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La BNR relève son taux directeur à 8,25 % face à la flambée de l’inflation
La décision a été rendue publique ce jeudi par la gouverneure de la BNR, Soraya Hakuziyaremye, à l’issue d’une conférence de presse du Comité de politique monétaire (MPC) et du Comité de stabilité financière tenue à Kigali.
Selon le communiqué publié après la réunion du MPC du 20 mai 2026, ce resserrement monétaire vise à ramener progressivement l’inflation vers l’objectif de moyen terme fixé à 5 %, tout en limitant les tensions sur les prix dans l’ensemble de l’économie.
En relevant son taux directeur à 8,25 %, la BNR augmente le coût du crédit dans le secteur bancaire. Cette décision entraîne une hausse du coût des emprunts à court terme pour les banques commerciales, qui devraient à leur tour répercuter cette augmentation sur les prêts accordés aux entreprises et aux ménages.
Les crédits aux particuliers et aux sociétés risquent ainsi de devenir plus coûteux, ce qui devrait ralentir la consommation et les investissements privés. La banque centrale espère ainsi modérer la demande intérieure, permettre aux chaînes d’approvisionnement de mieux s’ajuster et contribuer au retour de l’inflation vers la cible de 5 %.
Le Comité de politique monétaire a en outre souligné une nette accélération de l’inflation ces derniers mois.
L’inflation globale a atteint 9,1 % au premier trimestre 2026, contre 7,4 % au quatrième trimestre 2025. Cette hausse s’explique notamment par l’augmentation des prix de l’énergie, des produits alimentaires frais ainsi que de l’inflation sous-jacente.
La situation s’est encore aggravée en avril 2026, lorsque le taux d’inflation a bondi à 13 %, contre 9,2 % en mars, dépassant largement la fourchette cible de 2 % à 8 % fixée par la banque centrale.
La flambée des prix de l’énergie a particulièrement pesé sur l’économie, tandis que les coûts de l’alimentation, du logement, de l’hôtellerie et de la restauration ont également fortement augmenté.
Face à cette évolution, la BNR a revu à la hausse ses prévisions d’inflation pour 2026. La banque centrale table désormais sur une inflation moyenne de 13,9 % cette année, contre une estimation précédente de 9,4 % publiée en février.
« Le MPC a décidé d’augmenter le taux directeur à 8,25 %. Le comité estime que ce niveau est approprié pour ramener progressivement l’inflation vers l’objectif de 5 % à moyen terme », a déclaré Mme Hakuziyaremye devant la presse.
La banque centrale explique cette révision par plusieurs facteurs internes et externes, notamment la hausse des prix mondiaux de l’énergie liée aux tensions géopolitiques au Moyen-Orient, ainsi que l’augmentation des coûts de transport provoquée par les perturbations des chaînes d’approvisionnement internationales.
Malgré ces tensions, l’inflation devrait ralentir pour atteindre environ 7,4 % en 2027 grâce à une politique monétaire plus restrictive, à l’amélioration de la production agricole et à d’autres mesures de stabilisation.
En dépit des pressions inflationnistes, l’économie rwandaise continue d’afficher des performances solides.
Le produit intérieur brut (PIB) réel a progressé de 9,4 % en 2025. L’activité économique a également poursuivi sa croissance au début de l’année 2026, avec une hausse de 16,5 % de l’Indice composite des activités économiques (CIEA) au premier trimestre.
Le commerce extérieur a lui aussi enregistré une forte progression, les exportations de marchandises ayant augmenté de 63,2 % en glissement annuel au premier trimestre 2026, soutenues par la hausse des volumes et des prix des exportations de café et de minerais.
Les exportations non traditionnelles ont, elles aussi, progressé de 64,8 %, notamment grâce à l’huile de cuisson transformée et à la farine de blé.
Le MPC a également noté une amélioration de la transmission de la politique monétaire, le taux interbancaire ayant atteint 7,13 %, se rapprochant davantage du taux directeur après les précédentes mesures de resserrement monétaire.
Toutefois, les taux de dépôt ont diminué à 9,15 %, tandis que les taux de prêt ont légèrement reculé à 15,67 %, en raison notamment des changements dans la structure des dépôts et des conditions de financement des entreprises.
La Banque nationale du Rwanda affirme que cette hausse du taux directeur reflète sa volonté de préserver la stabilité des prix, de protéger le pouvoir d’achat des ménages et de maintenir la stabilité macroéconomique du pays.
Elle a enfin indiqué que le Comité de politique monétaire continuerait de suivre de près l’évolution de la situation économique nationale et internationale face aux risques persistants de hausse de l’inflation.

