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« Cela devrait interroger » : Kigali dénonce les propos d’un ambassadeur burundais sur une attaque contre le Rwanda
Olivier Nduhungirehe a réagi ce 24 mai 2026 après des propos attribués à l’ambassadeur Ntahiraja, dans lesquels celui-ci semblait justifier d’éventuelles attaques contre le Rwanda.
S’exprimant lors d’un entretien avec des journalistes, le diplomate burundais a laissé entendre qu’il ne verrait rien d’inhabituel à ce que le Rwanda soit attaqué.
Ces déclarations interviennent dans un contexte de tensions croissantes et d’accusations récurrentes selon lesquelles le Burundi serait impliqué, aux côtés de groupes armés dont les FDLR, dans des projets visant à déstabiliser le Rwanda.
Interrogé sur les informations faisant état d’une coopération entre le Burundi et des opposants au gouvernement rwandais, Thérence Ntahiraja a minimisé les inquiétudes, estimant que même si une telle coopération existait, elle ne poserait aucun problème.
« Est-ce qu’il y aurait quelque chose d’étonnant à voir le Rwanda attaqué par ceux qui veulent l’empêcher de continuer à nuire ? », a déclaré l’ambassadeur.
Le diplomate a également évoqué « les Rwandais ayant quitté leur pays en 1996 », affirmant qu’ils poursuivraient indéfiniment leur combat pour leur pays.
Ses propos omettent toutefois le fait que le statut de réfugié des Rwandais ayant fui entre 1959 et 1998 a officiellement pris fin le 31 décembre 2017.
Ces déclarations semblent faire indirectement référence à des individus ayant activement participé au Génocide contre les Tutsi au Rwanda, ayant échappé à la justice et qui seraient en train de se réorganiser avec l’intention de poursuivre des attaques contre le Rwanda.
« Les Rwandais devraient s’attendre à être attaqués, notamment par ceux qu’ils ont chassés du pays, à cause de tout le mal causé par leurs dirigeants », a ajouté le diplomate burundais.
Réagissant sur X, Olivier Nduhungirehe a estimé que ces déclarations méritaient la plus grande attention, d’autant plus qu’elles émanent d’un haut diplomate censé respecter les règles et usages diplomatiques.
« Qu’un ambassadeur burundais accrédité au Royaume de Belgique se permette, malgré l’éthique diplomatique dont il est bien conscient, de faire impunément une telle déclaration incendiaire contre un État voisin, promettant de soutenir une attaque des génocidaires des FDLR contre le Rwanda, cela devrait interroger », a écrit le ministre.
Les accusations impliquant des responsables burundais dans des projets visant le Rwanda ne sont pas nouvelles. En janvier 2024, le président burundais Évariste Ndayishimiye avait déclaré à Kinshasa « que la lutte devait continuer jusqu’à ce que le peuple rwandais commence à faire pression sur ses dirigeants ».
Ces propos ont immédiatement été interprétés par Kigali comme un appel direct à l’insurrection.
