairement les auteurs des attaques.
Le marché de modernisation a été attribué à l’entreprise ougandaise ‘Dealan Associates Ltd’ après que la société chinoise Huawei, initialement retenue, a été frappée par des sanctions imposées par les États-Unis en 2019.
Selon le chef de l’État ougandais, l’entreprise avait déjà entamé les travaux mais faisait face à des retards répétés de paiement, officiellement justifiés par un manque de fonds. Pourtant, lorsque le ministre Kahinda Otafiire est parvenu à obtenir 31,37 milliards de shillings auprès du ministère des Finances pour régler la société, les fonds n’auraient jamais été versés.
« Il arrivait que les fonds destinés aux paiements ne soient pas disponibles. Le ministre Kahinda Otafiire s’est alors concerté avec le ministère des Finances, ce qui a permis de mobiliser 31,37 milliards de shillings. Toutefois, l’entrepreneur ougandais n’a pas été rémunéré, certains responsables du ministère de la Sécurité, par l’intermédiaire de Hassan, exigeant des pots-de-vin. », a déclaré le président Museveni.
À la suite de cette affaire, le président ougandais a suspendu le secrétaire permanent du ministère de la Sécurité, le lieutenant-général Joseph Musanyufu, le secrétaire de la Police, Aggrey Wunyi, ainsi que le vice-commandant de la Police, Felix Baryamwitsaki, pour une période de six mois, le temps que les enquêtes se poursuivent.
Le chef de l’État a également ordonné le paiement immédiat des sommes dues à Barbara Katitsi, représentante de ‘Dealan Associates Ltd’. Il a, par ailleurs, ordonné que Hassan Serunjogi, soupçonné d’avoir servi d’intermédiaire dans les faits présumés de corruption, soit traduit en justice si des preuves suffisantes venaient à être réunies à son encontre.


